De ce noir candide ne peut résulter qu'un fou déséquilibré

Avis sur Taboo

Avatar JéJé fait son Bagou
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Un costume munis d'un chapeau sur mesure.

Crée par Steven Knight à qui l'on doit déjà l'excellent production Peaky Blinders, celui-ci revient avec une nouvelle série qui signe à nouveau la collaboration entre le cinéaste et le comédien Tom Hardy après le fatal Locke les voici tout deux lancés dans une mini production bien sombre et produite par Ridley Scott. Taboo se traduit comme un roman noir historique et cependant très mystique. La série priorise avant tout sa surprenante atmosphère visuelle à son scénario qui n'est certes pas sans reste et qui propose des composantes très intéressante mais qui se retrouve quelques fois vite essoufflé. Un choix artistique je pense assumé afin de permettre avant toute chose d'installer un véritable univers comme avec Peaky Blinders.

Les décors quand à eux sont époustouflant, on est littéralement plongé dans cette Londres froide, sale, vicieuse, ordurier, abject et bourbeux. Les environnements sont austère, on sent que sur le plan esthétique rien n'est laissé au hasard, chaque détail compte. Steven Knight fait un s'en faute avec sa mini reconstitution londonienne qui nous laisse un goût intimiste amer dans la bouche avec sa plastique gothique et ses nombreux plans soignés et réfléchi. Cela contribue certainement à mettre en place une ambiance complètement folle qui nous noies dans cette vision de noirceur rétrograde ou la moralité de la vie quotidienne frise l'obscurantisme, comme si seul le mal pouvait émaner des Londoniens. Ajouté à ce climat déjà si particulier un soupçon de spiritualité démoniaque vaudou et on se retrouve alors plongés dans une véritable stratosphère irrationnelle, nébuleuse et cabalistique ou le sourire et la sympathie n'est jamais permis.

Ces fameuses séquences mystiques de sorcelleries sont très malignes car elles laissent planer un doute entre une vision ou le fantastique avec ces pratique occulte et autre maléfice surnaturel avec un James Delaney possédé (Tom Hardy) ont leurs place; et une vision plus réel et hallucinatoire qui dépeint simplement le héros comme étant fou. Même si la folie semble avoir fais de lui sa chose depuis bien longtemps bien que derrière cette noirceur et se déséquilibrage se cache un calculateur et stratège hors pair. Le scénario quand à lui est au final plutôt simpliste dans son parcours, mais se révèle être un véritable tour de force trépidant dans ces péripétie qui ont tendance à nous prendre régulièrement à contre pied. Le perpétuel combat entre les Américains, la compagnie et la Royauté britannique pour un bout de terre atteint des sommets quand chacun d'eux se retrouve tout simplement sacralisé en pion dansant entre les mains de James Delaney.

Cependant une ombre vient assombrir tout ceci, le rythme, qui est clairement un problème dans certains épisodes, surtout dans les premiers. Une cadence inégale qui vient parfois à nous faire retomber les enjeux principaux car il faut quelques fois attendre un épisode entier pour retrouver l'axe principal. Sur une série de plus de 12 épisodes je peux comprendre qu'il faut meubler en s'éternisant sur d'autre point moins centraux mais sur un format de 8 épisodes je me dit que c'est problématique si on ne sais pas tenir les enjeux. Vient justement mon second problème qui étroitement lié au premier, les sous-intrigue! Les sous intrigue sont un vrai problème surtout celle avec la demi-sœur de Delaney "Zilpha" qui vienne plomber plus d'une fois l'ambiance , spécialement lorsque l'on s'aperçois (bien plus tard) que tout ça n'à servis strictement à rien. Je n'ai d'ailleurs pas du tout compris ce choix de la part du cinéaste.

Pourquoi passer autant de temps à nous présenter Zilpha et cette
histoire d'amour incestueuse entre les deux protagonistes et y mettre
autant de temps pour au final tout balayer comme sa d'un revers de la
main au moment ou justement enfin Zilpha et James viennent à se
retrouvés .

Je ne vois pas vraiment l'intérêt. Pour cette raison il m'est compliqué d’y voir une variation positive dans sa modélisation qui se veut minimaliste et finalement peu captivante avec ses sous-intrigues. C'est problématique car ça prend pas mal de place dans la série, c'est dommage surtout quand on voit l'intérêt de l'intrigue principale qui m'est un plan subtil de vengeance en avant au travers de multiple coup de maître digne d'un grand joueur d'échec dans un monde tout autant fascinant. A présent parlons du point le plus important qui nous as quasiment tous conduit à regarder cette série , son personnage principal James Delaney joué par le comédien Tom Hardy .

Soyons honnête dans Taboo 80 % de ce qui fais sa grande réussite vient justement de l'acteur principal qui est incroyable et porte littéralement la série sur ses épaules. Tout d'abord bravo au réalisateur Steven Knight qui a bien compris qu'avec un acteur comme Tom Hardy il faut s'en remettre beaucoup à lui, et pour se faire il faut un personnage à la hauteur du talent de ce dernier, et quoi de mieux qu'un James Delaney. L'écriture du scénario appuie fortement Delaney qui se retrouve conféré d'une sorte d'aura proche de la spiritualité qui lui confère une certaine fascination . Charismatique, viscéral au regard noir qui d'une simple vision vient à vous faire regretter votre venue au monde. Violent, barbare et difficilement sondable on arrive malgré tout à quelques fois percevoir le bien en lui. En permanence lutte avec les fantômes de son passé, on croirait voir en lui un mort vivant déambulant de son imposante stature dans les rues étroite de Londres. James Delaney est captivant non mieux que sa saisissant, fascinant, il est le fil conducteur auquel tout le monde aime à s'agripper avec une certaine inquiétude certes mais ils sont tous comme happés par son ambition et son esprit dévoreur et convoitant.

Avec tout ça on pourrais croire que Tom Hardy est émotionnellement platonique et s'en saveur mais il en est rien car derrière toute cette violence, ce sadisme de brutalité ce cache un personnage touchant qui porte un lourd fardeau. Un fardeau qui jusqu'au bout garde énormément de mystère pour mon plus grand plaisir. Avec un tel personnage principal dur dur de trouver des protagonistes secondaire capable de tenir un minimum la distance. Et pourtant même si ils sont tous un minimum développé on a droit à une ribambelle de candide bien atypique et insolite. Je pense en particulier au fameux chimiste que j'ai vraiment kiffer et qui vient un peu alléger certaine scène de part son esprit frivole et batifoleur. A retenir également le comédien Jonathan Price qui incarne ici l'antagoniste de l'histoire Sir Stuart Strange, je l'ai trouvé vraiment très bon. Le majordome est également assez touchant et viens apporter cette touche émotionnelle à James Delaney. Les prostitués sont également bien mise en place ainsi que la fameuse belle mère de James, j'aimerais bien avoir une belle mère comme elle. A mon avis son personnage aura une place très importante dans la saison 2. Je terminerais par la BO qui est sympathique mais un peu terne à mon goût, toutefois, le générique de début lui est vraiment bon et me fais pensé à celui de Vikings.

CONCLUSION :

Taboo est une très bonne série qui n'est certes pas dénué de défaut mais qui frappe fort pour une première saison. Signée Steven Knight et porté par un Tom Hardy fantastique qui envoûte de bout en bout. Si toutefois vous n'êtes pas du tout un fan de cet acteur alors il est clair que cette série n'est pas faites pour vous, dans le cas contraire je ne peux que vous la conseiller pour son univers noir et son personnage principal. J'espère que les problèmes de rythme seront arrangé dans la saison 2 que j'attend à présent avec grand intérêt .

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