Hollow - gramme

Avis sur The Hollow

Avatar Tom Mireur
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Cendrillon n’a jamais demandé à avoir un prince, elle voulait juste une jolie robe et une permission de sortie, Kiera Cass.

Dernier né des productions originales, The Hollow fait son entrée dans le catalogue Netflix, catégorie "teenage".

Le résumé est simple et classique : trois adolescents, Mira, Kaï et Adam, se réveillent dans un bunker et ont tout oubliés de ce qui les a amenés à cet endroit. Ils vont tenter de s'en échapper, s'en suivra bien entendu péripéties et rebondissements tout aussi rocambolesques les uns que les autres.

L'aspect technique est très convenable : l'animation est de très belle facture. Les contours noirs rappelant avec nostalgie l'âge d'or de Cartoon Network (Johnny Bravo, Le Laboratoire de Dexter, les Super Nanas). Le doublage et les musiques sont irréprochables. Les environnements sont variés ce qui permet un renouvellement visuel très agréable. De ce côté là, peu de chose à redire.

Là où le bât blesse c'est le moment où les trois jeunes gens découvrent qu'ils ont des super-pouvoirs. La petite équipe se composant de deux garçons et d'une fille, cette dernière héritera de capacités bien moins utiles que ses homologues masculins. Loin de la super force, de la pyrokinésie ou de la télékinésie, Mira hérite du pouvoir de parler aux animaux et de nager/respirer sous l'eau "comme une sirène". Elle endosse donc d'un rôle de support, peu utile dans les affrontements et qui la place souvent dans une position délicate où elle doit se faire secourir par ses amis.

Les mentalités évoluant, la figure de la "princesse Disney" candide, passive et tout de rose vêtue s'est estompée mais n'a pas disparue, elle a juste changé de forme. En découle un sexisme plus insidieux qui s'ancre sournoisement dans les consciences.
En effet, le cinéma est ainsi truffé de petits clichés qui échappent à notre attention : si une femme est du corps médical elle sera infirmière et pas médecin. S'il y a plusieurs combats, les femmes se battront entre elles "parce qu'on ne frappe pas les filles", ces petites choses fragiles, car si elles venaient à gagner l'affrontement, son opposant masculin serait couvert de honte en ayant perdu "contre une fille". Lorsqu'elle est invitée à une réception, généralement l'hôte lui fait livrer la robe qu'elle devra porter lors de cet évènement. En plus d'être incapable de décider comment se vêtir, elle doit être habillée de manière à lui plaire.
Les illustrations sont légion et seraient trop longues à lister ici. Le Test de Bechdel, bien que faillible, permet néanmoins de se rendre compte rapidement à l'aide de trois petites questions si une œuvre est sexiste ou non :

  • L’œuvre fait-elle intervenir deux femmes identifiables par un nom ?
  • Ces deux femmes discutent-elles ensemble ?
  • Parlent-elles d'autre chose que d'un personnage masculin ?

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, trop peu d'œuvres réussissent ce test.

En l'occurrence, The Hollow réussit le test mais échoue tout de même en n'octroyant aux deux seuls personnages féminins (contre quatre masculins) des "pouvoirs de filles". Pouvoirs qui symbolisent parfaitement les vestiges d'une vision archaïque des deux genres : la super force c'est pour les garçons et le pouvoir de guérison c'est pour les filles.

Tous ces défauts mis à part, il n'en demeure pas moins que ces 10 épisodes sont agréables à suivre, l'histoire bien que convenue se laisse découvrir. L'histoire se termine sur un cliffhanger un peu forcé qui déroute plus qu'il n'attise la curiosité du spectateur.

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