Bullet in your head

Avis sur Show Me a Hero

Avatar Dmitri Fantski
Critique publiée par le

Show me a Hero nous relate l'histoire vraie de Nick Wasicsko qui brigue le poste de maire à Yonkers, dans l'État de New-York.
Voilà pour ce qui est de la baseline.

Dans le détail, on plonge dans dans le quotidien des habitants de Yonkers, des inégalités flagrantes qui existent, de la controverse provoquée par le projet de construction de logements sociaux, du racisme ordinaire qui existe, d'une ville coupée en deux : d'un côté les Noirs et les hispaniques, de l'autre les Blancs... Bref, à l'image de The Wire, David Simon a ce don de nous plonger dans une ville (pour mémoire, The Wire se déroulait à Baltimore, ici, on est à Yonkers) comme si on y était, et ce, avec tous les aléas, toutes les tensions (les regards insistants, les voisins qui ne disent pas bonjour, les voisins qui font faire les besoins des chiens sur la pelouse des Noirs...), mais aussi toutes les joies (quand, justement, cette vitre est brisée et qu'une confiance mutuelle s'installe).

C'est simple, on sent bien que David Simon tente de reproduire systématiquement le même procédé : nous faire une photographie telle quelle (non retouchée) d'une ville et de ses habitants. Et c'est particulièrement réussi.

Voilà pour ce qui est de "l'arrière-plan" (même s'il n'y a pas d'histoire principale sans arrière-plan). Donc, l'histoire principale tourne autour de Wasicsko qui est élu comme maire avec l'une de ses promesses lors de la campagne : que les logements sociaux n'allaient pas être construits. Une fois élu, évidemment, il ne respecte pas cette promesse, du moins, les juges fédéraux l'obligent à construire ces logements, faute de quoi, de lourdes amendes seront infligées. Autrement dit, Nick est obligé de se plier... ses électeurs se sentent donc trahis.
On suit ensuite sa campagne pour sa réélection... et on voit "sa chute" professionnelle. Or, c'est bien là son combat, l'œuvre de toute sa vie : c'est qu'on se rappelle de lui pour ce qu'il a fait, ce qu'il a bâti, bref, un peu mégalomane sur les bords, il veut marquer l'histoire et être vu comme un héros, justement.
Sauf que, comme le disait apparemment Kennedy "Montrez-moi un héros et je vous écrirai une tragédie"... et c'est bien là ce qui se passe avec Nick. Il touche le fond lorsqu'il est mêlé à une affaire de corruption.
Aussi, il décide de laisser une trace dans l'histoire mais d'une autre manière : il est retrouvé une balle dans le crâne, adossé à un arbre près de la tombe de son père...
La fin du dernier épisode est extrêmement émouvante, d'autant plus lorsqu'on sait qu'il s'agit-là d'une histoire vraie.

Les acteurs sont tous plus irréprochables les uns que les autres et leur ressemblance avec les personnes qu'ils interprètent est assez hallucinante.

La bande son, sans être folle, est parfaitement adaptée à la situation et c'est très plaisant.

Le format de cette série est assez particulier : il n'y a qu'une saison de 6 épisodes qui font chacun 50 minutes environ... C'est très bien vu car cela évite d'avoir des moments longs où il ne s'y passe pas grand-chose et puis, on arrive assez rapidement droit au but.
En revanche, le seul bémol est qu'on a parfois des sauts dans le temps assez conséquents et cela peut perturber la compréhension de l'histoire.

Pour conclure, David Simon démontre une nouvelle fois son génie pour nous pondre une série qui est proche de la perfection. Donc si vous souhaitez passer un très bon moment avec une série "expresse" (elle se regarder facilement durant un dimanche pluvieux), foncez !

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