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Un drama qui finit mieux qu’il n’a commencé mais qui sait se démarquer!

Avant-propos: ce drama est une fiction historique basée sur des éléments historiques réels. Pour faire la différence entre le vrai et le faux, je vous invite à lire cet article: https://dramagazineblog.wordpress.com/2017/06/02/peintures-autour-de-shin-saimdang/

Les relations entre les personnages sont très matures. Si vous cherchez un drama de romance à deux balles, passez votre chemin plutôt que de dénigrer le drama à tort. Tentons donc de lui rendre justice.


Des premiers épisodes très inégaux



J’avais tellement attendu ce drama que je n’ai su pendant un moment si j’avais placé la barre tellement haute qu’il ne pouvait l’atteindre ou si objectivement, il y avait un véritable problème concernant les premiers épisodes.

C’est pourtant une bonne première impression qu’on a lors des deux premiers épisodes: on entre directement dans le vif du sujet et dans l’action. J’ai pourtant tout de suite accroché au personnage de Seo Ji Yun: une femme forte, qui travaille beaucoup, qui vit une injustice avec son mari mais ceux-ci ne sont pas vraiment en symbiose. Cela change des dramas qui veulent absolument nous servir une vision romantique des couples épanouis.

Nous devons aussi faire face à ce qui semble être 3 intrigues parallèles: les problèmes professionnels du mari de Ji Yun + les problèmes tant professionnels de Ji Yun que personnels puisque les problèmes du premier ont un impact sur sa famille + l’intrigue du fameux « Destin de Saimdang » dans le passé.

Dès qu’on rentre dans les prémices du problème majeur de l’oeuvre historique de Gyeom, nous sommes vite aspirés par l’Histoire c’est-à-dire par le passé pour nous retrouver face à Saimdang. On y trouve alors une Saimdang adolescente qui est passionnée par l’Art et tout particulièrement par la peinture toutefois son jeune âge ne lui permet pas d’avoir la maturité nécessaire pour comprendre que les œuvres ont parfois un symbole et/ou un message caché. Par l’intermédiaire d’une première oeuvre écrite, nous pourrons découvrir le visage d’un Roi assez différent des Rois qu’on rencontre dans les dramas. Même si cette histoire vire au drame, on ne peut s’empêcher d’apprécier ce choix.

Et puis malheureusement on enchaîne ensuite parfois 4-5 épisodes sans retour dans le présent ce qui déséquilibre le rythme du drama et nous déstabilise. Le temps dans le passé semble beaucoup trop long même si on fait un bond de quelques années après l’adolescence pour retrouver une Saimdang entourée de ses enfants et d’un mari assez original dans son genre…

Les rares fois où nous revenons dans le présent il n’y a pas de grosses avancées ou révélations. Cela devient difficile d’avancer dans le drama et il faut s’accrocher pour voir la suite. Est-ce que la persévérance sera payante ? On se sent frustrés à ce stade du drama alors que le scénario a tant de potentiel, que les acteurs sont bons et les personnages intéressants.


Et la lumière fut…



Vers le 11-13ème épisode environ jusqu’à la fin de la série, le drama montre enfin tout son potentiel et toutes les intrigues évoluent. Le rythme est bien moins décousu, tout devient enfin très fluide !

Les allers-retours entre le Présent et le Passé sont plus équilibrés ce qui permet d’augmenter la tension dans les deux « dimensions » et ce qui permet à Ji Yun d’accélérer les recherches puisque la Saimdang du passé va lui filer quelques « intuitions » hehe.

Le drama devient vraiment passionnant et on dévore les épisodes de cette grande deuxième partie. Si la première partie du drama avait été du niveau de cette deuxième, cela aurait été un grand drama sur l’Art et les amours adultes.


Du côté du passé



La distance entre les personnages principaux diminuent. Bien que cette distance soit justifiée par un drame marquant lorsqu’ils étaient adolescents et justifiée par la pudeur de leurs sentiments respectifs alors que Saimdang est mariée, cela finissait par devenir problématique pour que nos héros se réunissent au moins autour de quelques affaires.

On y retrouve alors dans cette partie, toute la poésie qu’on recherchait dans ce type de dramas: la peinture, la beauté des paysages peints, la beauté de la danse avec le personnage de Whieumdang Choi.

