Gimme a beat!

Avis sur Samurai Champloo

Avatar Mouss_Otakool
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Se servir du manche de son katana comme d’un micro à beat box, ou se battre en duel en utilisant des figures de breakdance... Voilà qui n’est pas commun dans une histoire de samurai tout ce qu’il y a de plus traditionnel.

Mais voilà, Samurai Champloo n’est pas un anime de samurai traditionnel et se permet bien des libertés à tous les niveaux, pour le plus grand plaisir du spectateur. L’originalité et la véritable marque de fabrique tout au long des 26 épisodes qui composent la série, restent cet improbable grand écart entre les films de sabre et le hip-hop contemporain, entre le katana et le Ghetto Blaster.

Dès le premier épisode d’ailleurs le ton est donné avec une présentation progressive des personnages principaux mise en scène à la manière d’une mixtape hip-hop, scratches et retour en arrière à l’appui. Une mise en scène calibrée pour les amateurs de musique urbaine, et qui restera la marque de fabrique de l’anime, qui n’hésitera pas à "mixer" de temps en temps d’une scène à l’autre, pour bien rappeler au spectateur que ceci est bel et bien un manga hip-hop.

Qu’on le veuille ou non, qu’on apprécie le style ou pas, le studio ne laisse pas le choix : la bande originale, digne des meilleurs groupes de hip-hop underground crée un véritable décalage avec l’ambiance chambara propre à l’époque à laquelle se déroule cet anime survolté.
Et pourtant, l’univers de Samurai Champloo, bien qu’improbable, reste attachant, et chaque histoire et personnage trouve un écho contemporain. Entre yakuzas, trafic de drogue et blanchiment d’argent, on pourrait tout simplement transposer les héros de Samurai Champloo à notre époque sans que le scénario des épisodes ne souffre d’une éventuelle modification.

Véritable road movie du film de genre, Samurai Champloo séduit par son anachronisme permanent, et l’on croisera sans problème au détour d’un épisode des charpentiers rappeurs, des bandes de taggeurs fashion, ou un serviteur pratiquant le beat box à la moindre occasion.
Mais cet anachronisme ne fait pas pour autant oublier la richesse de la culture japonaise de l’époque d’Edo, et Junichiro Watanabe (le réalisateur) n’hésitera pas à faire des petits décrochages du côté de l’ukiyo-e, ou de l’histoire politique du Japon, et même les aventures de nos héros seront souvent résumées en chanson, dont la manière de chanter aura été empruntée à la chanson traditionnelle japonaise.

Au fur et à mesure des épisodes on comprendra d’ailleurs pourquoi le studio Manglobe aura choisi l’époque d’Edo, période de l’histoire japonaise connue comme celle de tous les excès, et où les mœurs et la mode n’avaient plus de limites. Berceau de la Street Culture, le Japon verrait ainsi son culte de la mode et de la culture de la rue venir de cette époque, selon les auteurs de Samurai Champloo. Cela reste encore à prouver, mais on veut bien les croire !

Prouesse artistique et technique

Outre son univers décalé et attrayant, on appréciera également Samurai Champloo pour son style graphique percutant là aussi, mélangeant allègrement les influences street et comics. Les personnages intervenant çà et là sont particulièrement travaillés et empruntent leur dégaine au plus fashion des fashions lovers de Tokyo. Piercings pour les uns, tatouages pour les autres, on trouve de tout dans Samurai Champloo.

Les personnages principaux ne sont pas en reste, et on aura du mal à choisir son préféré entre Mugen, l’ébouriffé à la nonchalance "bad boy", qui frappe avant de réfléchir, et Jin, ronin à la classe monumentale, dont le calme n’a d’égal que le tranchant de son katana. Sans oublier Fuu, et sa mignonne candeur, véritable ado avec ses crises de nerfs et sa volonté d’être femme avant l’âge.
Ce trio, que l’on pourrait croire mal assorti, se trouve finalement être un bon assemblage de personnages assez stupides pour pouvoir continuer à traîner ensemble, et assez attachant pour que l’on ait envie de suivre leurs aventures.

Malgré le manque de trame principale (la quête du "samurai qui sent le tournesol", ça reste un peu léger), les épisodes de Samurai Champloo se suivent sans se ressembler et font vivre à chaque fois des aventures improbables aux trois héros en suivant souvent le même schéma : les héros ont faim et veulent trouver de l’argent pour manger/ prendre un bain, ils trouvent une solution plus ou moins honorable, s’attirent des ennuis et arrivent à s’en tirer. On notera tout de même certaines histoires en deux épisodes qui ont le mérite de pousser la trame un peu plus en profondeur, dont certaines ont des ressorts dramatiques assez poignants.

Ce qui pourra sembler répétitif s’avérera finalement un excellent moyen de s’attacher à l’univers de Samurai Champloo qui, avouons-le, fait plus office de tour de force du studio Manglobe, qui veut montrer que hip-hop et samurais peuvent faire bon ménage, mais qui reste tout de même une véritable claque du point de vue technique.

Les animations sont de très bonnes factures, et les scènes d’action de chaque épisode sont à chaque fois réalisées avec classe, et on attend avec impatience le moment où Jin dégainera l’un de ses katanas, ou lorsque Mugen voudra mettre ses premiers coups de geta en pleine face de ses adversaires.

Des katanas, du hip-hop, de l’action et de l’humour… Autant d’ingrédients qui font de Samurai Champloo une série originale et incontournable pour qui aime la culture japonaise passée, présente… et future ?

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