Tout en finesse.

Avis sur The Handmaid's Tale : La Servante écarlate

Avatar Bigleuse
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Petit bijou de cette année 2017, The Handmaid's Tale a su se distinguer dès la sortie des premières critiques dans le grand et compétitif bouhaha des sorties séries.

Loin de provoquer une vague d'idôlatrie ou une "hype" qui pourrait rebuter, c'est pour ses qualités esthétiques et, surtout, la finesse de son sujet que d'autres internautes avaient attiré mon attention dessus, avec une vraie admiration qui ne pouvait que piquer l’intérêt.

La clôture de cette première saison laisse le spectateur affamé et demandeur comme rarement une série y est parvenue ces dernières années. Peut être est-ce à cause de la narration en voix off, peut être simplement parce que le format à permis une adaptation prenante, mais on ressort de cette expérience avec la sensation flottante qui accompagne normalement la fin d'un très, très bon bouquin dont on a du mal à s'extraire.

The Handmaid's Tale est une dystopie très Orwellienne centrée autour de la notion de contrôle et de valeur du corps féminin, qui à su parer son sujet - critiques patriarcales et questionnements sur l'humanité, la religion, l'ordre établi - d'une esthétique parfaite et d'un rythme extrêmement maîtrisé.

Les informations sur l'intrigue et sur la situation géopolitique de ce microcosme sont dispensées avec parcimonie tout au long de la série, laissant le spectateur se questionner, spéculer, avide du moindre indice, ce qui rend les flashback aussi importants et intéressants que l'intrigue principale. Les deux se mêlent pour faire avancer de concert l'histoire d'Offred, l'héroïne interprétée tout en finesse par Elizabeth Moss

La finesse semble être d'ailleurs le maître-mot dans l'interprétations des personnages, qui, quelque soit leur position hiérarchique et sociale, ne tombent jamais dans le manichéisme et se parent de multiples facettes toujours complexes à déchiffrer, qu'on explore avec délice et horreur tout au long de la saison. Dans ce domaine, une mention spéciale est à réserver à Ann Dowd, juste écrasante en Aunt Lydia, figure presque maternelle pourtant glaciale.

Suivant un rythme hypnotique, on se laisse prendre entre horreur et espoir, on est assailli de doutes, on ne sait à quels personnages se fier, on est oppressé, soulagé, révolté... The Handmaid's Tale à parfaitement réussi son pari, et largement mérité son renouvellement pour une seconde saison.

Blessed be the fruit.

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