Fuck off.

Avis sur The End of the F***ing World

Avatar Guillaume L.
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Au milieu d’une offre de séries à ne plus savoir où donner de la tête, brille à mes yeux The end of the f***ing world, qui a le bon goût de ne pas tomber dans tous les travers des séries actuelles. Car oui, si maintenant les séries ont pour la plupart une jolie direction artistique et un budget qui rendent le tout très attrayant, elles se perdent dans du remplissage inutile avec un public totalement aliéné qui trouvera que c’est "trop bien car ça permet de faire du développement de personnages de qualité". Alors qu’en réalité, on leur sert des scènes inutiles tournées uniquement parce qu’elles évitent de gonfler le budget alloué principalement pour des plans et scènes bien précis et qui permettent d’allonger les épisodes. Pire que tout, le cliffhanger devient une norme pour chaque fin de saison, et on ne compte plus les séries annulées sans fin satisfaisante. En somme, plein de séries tentent de se faire passer pour Breaking bad mais de manière si artificielle que quand on apprend que la saison 3 est annulée, les auteurs n'ont plus que leurs yeux pour pleurer.

La série que j’aborde ici dans cet avis, ne tombe pas du tout dans ces travers. Avec un montage très dynamique (avec de simples flashbacks en coupe franche le temps d’un plan qui sont une astuce de réalisation efficace pour montrer le ressenti des personnages), des voix off tout sauf pénibles, une bande son impeccable, une image granuleuse et surtout des épisodes courts, la série aurait pu prendre fin à la saison 1 sans problème. Elle pourrait même sans aucun souci se terminer avec cette saison 2, car les intrigues amorcées sont à chaque fois conclues. On peut toujours étendre, la série ne fait pas de fin fermée, mais tout est quand même dit. La saison 1 pourrait presque être considérée comme une bande-annonce avec sa fin ouverte, mais elle raconte tout de même quelque chose, là où Umbrella academy par exemple se casse un peu les dents.

Les protagonistes sont délicieusement glauques et attachants à la fois. Complètement en marge de la société et sans aucun doute agaçants s’ils existaient réellement, ce sont eux que nous suivons et à qui nous arrivons à nous identifier sans problème tant leur sens de la répartie est un régal à voir et tant la gestuelle des acteurs est maîtrisée. Il faut aussi dire que Jessica Barden a une façon de parler tout à fait magique (je n’ai pas vu ce que donne la série en VF et ça ne me tente pas), rien que pour elle la série vaut le détour. Les personnages sont stoïques, mais le fait qu’ils ne bougent pas ne veulent pas dire qu’ils ne transmettent rien, ne ressentent rien ou ne vivent rien, bien au contraire. Ils sont mal dans leur peau, immobiles dans un monde où les gens bougent mais ne vivent pas vraiment, là où eux ont déjà presque tout perdu. Et là où introduire un nouveau protagoniste après une saison est parfois compliqué, le personnage de Bonnie introduit dans la saison 2 fonctionne très bien. Avec Bonnie, les auteurs ont évité d’en faire un James ou une Alyssa bis en lui attribuant une personnalité et surtout un développement qui colle bien à cet univers et à ces protagonistes.

Après, très honnêtement, si je suis complètement sous le charme de cette série, ce n’est pas non plus un chef-d’œuvre il faut bien l’avouer. Certains retournements de situation, sans être forcés, sont un peu gros et ça peut rebuter. Il n’y a rien non plus de très original dans la série, mais elle délivre très bien ce qu’elle propose.

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