J’ai adoré l’évolution de l’intrigue historique et les retournements de situation. Comme je le disais, au début les longueurs nous démoralisaient et surtout les « méchants » de l’histoire ne nous apportaient aucune surprise. Et puis finalement, on découvre des personnages tout en nuance:


  • Whieumdang Choi (Oh Yoon Ah): cette dame au passé difficile finira par vous surprendre plus d’une fois. Son histoire familiale est très émouvante et sa relation avec Saimdang est ambiguë. Si elle s’est associée avec le diable au péril de sa dignité de femme, elle garde toujours les pieds sur Terre et est une femme intelligente. Elle saura donc aussi faire les bons choix pour protéger ceux qu’elle aime et peut-être pour retrouver sa dignité… Je ne peux malheureusement pas en dire plus mais j’ai tout particulièrement adoré ce personnage. Il est peut-être moins caricatural que celui de Saimdang qui dégage parfois un côté « Mère Teresa » ! Je ne dirai pas de mot sur son mari dans l’histoire car cela n’apporterait pas trop d’intérêt et puis… vous allez le découvrir dès l’adolescence de Saimdang donc je ne peux pas trop en dire !


  • Lee Gyeom (Song Seung-Heon) est quant à lui à la fois dans la douceur, la gentillesse, tantôt l’amoureux haineux, incompris, le « serviteur » rebelle du Roi avec la fonction que je vous laisserai découvrir. Il n’est jamais tout blanc ou tout noir. Nous le découvrons à l’âge adulte comme un être torturé et alcoolique. Autant dire que notre beau Seung Heon a une sacrée gueule ! Cela le rend coléreux de retrouver Saimdang et c’est pourtant elle qui manquait à son âme ces dernières années. Lee Gyeom sera surtout son protecteur mais à trop vouloir raviver la flamme, il finira par s’y brûler…



Ce qu’on apprécie avec ce personnage, c’est qu’il n’est pas un héros – chevalier blanc. Il arrive qu’on ait envie de lui dire de ne pas intervenir dans la vie de Saimdang car la protéger ne fait qu’amener plus de regard sur la vie de celle-ci. Et la seconde suivante, notre coeur se déchire quand le sien est tourmenté. Son amour pour Saimdang est tellement puissant qu’il fait partie des romances dramatiques qu’on aurait envie de vivre quand bien même on en souffrirait. Bon évidemment il faut y mettre le même niveau d’aventures, de poésie etc !


  • Le Roi Jungjong


(Choi Jong-Hwan). Un Roi très très intéressant ! C’est la première fois dans un drama que je vois un Roi agir comme il le fait au début du drama – avec un poème- . Au final du temps, on finit par découvrir un personnage paranoïaque qui a tout le temps peur qu’on le tue, qu’on le piège, qu’on lui vole son trône. Lee Gyeom lui sera d’une grande aide mais comme vous le savez, il ne faut jamais que votre aura brille plus loin que celle d’un Roi !

Si Saimdang et Lee Gyeong apportent la touche de poésie au drama, le personnage du Roi JungJong est très philosophique. Son échange avec Saimdang vers la fin du drama est vraiment très stimulant intellectuellement et très subtile. J’aime lorsqu’on amène les questions politiques et sociales dans les séries autrement que par des guerres et des conflits entre classes. Cet échange tourne autour de la question de la place de la Femme dans le milieu de la Peinture, du Palais et de la société -puisqu’elle jouera un grand rôle avec les immigrés, et donnera l’impression au Roi qu’elle veut être « calife à la place du calife! »

Ce roi a un fils qui valorisera l’aide apportée par Lee Gyeom au Palais. Joué par No Young-Hak, les fans de gentils princes l’adoreront.


