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Rome par Enlak

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En 52 avant Jésus-Christ, César part en guerre contre les Gaulois. Au fil de ses victoires, il devient de plus en plus puissant, gagnant le soutien du peuple, la plèbe, et inquiète le Sénat, qui craint de perdre leurs privilèges. Le conflit entre César et le Sénat est inévitable.
Au milieu des guerres qui agitent Rome, au nom du pouvoir ou du bien de la République, toute une galerie de personnages sont pris dans la tourmente, emportés par leurs amours, leurs loyautés ou leurs ambitions. Forcés souvent de choisir un camp. Mêlant la petite histoire à la grande.

Entre autres, Lucius Vorenus et Titus Pullo, deux soldats qui pourtant n’avaient rien en commun : Vorenus respecte strictement l’honneur, l’autre est un soldat brutal. Pourtant au fil du temps et des épreuves subies ensemble, une amitié va naître malgré les différences. Les deux hommes vont également se montrer plus subtils qu’il n’y paraît : l’honneur de Vorenus peut le conduire à se montrer violent et oublier toute compassion envers sa famille, tandis que Titus peut se montrer capable d’affection. Outre son honneur, Vorenus va être écartelé entre sa loyauté envers ses supérieurs et sa famille, et ses principes.
Puis la famille Julii, menée par une femme ambitieuse et manipulatrice, qui n’hésite pas à manipuler ses propres enfants pour ses ambitions. Octave, plus politicien que soldat, peut s’avérer impitoyable. Et Octavie, jeune fille qui tente de trouver sa place entre les intérêts de sa famille et ses propres désirs.

Le pouvoir peut changer à tout instant. Une bataille ou une ruse suffisent pour retourner la situation à son désavantage. Il peut aussi s’avérer corrupteur, et ceux qui le recherchent doivent faire attention à ne pas se brûler.

Il y a une certaine fascination dans cette Rome antique. Avec des personnes qui prient au nom d’anciens dieux, Junon, Saturne ou Hadès, se référent aux augures. La violence y est courante, les mœurs nettement plus ouvertes sur la sexualité (il n’est absolument pas choquant de faire l’amour devant ses esclaves !). Pourtant chacun tente de tracer son chemin, de survivre en fonction de ses aspirations. Ils souffrent et se réjouissent, des sentiments que nous connaissons bien.
En plus, Rome subit certains problèmes qui sont d’actualités : manque de travail, insécurité, inégalités, manipulation de l’information, luttes entre les détenteurs du pouvoir, mépris des étrangers.

« Rome » est construit comme un grand film découpé en 22 épisodes. L’intrigue est savamment construite de sorte qu’il n’y ait aucun temps mort (surtout la saison 1). Plusieurs scènes dramatiquement intenses choquent ou émeuvent. Le revers, c’est qu’il y a plusieurs ellipses temporels de plusieurs mois voir années, et les personnages se comportent comme si peu de temps s’était écoulé, surtout qu’ils n’ont pas vieilli. Les voyages sur des centaines de kilomètre ont aussi tendance à se faire très rapidement.

Par ses détails recherchés sur l’époque, son histoire bien construite et sa réalisation soignée, « Rome » est donc une série très prenante et très intéressante.

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