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Avis sur Profit

Avatar Boubakar
Critique publiée par le

Jim Profit est un jeune arriviste, travaillant pour Gracen & Gracen. Sa vie entière n'est que d'aller plus haut, à base de manipulations, traitrises, chantages, y compris sur les personnes de sa propre famille. Cet homme en apparence irréprochable en société cache un monstre...

Diffusée en 1996, Profit fait partie de ces séries trop en avance sur leur temps. Le personnage fait penser à la fois à Frank Underwood, de House of Cards, pour son côté manipulateur, et à Dexter pour le côté double qu'il a, et son côté très sombre lorsqu'il se retrouve seul. On l'imagine bien être fan du personnage de Patrick Bateman également.
Cette série est totalement méconnue en Amérique pour la bonne raison que seuls quatre épisodes (sur neuf) furent diffusés à la télévision avant que la Fox, outrée par le résultat anticonformiste, décide de tout annuler, et c'est en France qu'elle fut diffusée dans son intégralité, lui procurant de ce fait un statut culte jamais démenti.

Profit est incarné par Adrian Pasdar, que je ne connaissais pas, et il incarne à la perfection ce salaud et au fond un reste de l'Amérique des années 80, celle qui voulait réussir à tout prix. C'est un personnage bourré de zones d'ombres, qui vit nu dans son appartement et qui dort dans une pièce secrète dans un carton ! C'est expliqué dans la série, mais si horrible soit-il, le personnage a quelque chose de fascinant. Car il n'apparait pas fou, ni psychopathe, il fait ses coups en douce. Il mène de plus une relation avec sa mère (qui d'ailleurs a été renommée en belle-mère par la suite, les spectateurs ayant été choqués du côté incestueux), et va conduire son père à une destinée tragique.

Sur la forme, pour un public des années 2010, c'est surprenant de voir une image au format carré, des ordinateurs énormes qui ont des virus par des disquettes ou des brushings à tout va. D'ailleurs, la métaphore de l'ordinateur est souvent utilisée dans la série avec un personnage supprimé dans un univers virtuel une fois qu'on ne le verra plus, dans une représentation 3D de la société Gracen & Gracen.
D'ailleurs, on entend en permanence la voix off de Profit, et il s'adresse souvent d'un air complice au spectateur, comme pour pousser l'identification.
Dans les documentaires présents sur le coffret Dvd, les auteurs reviennent sur l'échec de la série (qui aurait eu parfaitement sa place à notre époque), voire une certaine amertume, même si la fin du dernier épisode peut être satisfaisante dans la conquête de pouvoir de Jim Profit. D'ailleurs, ils évoquent ce qu'aurait dû être la deuxième saison, et ça reste très frustrant.

Voilà un personnage ô combien fascinant, en avance sur son temps, mais qu'on reverra de manière fragmentée dans plusieurs séries. Mais ici, la qualité d'écriture est remarquable, laissant également le développement des autres personnages, notamment Jeffrey Sykes ou Rebecca Stokowski. Il en reste un grand gâchis, peut-être pas adapté à une télévision telle que la Fox...

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