  • Et enfin la grande, l’unique, la belle et dramatique Saimdang ! Elle a été si bien interprétée par Lee Young-Ae ! On voit vraiment la différence entre son jeu passé/présent. Elle joue Saimdang avec beaucoup de finesse, d’élégance, de pudeur. On ne la voit quasiment jamais s’énerver, craquer même si elle a du caractère et qu’elle sait rester forte. Son côté Mère Teresa est rarement agaçant car elle ne fait pas tout par bonté mais elle cherche à être juste même si elle fait X ou Y chose pour tenter de s’en sortir. Son personnage va vraiment évoluer. De l’adolescente inconsciente à la mère responsable et très voire trop prudente, Saimdang est comme un être qui s’interdit de vivre depuis ce fameux drame.


Ce sont ses enfants et Lee Gyeom qui l’aideront à retrouver le goût de la vie, de la peinture et l’envie de se battre pour certaines causes même si cela la met en danger. Elle devient donc plus fougueuse avec le temps et le seul moment où on la voit vraiment craquer c’est à la fin du drama lorsqu’elle n’arrive plus à se mentir et à retenir son amour.

Sa relation avec son mari fainéant est assez moderne. On nous y montre l’interdiction de relation extra conjugale pour les femmes alors que l’homme, lui, peut… On voit surtout une relation affectueuse, très touchante entre les deux tout le long du drama toutefois Saimdang sait reconnaître que son amour de jeunesse ravivé et le drame qu’elle a gardé pour elle toutes ces années ont rendu malheureux son mari. Elle se sent donc responsable de la situation de couple que vous découvrirez. J’ai vraiment apprécié cela !

Ses enfants dans le passé sont vraiment extraordinaires et très attachants. Il est rare qu’on mêle autant les enfants dans les intrigues adultes et surtout historiques !


Du côté du Présent…



Il faut comprendre que dans le présent, nous retrouvons parfois les mêmes acteurs que dans le passé et que seuls certains personnages s’apparentent à des « réincarnations ». On ne peut s’empêcher de remarquer que ces personnages présentent certaines similitudes soit de caractère soit des similitudes dans leur « destin » lié à celui de Ji Yun (qui a elle-même une connexion avec Saimdang). En effet, Ji Yun ressemble énormément à Saimdang, ses amis et ses ennemis se ressembleront aussi. J’insiste toutefois sur le fait que Ji Yun n’est pas une Saimdang de l’ère moderne et intégrer ceci sera important pour comprendre la fin du drama.

Malgré ces similitudes, le scénariste nous épargne la répétition du schéma du passé c’est-à-dire le schéma des relations entre personnages.

On retrouve avec plaisir notre geek de Healer alias Kim Mi-Kyung dans le rôle d’une redoutable directrice de galerie d’art. Son personnage dans le présent, vous fera beaucoup penser à de Whieumdang Choi dans le passé.

Dans le présent aussi la fluidité générale s’accompagne par un renforcement des relations entre certains personnages clefs. Notre douce Ji Yun va s’endurcir, devenir plus rebelle, se lâcher et va affronter le machiavélique Min Jung-Hak (Choi Jong-Hwan) qui l’a humilié et qui a ruiné sa carrière.

Ce qu’on apprécie dans ce drama, c’est que l’Art reste toujours central et les « méchants » ne le perdront pas de vue même s’ils cherchent à tout pris la renommée et l’argent ! Cela apporte plus de crédibilité à l’histoire et montre que malgré nos ambitions personnelles l’Histoire laisse une empreinte aussi dans nos vies personnelles, dans nos esprits.

J’ai étrangement trouvé le personnage de Han Sang-Hyun (Yang Se-Jong) assez superflu. Il est la dose de jeune testostérone dans le présent. Il aidera Ji Yun dans sa recherche de la vérité concernant les peintures de Gyeom et le journal de Saimdang. J’aurais préféré qu’on se passe de ce personnage mis ici que par habitude du duo femme/homme VS le monde des méchants. Il était tout à fait plausible d’attribuer à Ji Yun les compétences linguistiques de Han Sang-Hyun afin de traduire et comprendre ce journal. Cela aurait permis de centrer l’histoire du Présent sur le personnage de Ji Yun et apporter plus de force au lien entre elle et Saimdang tout en allant plus à l’essentiel.


Un mot sur la fin



La fin a été très critiquée à tort et surtout très incomprise. Sans vouloir être méchante, dès qu’une fin n’est pas « ils se marièrent et vécurent heureux en ayant plein de mini héros », certains crient, pleurent, s’offusquent ou déconnectent directement leurs neurones. Cela suffit ! Passer en plus à côté d’une fin aussi touchante, émouvante et poétique, c’est du gâchis pour les concernés mais moi je l’ai savouré.

