Le Bon, la Brute et les Brutes

Avis sur The English Game

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Le football est un phénomène de société, les britanniques n'ont pas dérogé la règle initiale entre bières et thés.

Cette série réussit son entrée en matière sur les origines du jeu, alors que de plus en plus d'internautes évoquent agréablement le passé du fooball dans leurs posts. Je citerai en première ligne Didier Roustan et le youtubeur Wiloo. Mais là, c'est clairement un retour en arrière au XIXème siècle. Les ballons étaient plus lourds, les hors-jeu n'existaient pas et les croc en jambes permis. Les anglais ont d'ailleurs gardé ce côté box-to-box, un jeu de contact qui se rue à l'offensive. N'oublions pas que le premier système de jeu dans le football était un 1-2-7 : un seul défenseur devant le gardien, deux milieux et sept attaquants. Les dribbles avaient le dessus sur les passes, considérées comme un frein pour marquer. L'un des deux héros Fergus Suter (un bon Kevin Guthrie moustachu), était un précurseur du football moderne. il recommanda à son entraîneur de jouer en 2-3-5 et un style collectif. D'autres part, nos footballeurs amateurs se rapprocheront parfois du script par les tacles à mi-hauteur et causeries de comptoir.

Plus largement, j'ai jubilé devant l'apport de l'autre personnage principal Arthur Kinnaird incarné par un Edward Holcroft flegmatique aux touches d'émotions progressives. Un jeu d'acteur complet gâché par le réalisateur Jullian Fellowes, qui changera tout de même trop radicalement son évolution pour la lutte des classes sociales. Il y avait ce clivage intéressant porté par nos deux héros, avec le nord de l'Angleterrre pauvre et ouvrier opposé au sud du pays plus noble et dictant les règles du football. J'aime ce fait rocambolesque, montrant que le président de la Fédération Anglaise soit le gardien gentlement de l'équipe des Old Etonians de Londres. Les autres membres du bureau sont ses partenaires, comme si tout le PSG se tenait au chevet de la FFF ! La réalisation souligne aussi la souffrance des femmes délaissés par les footballeurs. Cependant, elle n'est pas toujours bien interprété ou se veut tire-larme en mettant en scène l'adoption d'enfant pour concerner l'agence féminine. Charlotte Hope pleure tout le temps, les épisodes centraux sont relativement mou et s'éloignent du sujet principal.

Attention à la saison 2 si postume. Elle ne devra pas s'apparenter à du Olive et Tom prévisible sur les trop peu de matchs. Une profondeur plus marquante des équipiers sur le rectangle vert serait envisageable, le football se joue à onze malgré des Love ou Marshall mis en avant. Les différents styles de joueurs rendrait l'intérêt plus grand, tel que la bonne série Sunderland 'Til I Die sortit récemment. Le cadre tissé reste assurément captivant, mélangeant le football primitif à l'économie locale de l'époque.

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