Power girl ?

Avis sur Supergirl

Avatar Kelam
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Ecrire une critique pour Supergirl s'avèrera plus compliqué que je ne le pensais au moment où je visionnais le pilote. Il y a des tas de choses à dire, à analyser, et au moment où je note, il n'y a que 8 épisodes diffusés, dont la qualité est tellement variable qu'il faudrait attendre la fin de saison pour se faire un avis définitif.

Revenons à la base. 2015 est une année assez folle pour les productions à gros budget, qui commencent enfin à considérer qu'on peut avoir un bon personnage féminin, différent du cliché de la "Strong Independent Woman", mise en avant dans une production à gros budget. Furiosa dans Mad Max: Fury Road, Jessica Jones, et prochainement Wonder Woman, enfin, des héroïnes dignes de ce nom, loin du Supergirl de 1984 ou Barb Wire.

Là dessus, arrive une nouvelle idée de série basée sur un personnage DC comics, par le même producteur qui gère Arrow, The Flash et leur spin-off futur Legends of Tomorrow : Supergirl. Et autant dire que là, les sourcils se sont levés : on annonce Mellisa Benoist (Glee, urk) dans le rôle-titre, Chyler Leigh (Grey's Anatomy, au secours), Calista Flockhart (Ally McBeal !) et Mehcad Brooks (le copain de Tara dans True Blood... hein ?) à ses côtés, pour un ton résolument léger et girly. Mouais.

Arrive le pilote, et oh bon sang, le bordel qu'est ce pilote ! L'intrigue veut présenter tout, tout de suite, le ton, les personnages, les effets, mais l'écriture rushée et les dialogues navrants n'aident vraiment pas à s'investir. Je ne peux résolument pas blâmer ceux qui ont décroché aussi sec. Moi, je suis resté car j'ai repéré quelques trucs avec du potentiel : Melissa Benoist campe bien les deux rôles Kara Danvers/Supergirl, la scène de la conception du costume qui tourne en dérision les versions bikiniesques des tenues de la Kryptonienne, la relation avec sa soeur adoptive Alex sonne juste, la relecture profonde de Jimmy Olsen est intéressante, et Cat Grant en Anna Wintour des médias est plutôt marrante.

Donc, Supergirl passe le 2e tour et a droit au visionnage des 4 épisodes avant que je renonce (The Last Man on Earth n'a pas dépasé ce cap). Et 4 est le chiffre juste, car ce n'est qu'à ce moment que les personnages arrêtent de parler CONSTAMMENT DE SUPERMAN ! Je veux bien que les personnages comparent la nouvelle venue à l'Homme d'acier, mais bon sang, sur trois épisodes, c'est lourd ! Et puis les méchants sont risibles : caricaturaux, habillés en cosplays fauchés... Sauf que le miracle pointe son nez dans l'épisode 4, où on s'intéresse enfin à l'image de Supergirl comme héroïne et non comme la version féminine de l'Homme d'acier.

Et donc, en persistant, on arrive enfin à des épisodes sympas, avec de vraies scènes fortes (si), bien interprétées (si), à quelques clins d'oeil à la pop culture et des extensions de l'univers DC. Après, on grattant un peu, on voit que tout est une transposition de Superman sur Supergirl : le Daily Planet devient Catco, Perry Lane devient Cat Grant, Lex Luthor devient Maxwell Lord, etc...

Si vous cherchez où est passé le budget effets spéciaux après avoir vu les tronches de Reactron et Red Tornado, il est dans la modélisation de J'onn J'onnz vue dans l'épisode 7 qui, il faut l'admettre, a vraiment de la gueule.

Supergirl est donc une série où on sent l'envie de bien faire, de rendre justice à une super-héroïne de comics, mais le manque de moyens et d'une certaine ambition empiète sur les idées. On adhérera au ton léger et lumineux ou pas, mais indéniablement, il y a un côté rafraichissant dans tout ce marasme d'adaptations DC qui se prennent trop au sérieux. Après, si vous tenez à un univers sombre, matez Jessica Jones et arrêtez de râler. Souvenez-vous juste que l'un n'empêche pas l'autre.

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