On peut dire que la fin de Saimdang, c’est une fin pour plusieurs finalités. Un peu le jeu des poupées russes: un point final dans le passé, un point final dans le présent et cela donne une jolie fin au drama en points de suspension tout en nous laissant comprendre l’essentiel. Si je parle de points de suspension, ce n’est pas car le drama n’est pas fini et encore moins bâclé mais tout simplement car le passé et le présent auront, à eux deux, trouvé une sorte d’équilibre.

En somme, rétablir la vérité dans le présent a permis aux personnages du passé d’être en paix et, en quelque sorte, en harmonie avec les personnages du présent qui présentaient une forme de réincarnation.

Sous spoilers, explication des incompréhensions que j’ai pu lire…

Tout d’abord, dans le passé, Saimdang a une sorte de pincement au coeur lorsque le peintre Lee Gyeom crie son malheur, son amour (Saimdang) qui lui manque, sa solitude etc. Mais on voit que sa santé se décline à partir de cet instant. Ensuite à la plage, lorsqu’elle est avec ses enfants et que son mari revient, elle a certains souvenirs et certains pensées dont celle de dire qu’en gros les enfants survivront bien à la mort de leur mère. Je ne me souviens plus les paroles exactes puisque cela date un peu maintenant mais c’était le message. Ainsi lorsque ses enfants se retournent et l’appellent, elle leur sourit puis fait quelques pas dans la direction opposée comme pour montrer qu’elle acceptait, désormais, son destin sans pour autant être vraiment triste et passive. Elle a aimé follement et a été aimée follement en retour. Elle a même été aimé par son mari sans que ce soit réciproque pour qu’au final cela tourne en affection mutuelle. Elle a eu de beaux et bons enfants doués. La fin est: « ma vie est accomplie et j’ai vécu de belles choses ».

En ce qui concerne la fin dans le présent lors des dernières minutes: les deux personnages comprennent qu’il y a un bout de Saimdang et de Lee Gyeom respectivement dans chacun d’eux. Le photographe et enquêteur de leur organisation des Anonymous version Art a veillé sur Ji Yun comme Gyeom avait veillé sur Saimdang. Au final, les deux marchent côte à côté dans l’allée de la villa en Italie, là où Saimdang et Gyeom n’ont pu être réunis dans le passé. C’est donc le présent et le passé qui se réunissent mais le but n’était pas de créer un nouveau couple qui n’avait pu se faire dans le passé. Au contraire, Ji Yun pourra retrouver son bonheur familial avec son mari.


C’est donc une fin juste, mature qui n’est pas triste puisqu’il fallait être sacrément bisounours et illogique pour le coup pour attendre de nouvelles relations dans le dernier épisode. Une belle fin qui n’a rien à envier à des dramas historiques tant appréciés tels que Scarlet Heart Ryeo...


En bref



J’ai moi-même été déçue du début attendant toute autre chose et il ne s’agissait pas ici de me faire l’avocate du diable mais comme pour tout drama de montrer le bon et le moins bon, de lui rendre justice.


  • un drama poétique et TRES mature dans les relations

  • Il faut faire abstraction des 10-11 premiers épisodes qui se laissent regarder surtout pour les 3-5 premiers.

  • De l’Art – peinture, fabrique du papier-, des poèmes, de la poésie
    avec une mise en valeur du Confucianisme, de la philosophie politique
    avec les échanges entre le Roi et Saimdang et Gyeom, la cause
    Féminine défendue déjà.

  • De belles musiques, tout particulièrement: celle-ci et celle-ci.

  • Des relations familiales extraordinaires, des relations complexes,
    matures et dramatiques comme on les aime (enfin pour le public plus
    adulte).

  • De très bons acteurs (beaucoup de têtes connues sans pour autant
    avoir un casting de minets). Une fin très agréable ni bisounours ni
    triste.

  • On voyage un peu en Italie !

  • Un meilleur plongeon dans l’Histoire que pas mal de dramas
    historiques !

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