Le huitième sens

Avis sur Sense8

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Berlin, Londres, Mumbai, Séoul, Nairobi, Mexico, Chicago, San Francisco. A chaque ville son héros ou son héroïne. Ces gens ont un point commun : il va leur arriver des emmerdes. Et ils vont réussir à les résoudre avec leur huitième sens, qui les relient les uns aux autres. Au fur et à mesure de l'histoire, ils vont parvenir à développer ce don de transmission de pensée, voire de transmission de facultés... L'union fait la force !

Les wachos et leur équipe (dont l'australien James McTeigue et l'allemand Tom Tykwer) nous proposent un patchwork de tranches de vies comme dans Babel. L'idée, qui avait si bien marché dans le film d'Inarritu, se transpose très bien au format feuilletonnesque. La mondialisation des intrigues parallèles, c'est sans doute l'avenir des séries qui en ont le budget.

On s'attache assez vite à ces personnages évoluant dans des milieux si différents. Là où Babel était un peu dans le larmoyant, Sense8 est plutôt dans l'action, et dans l'un comme dans l'autre, l'incarnation des personnages et leur identification à leur environnement est réussie. On a une vraie bonne sensation d'exotisme. Un exotisme dans l'espace mais aussi dans les cultures et les mœurs. De la hackeuse trans de Frisco à l'Indienne priant Ganesha en passant par le conducteur de bus kenyan fan de Jean-Claude Van Damme, tant de variétés ne peut que faire plaisir. On est souvent surpris de la plausibilité des situations.

Mais le feuilleton a de grosses faiblesses. En fait, ce sont les mêmes qu'on voit à des degrés divers dans toutes les productions des Wachowskis, de Matrix Reloaded à Cloud Atlas en passant par V pour vendetta : les Wachos ne se prennent pas pour de la merde. C'en est parfois pompeux jusqu'au nunuche. Les techniques pour dramatiser l'intrigue sont trop démonstratives. On passe trop de temps à s'attarder sur la confusion des personnages due à la prise de conscience de leur don naissant. C'est aussi trop clippé, on passe sans cesse d'un personnage à l'autre, d'une intrigue à l'autre, sans transition. En fait, on a sans cesse l'impression que les Wachos nous sous-estiment tout en voulant nous impressionner. Et puis la thématique du choix, présenté avec emphase comme élément fondamental de la vie humaine, est un peu court et trop superficiel, tout comme dans Matrix 2 & 3.

Donc, Sense8 se laisse regarder, mais il faut quand même prendre sur soi pour aller au bout. Les Wachos, décidément, ne changent pas.

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