« Les hommes font les lois, les femmes font les mœurs » Charles Joseph de Ligne

Avis sur The Handmaid's Tale : La Servante écarlate

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Après ses nombreux prix remportés (Emmy Awards, Golden Globe de la meilleure série dramatique, (…)) et les nombreux articles qui lui sont consacrés, je ne pouvais ignorer cette série.
La série nous plonge dans un monde dystopique, où la stérilité (entre autres) est un fléau. Thème déjà abordé par le film Les fils de l’homme. Or, ici, des femmes demeurent fertiles et sont réduites à « leur fonction biologique ».
La série est à mon sens une réussite. Les étapes de la bataille menée par le couple Waterford pour imposer leur idéal sont assez brillantes. Créer la peur, le désordre et enfin ôter les droits aux femmes. On entre tout droit dans les démarches d’une stratégie de paranoïsation.
Le couple Waterford rappelle quelque peu Eva et Juan Péron. Décrits par Olivier Guez dans la Disparition de Josef Mengele, ce couple voulait émanciper leur pays et annonçait une « révolution esthétique et industrielle ». « Le justicialisme péroniste fera rentrer l’Argentine dans les livres d’histoire ». Or cette phrase est répétée de multiples fois par le Commandant Waterford dans la série.
Cette série est pour moi bien ficelée, elle rappelle que l’avancée pour les femmes est un point central dans un projet de démocratisation d’une société. La guerre menée, avec comme point d’ancrage la religion (Ils se nomment « Les fils de Jacob ») est toujours d’actualité. (Nb : Jacob est le père des 12 fondateurs des tribus d’Israël dans la Genèse).
Le bémol pour moi reste dans le nombre trop accru de scènes sexuelles. Je pense que la suggestion aurait pu avoir encore plus d’impact. La série étant déjà suffisamment violente pour marquer l’esprit de celui qui la regarde.
Qui plus est, le choix des couleurs est également très bon. Le symbolisme des couleurs est respecté :
Le bleu pour les épouses qui représente le froid, le divin (position sociétale), et l’union (cellule familiale)
Le rouge pour les servantes : le danger, l’interdiction et l’érotisme
Le gris pour les femmes de maison : la monotonie (de leurs tâches)
Le brun pour les tantes : la sécurité
De plus, les flashbacks de De Fred ramènent à la citation suivante « Les femmes qui ont de la mémoire sont perdues » de Bertrand Vac.
Je recommande cette série, qui rappelle qu’encore aujourd’hui la régression des droits des femmes perdure. Erdogan a dit plusieurs fois que « le rôle naturel des femmes est au foyer", que "la femme est avant tout une mère". À ce jour, en Pologne, pays dominé par un parti ultraconservateur, le droit des femmes est remis en question.
Que l’on aime ou pas cette série, on ne peut nier et ne pas féliciter le travail réfléchi de Bruce Miller.

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