Produit de contrefaçon

Avis sur The Big Bang Theory

Avatar Mike LeWatt
Critique publiée par le

C'est l'histoire d'un créateur de séries pourries qui après avoir eu son petit succès en visant le néo-beauf moderne avec l’insupportable anthologie de blagues de cul family-friendly Mon oncle charlie , décida en 2007 de réfléchir à une série qui pourrait cibler un autre type de public, qui représenterait une part de marché porteuse et à conquérir maintenant du même genre que le marché du néo-beauf post 2000 avait trouvé un programme à la mesure de sa bêtise.

Après un brainstorming de 8 minutes avec les pontes de la CBS consistant à cibler le public type de 2007, une idée illumina la boite crânienne pas marrante de Chuck Lorre.

"- Hey mais, c'est quoi cette catégorie dont on entend parler depuis le début de la décennie déjà... les loseurs des années 80 qui ont le vent en poupe depuis quelques temps?"
Ponte de la CBS : "-Les nerds?"
"Ouais ! Voilà! Les geeks... Je pense qu'on peut en faire un truc. Ça ressemble à quoi un geek?"
" Aux dernières nouvelles, si je m'en réfère à la saga Porky's, c'est une sorte de puceau bigleux à lunettes qui balance des références obscures à Star Trek quand il se fait pas victimiser et enfermer dans son casier de lycée"
" Et si on imaginait... Ces profils d'êtres puceaux mais 10 ans après le lycée, devenus des jeunes urbains confrontés à la bonnasse du lycée qu'ils n'avaient jamais pu avoir à l'époque et qui devient leur voisine. On pourrait imaginer une sorte de Friends pour puceaux. On prend le plus gros concept de sitcom des années 90 et on le mélange au profil ado des films des années 80 et ZBEM ! On tient le high concept des années 2000. On fout des références dans tous les sens à la culture de ces geeks et je te promets le carton des 10 années à venir. D'ailleurs, c'est quoi qui parle aux geeks?"
"Les mouchoirs Kleenex et Pornhub à mon avis..."
"LOLOILOOOOL ! T'es con, j'aime, ça fera une super vanne ça dans un épisode de Mon Oncle Charlie ! Non mais faut citer de la SF non, des trucs de physiciens et de chimistes, du Doctor Who, un peu de Star Trek / Star Wars et on tient notre public"
"Heeey mais ça demande pas trop d'effort pour un truc qui pourrait tenir des années ça, j'suis hypé. T'es un génie Chuck. Un nouveau carton à mettre à ton actif, je mise une couille que ça cartonnera"

10 ANS PLUS TARD

Oui, il faut reconnaître que The Big Bang Theory est un carton, qui a su trouver sa cible.

Et cette cible, c'est le pseudo geek autoproclamé du milieu des années 2000. Quand le mouvement geek devint populaire au début du siècle, un tas de suiveurs se sont mis à s'approprier cette culture et ce style parce que soudain, après des décennies de mépris, le Geek était devenu cool. Et quoi de plus simple que de porter un t-shirt référentiel et mater Star Wars pour se ranger tout seul comme un grand dans la case geek et se convaincre de l'être.

Grace à eux, la série perdure, s'est installée durablement dans le paysage télévisuel moderne et génère des spin off et ce, malgré la lourdeur, LA RINGARDISE ABSOLUE et la médiocrité de l'ensemble. Et très franchement, il n'y a qu'un public pas du tout geek pour valider une série à la vision aussi caricaturale et dépassée de la communauté geek.

Cette série pue le fake, le truc préfabriqué et sans âme aux personnages détestables car simplement réduits à des caricatures d'eux mêmes et prompts à balancer des références dans tous les coins pour masquer le fait que le show ne raconte rien de folichon. Avec fonction "rires enregistrés" pour faire croire que ce simulacre de comédie est drôle.

Le monde se divise en deux catégories : le fanboy autoproclamé geek qui adulera cette merde, et le geek, celui qui ne savait pas qu'il était geek avant que le terme explose à la fin des années 90, et découvre que son amour d'une certaine pop culture confidentielle était partagée et suivie partout dans le monde par un petit groupe nourri aux mêmes influences fondatrices.

Cette série est le François Fillon de la série geek : un produit dépassé qui essaie de séduire un public qu'il ne comprend pas en prétendant faire partie de la même culture juste parceque "t'as vu j'ai le dernier iPhone, j'suis au sommet de l'Everest de la technologie. Un vrai geek".

Aussi pathétique et peu à l'aise que ces politiques qui prennent le métro une fois par campagne électorale avec le visage qui feint difficilement le dégoût de l'endroit pour montrer qu'ils sont comme le bon peuple, aussi peu crédible que Macron qui passe une veste de sécurité d'ouvrier pour mieux se mélanger à la masse et prétendre que lui comme nous, ben c'est pareil, cette série peut se donner les airs qu'elle veut, les vrais savent que The Big Bang Theory pue le faux, la formule toute faite et usée jusqu'à la corde, avec un léger custom nerd pour se donner des genres qu'elle ne possède pas.

Le vrai geek se repassera pour la 15ème fois Spaced ou Freaks and geeks s'il veut une sitcom qui lui parle, faite par et pour des geeks.
Cette série a au moins cet avantage : si on vous dit lors d'une soirée "Hey quand même, ça tue TBBT, la référence aux daleks dans le dernier épisode LOLILOLILOOOL !!", vous saurez ce qu'il vous reste à faire...

Visez la jugulaire.

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