Oui oui oui oui.

Avis sur The Knick

Avatar Neena
Critique publiée par le (modifiée le )

J'aime le sang. J'aime les organes. J'aime le cynisme. J'aime les expérimentations. J'aime comprendre comment on est passé d'une chose à une autre.

Voilà pourquoi j'aime "The Knick". Je répète souvent "Un jour, j'aurais une femme chirurgienne" avec des étoiles tout partout dans la pupille, parce que j'aime la médecine. Enfin, je trouve fascinant de savoir qu'on peut nous ouvrir, là, comme ça, guérir la machine de chair et d'os qui nous compose. Et, "The Knick", c'est ça : des opérations chirurgicales brutes, des innovations, des recherches ... C'est une nouvelle compréhension du corps humain. C'est cet instant où on a compris qu'on pouvait aller plus loin, qu'on pouvait sauver une vie. Les débuts de la médecine, à mi-chemin entre l'avant, où l'on balbutie encore, et l'après, où tout semble possible.

Les corps, l'organique, c'est tellement passionnant.

J'applaudis particulièrement la bande-sonore de ce film : une musique électronique très sombre, qui s'accorde avec l'ambiance générale du film. On est dans un hôpital, on plonge les mains dans des corps béants, avec, en fond, ces sons particulièrement noirs et tentaculaires, qui se referment petit à petit autour de nos tympans. Ce faisant, même l'espoir est saturé de peur. "The Knick", je le répète, c'est ce moment où les médecins sont devenus chirurgiens, petit à petit, à tâtons, multipliant les expériences, forçant le passage au milieu des a priori et de ce que l'on croyait acquis.

Ah, putain, c'est tellement bon, quand une série est savoureuse sur tous les plans, et surtout quand une esthétique particulière se dégage d'elle, grâce à la musique, aux décors, aux acteurs.

Clive Owen est très crédible dans son rôle de médecin doué, renfermé, qui tourne à la cocaïne et qui a comme seule compagnie sa propre présence. J'aime cette tournure que prennent les séries, embauchant des acteurs sortis tout droit du monde joyeux du 7e art pour donner plus de corps à leurs épisodes, pour prendre un nouveau souffle (prenons Mads Mikkelsen et Hugh Dancy pour "Hannibal", Martin Freeman pour "Fargo" et j'en passe). Cet acteur a un charisme brutal, qui colle très bien à son personnage.

Et il y a cette contradiction - ah, moi, j'adore ça - qui entoure "The Knick" : le début d'une nouvelle ère, dans une ambiance qui est loin d'être d'un enthousiasme pimpant et un peu naïf, vous savez, celui qui nous fait pousser des ailes pour nous faire croire qu'on peut voler. Non, non, là, on nous montre une médecine sérieuse et appliquée. Y'a pas un médecin boiteux qui fait des blagues ou un autre qui se tape ses internes, hein. Ce sont des vies dévouées à d'autres, des médecins poussés aussi bien par la curiosité scientifique que par le besoin de sauver. J'veux dire ... C'est réel. On a la sensation qu'une caméra est entrée dans le passé, et a filmé ce qu'était la médecine à ses débuts. C'est très didactique, dans un sens.

Et, croyez-moi, ça fait du bien d'apprendre.

EDIT : J'en suis au 7e épisode, et je sacre cette série "meilleure série jamais visionnée à ce jour". Oui, j'en fais peut-être des tonnes, mais croyez-moi, des séries de cette qualité, on en voit très peu. Je viens d'y voir et ressentir des tensions sexuelles d'une force, et une rage d'une violence, oah. Oah. J'suis estomaquée, un peu bouleversée. Je crois que j'aime vraiment beaucoup "The Knick". Et je bénis celui qui me l'a fait découvrir. C'était dantesque. Tout, dans cette série, est brillant. Elle ne perd pas le rythme, elle fait naître des intrigues prenantes qui passionne toujours ... Oah.

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