Au nom du Père, du Fils... et du Simple d'Esprit

Avis sur Preacher

Avatar Théo-C
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Peut-être la nouvelle petite pépite d'AMC... Il est trop tôt encore pour le dire.
En tout cas, c'est un vrai délire cette série !

Adaptée de comics (que je ne connais point), "Preacher" met en scène Jesse Custer, un révérend dans un petit bled du Texas. Mais cet homme d'église n'a rien d'un Saint... Cigarette, picole, tempérament violent... Personne n'arrive à trouver la foi à travers cette âme sombre.
Un beau jour pourtant, Jesse va recevoir un signe du ciel et là, tout va changer !

"Preacher" assume totalement son côté déjanté de part sa narration fantastique. Mais ce qui est intéressant, c'est que les personnages ne sont pas directement impliqués dans cet univers hors norme, contrairement au spectateur. Une situation bien drôle, il faut l'avouer.

A titre d'exemple, Jesse héberge très rapidement un vieux vampire ayant pris l'apparence d'un junkie pété au crack. Ce dernier se présente directement à Jesse comme vampire, mais le révérend ne l'écoute pas. Et le récit joue de ce quiproquo permanent de manière assez subtile.

Si l'on regarde la série d'une manière plus pragmatique, nous pouvons décrire "Preacher" comme un récit qui utilise le fantastique pour mieux tourner la religion en satire (un peu comme "True Blood" et sa tripotée de vampires en Louisiane). Un sujet jamais innocent quand on décide de dérouler l'action dans un état réputé très pratiquant.
Mais au final, cette série amuse par le décalage constant que le récit impose entre les faits et la réaction des personnages. Jesse décide un beau jour de servir Dieu jusqu'à la fin de ses jours mais continue à accepter le comportement extrême de criminels qui l'entourent. Cassidy est présenté dans l'épisode pilote comme un vampire redoutable mais devient très rapidement un bon pote buveur de bières. Tulip est une tueuse à gages sanguinaire mais qui répare la poterie cassée et qui fait les courses pour l'église. Sans parler des deux anges venus du ciel, afin d'accomplir leur mission armés de M16 et d'une tronçonneuse.

Tous ces partis pris fonctionnent et créent un univers singulier glorifié par quelques scènes dantesques. Ma préférée restant l'attaque d'un ange dans la chambre d'hôtel des deux autres missionnés, attaque qui tourne au carnage à répétition. Une séquence totalement barrée, grâce à une mise en scène maîtrisée.

Le casting est également présent pour assurer la cohérence du récit exposé.
Dominic Cooper trouve ici un rôle taillé sur mesure, dans le costume de ce révérend badass à souhait. Un parfait duo formé avec Ruth Negga, entre folie et séduction.
Jackie Earle Haley, toujours aussi barré, est impeccable dans le rôle du grand industriel possédé par son envie de conquête.
Enfin, on a trouvé un vrai vampire cool qu'on a envie d'avoir comme pote : Joe Gilgun est le personnage le plus attachant de la série.

Sans être parfait et n'échappant pas à quelques redondances d'épisode à épisode, "Preacher" reste néanmoins une série de qualité. Une première saison prometteuse et qui devrait annoncer un deuxième chapitre encore plus rocambolesque.

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