May we all die twice.

Avis sur Peaky Blinders

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Après trois premiers épisodes qui donnent tout de suite le ton, je m’étais fais une réflexion : vais-je tomber sur un mauvais épisode ? Arrivé au début de la saison deux, cette réflexion s’est transformée en un petit jeu : vais-je trouver une seule scène banale, ou dont la mise en scène est douteuse, ou avec un acteur pas dans son assiette, une seule scène assez inintéressante pour me laisser tenter par mon téléphone ? Je vous invite à la chercher, cette scène banale, parce que je ne l’ai honnêtement pas trouvée, d’où cette note d’ailleurs.

Il faut le dire, c’est désormais devenu un gage de qualité : les séries british au format court mais brutalement efficace foisonnent et font parler d’elles. Sherlock, Utopia, Black Mirror, ou même Misfits.

Peaky Blinders c’est le mélange totalement improbable entre Downton Abbey et Sons of Anarchy. L’univers et l’esthétique rappellent même un certain Gangs of New-York. C’est la lutte incessante d’un homme pour faire passer sa petite entreprise prospère mais pas très réglo dans la légalité, en se frayant un chemin parmi les gangs raciaux innombrables. C’est une lutte des classes mais aussi une lutte du plus fort, où les alliances se font et se défont plus vite que dans un chapitre de Game of Thrones. Cet homme qui part à la conquête d’un territoire toujours plus grand c’est Tommy Shelby, alias Cillian Murphy, qu’on a vu, excusez du peu, dans 28 jours plus tard, les 3 Batman de Nolan, ou Inception. Il a pour l’occasion complètement retravailler son accent, si spécifique à la ville.

Le décor ? Une ville de Birmingham qui retrouve ses héros après une première guerre mondiale qui aura changé tous ses survivants. Période historique si excitante, dont Downton et Boardwalk Empire s’étaient déjà abondamment abreuvé, avec ce monde à conquérir et qui s’accélère. La réalisation est resplendissante, graineuse, souvent caractérisée par la fumée, le brouillard, la poussière dans cette ville de Birmingham qu’on appelle aussi, ça ne s’invente pas, Brum.

C’est intelligent, rythmé, plein d’esprit, osé, bourré de testostérone, absolument grandiose. C’est esthétiquement violent et violemment esthétique.

Je te demande donc une chose à toi qui est arrivé jusqu’ici : Trouve-moi cette scène banale qui remettrait en cause l’attribution d’une note maximale. Allez vas-y. Tu te retrouveras très vite, comme moi, à vite finir les deux saisons et à continuer ce petit jeu dans une saison trois déjà annoncée.

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