The future is female

Avis sur She's Gotta Have It

Avatar Delphine Fray
Critique publiée par le

Bon, parlons peu mais parlons bien ! Cette critique sera entièrement partiale et parfaitement assumée. Cela va faire trois fois que je regarde ce petit bijou et je dois dire que je ne m'en lasse vraiment pas. Spike Lee nous remasterise son film sous un nouveau format plus long, plus contemporain. On ne peut pas nier qu'il réussit là où peu réussissent à parler, sans pathos, sans niaiserie des raisons pour lesquelles le féminisme est plus que jamais nécessaire.
Je suis "in awe" de l'atmosphère et du style qui transparaît dans chacune des scènes, du choix des couleurs et de la bande son qui est un pur délice. Je l'avoue Spike Lee me montre le New York que j'ai toujours rêvé de voir, le New York perdu dans le temps quelque part entre les années 1970 et aujourd'hui.

Et que dire de Nola Darling, pétillante, intelligente, talentueuse et sûre d'elle. Il est facile pour les femmes d'aujourd'hui de se reconnaître en elle. On a envie d'être Nola, Nola l'irrévérencieuse, Nola l'insoumise, Nola la charismatique. De Wanda Wise incarne à la perfection ce personnage, on pourrait commenter sans fin l'étendue de sa performance dans ce rôle car elle disparaît complètement, elle épouse entièrement cette nouvelle incarnation de Nola Darling. Et que dire de ces interlocuteurs masculins qui eux aussi sont haut en couleurs, chacun à leurs manières incarnent à la fois les parts complémentaires de l'homme idéal selon Nola, mais aussi des personnalités fortes qui peuvent représenter différentes versions de l'homme moderne. L'homme-enfant, celui qui vit encore chez sa mère, immature, insouciant et drôle dans la personne de Mars Blackmon ; le métrosexuel, narcissique, créatif et arrogant dans la personne de Greer Childs et enfin, l'homme "mature", l'ambitieux, protecteur et paternaliste Jamie Overstreet. Chacun d'eux admire et vénère d'une certaine manière Nola et d'un autre côté, ils ont peur de sa liberté, du fait qu'elle n'a pas besoin d'eux.

Cela touche d'autant plus un thème brûlant qu'on traite un sujet qui est ici à la transverse entre les droits de la femme, les droits civiques et le mouvement Black Lives Matter. On s'intéresse à la peur de la différence au sens large, à la volonté d'un côté de s'assumer et de l'autre l'appréhension du regard de l'autre. On pourrait croire que le propos se perd dans la volonté de tous les traités mais la réalité est qu'il y a un seul vrai message, et c'est celui de la tolérance et de la compréhension mutuelle.

Comme toujours lorsque je prends la peine d'écrire une critique et d'autant plus lorsqu'il s'agit d'une série "coup de coeur", j'incite vivement tous les indécis à jeter un coup d'oeil au Pilot, il y a peu de chances que vous soyez déçu.

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