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The Lost Room

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The Lost Room, diffusée pour la première fois sur Syfy en décembre 2006 (en septembre 2007 sur M6), raconte l'histoire de Joe Miller (Peter Krause, Nate Fisher dans Six Feet Under), un flic plus rusé qu'il n'en a l'air, père de famille divorcé qui lutte pour la garde de sa fille Anna (Elle Fanning, la soeur de Dakota). Au cours d'une affaire étrange impliquant des corps brûlés, comme électrocutés, il entre en possession d'une mystérieuse clé de motel, et découvre qu'en l'utilisant avec n'importe quelle porte, il peut atteindre une chambre de motel. De cette chambre, perdue dans l'espace et le temps, il peut ensuite franchir n'importe quelle porte dans le monde et se retrouver à sa guise à Acapulco ou à l'intérieur d'une banque.
Mais la clé n'est qu'un seul des nombreux Objets qui parsèment l'histoire, tous dotés de capacités étranges, incroyables (un oeil de verre qui guérit les chairs, un peigne qui arrête le temps) ou inutiles (une montre qui cuit exclusivement les oeufs...) ; tous, enfin, issus de cette mystérieuse chambre d'hôtel. Bien entendu, de nombreuses personnes sont à la recherche de ces objets, et Joe, forcément, va se retrouver empêtré dans une une histoire qui le dépasse, mais dont il va progressivement parvenir à saisir tous les tenants et les aboutissants. Car Joe est plus malin qu'il n'y paraît, et lorsque sa fille disparaît à l'intérieur de la chambre (qui "efface" tout ce qui, laissé à l'intérieur, n'est pas un Objet), alors il va mettre un grand coup de pied dans la fourmilière et secouer l'ordre établi pour retrouver Anna.
Et il y a du travail. En plus de présenter deux ordres ennemis (la Légion, qui cherche à rassembler les objets pour les détruire - ou du moins, à les cacher, et l'Ordre de la Réunification, persuadé que ces objets sont la manifestation de Dieu), The Lost Room présente une galerie de personnages secondaires intéressants (et souvent interprétés par de bons acteurs) : Martin Ruber, un collègue de Joe qui devient rapidement obsédé par les Objets, Jennifer Bloom (Julianna Margulies), membre de la Légion, Wally, le possesseur un peu dérangé du ticket de bus, ou encore Suzie Kang, businesswoman qui traque les objets et vends ses informations à prix d'or. Ainsi, alors même que Joe est déjà, en lui-même, un personnage attachant et éloigné du classique héros américain (mis à part son prénom très commun), des personnages attachants, antipathiques ou drôles évoluent autour de lui, chacun ayant son rôle à jouer, aucun n'étant là pour le show...
Ces six épisodes auraient pu servir de tremplin à la série, et son audience a été bonne. Pourtant Syfy n'a pas décidé de renouveler The Lost Room, laissant l'histoire comme elle était. L'aventure de Joe reçoit une conclusion, c'est l'essentiel. Les six épisodes sont comme l'arc d'une saison qui se clôturerait de manière naturelle et logique, plutôt que d'appeler expressément à une suite. L'univers proposé, pourtant, est si vaste qu'il est facile d'imaginer quels auraient pu être les ficelles d'hypothétiques futures saisons. Un peu comme dans Lost, une grosse part du mystère est laissée dans l'ombre, pour le bien du téléspectateur qui a déjà énormément à faire : chaque épisode contient son lot de nouvelles règles et découvertes en tous genres. Au final, énormément de choses sont suggérées, mais la série sait rester en surface et n'employer réellement que ce qui sert son intrigue. C'est ce qui en fait une oeuvre intéressante, originale, dotée par moment d'une mise en scène astucieuse. The Lost Room ne mérite pas le relatif anonymat dans lequel elle semble surnager quatre ans après sa diffusion, étant l'une des mini-séries surnaturelles les plus rafraîchissantes de ces dernières années.

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