Paternité atypique, Symbole mythique et Road trip galactique

Avis sur The Mandalorian

Avatar Lordlyonor
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D'un coté il y a Star Wars, bien plus qu'un symbole un univers, un pilier à lui seul de la culture contemporaine, la saga qui a elle seule permet d'imposer la toute puissance hollywoodienne dans le cinéma (ironique quand on sait à quel point Lucas déteste cet endroit). Star Wars c'est le symbole immortel, limite une religion, ce à quoi on pense quand on dit: "Petit lève la tête, regarde les étoiles et commence à rêver"
De l'autre il y a les western, genre cinématographique symbole du rêve américain utilisé jusqu'à l'overdose durant les années 50 et 60, mais qui perdra de sa superbe avec l'arrivée du nouvelle Hollywood dirigée par sa bande de barbue qui proposera des rêves plus grands, plus beaux, plus universels. Aujourd'hui sans être mort, il faut bien avouer que le genre peine à suivre la cadence (sauf quand on s'appelle Tarantino mais là n'est pas le propos), notamment car les nouveaux films se voient comparer aux légendes d’antan dont 2 petites trilogie d'un certain monsieur Leone.
Autant que je déteste le travail ce bon vieux Favreau, autant il faut reconnaître que le mélange de ces 2 symboles possèdent quelque chose de beaucoup plus profond qu'on pourrait l'imaginer, limite une relation œdipienne. Chose d'autant plus intéressante que c'est justement l'élément central de ce qu'est "The Mandalorian".

Intéressant également de noter cette époque choisie, mêlant les derniers souffles des icônes passé face à une nouvelle qui n'a pas encore réussi à s'imposer. C'est dans cette période trouble qu'on y fait la rencontre d'un Mandalorien, un de ces grands guerriers ancestraux chassés de leur planète pas l'Empire, aujourd'hui réduit à un état presque de légende. On ressent tout cela dès le début avec le surnom "Mando", montrant bien qu'il n'y a presque plus qu'un mandalorien.

Mando c'est le vrai Star Wars façon western: infiltration, tire et mode de combat, discussions tendues dans les "saloons". C'est une légende, un des plus grand tueur de la galaxie complètement indissociable de son armure, ce qui ne va pas sans rappeler un certain Dark Vador. Mais comme pour Vador, Mando très attaché aux codes du creedo, qu'on peut considérer à raison comme obsolète, va au contacte d'un enfant évoluer, tuer sa légende pour refaire surgir l'homme en quelque sorte.

Une mission à but lucrative et traditionnel (rendre le Beskar aux mandalorians) va prendre une tournure toute autre après la rencontre du fameux "Bébé Yoda", qui bien avant d'être un butin est un enfant sans père, et c'est pour ça que Mando se bat, pour les orphelins, plus que pour une simple alliance.
Alors oui, dans la première saison, on va passer beaucoup plus de temps à rappeler le mythe, qui est ce mandalorian et pourquoi c'est une légende. Il va d'ailleurs rencontrer dans ses premières épopées des personnages comme lui dans une transition entre les deux époques. Que ce soit les chasseurs anarchiques qui ont du mal avec la nouvelle république, la trooper repentie ou les impériaux qui ne sont plus que l'ombre d'eux mêmes. Même si certains critiquent cette narration très lente, limite onirique par moment, il faut bien reconnaitre que c'est celle-ci qui donne un charme si particulier à l'intrigue, surtout qu'ici tourner autour du pot n'aura jamais été aussi instructeur.

Comme dit précédemment, dans la première saison on va casser le mythe pour mieux le réaffirmer, à l'instar d'un vaisseau qu'on reconstruit petit à petit. Et au delà des rencontres c'est bien par les combats qu'on le voit, notamment grâce aux différents codes de réalisation et de scénario qu'on va emprunté au Western pour un rendu intense, rythmé et scotchant tant il est rare de revoir ses codes réinventés avec une telle finesse.

La saison 2 est tout de même beaucoup plus intéressante car elle met en place une vraie relation père-fils entre nos deux compères mais aussi car elle a la volonté de faire progresser le personnage de Mando qui n'a jusqu'alors que rétablie sa légende auprès du spectateur. Si on couple cela avec un meilleur budget on se retrouve avec cette deuxième partie de l'arc 1 supérieur en tout point à sa prédécesseure, et ça fait vraiment plaisir que Disney ne fait pas de sa plateforme qu'une archive de ses films (entendons nous bien sur le fait que son attitude économique vis à vis de l'industrie est écœurante et que je la dénonce mais qu'ici je parle bien de série et autre contenu original dédié à la plateforme). Ici chaque épisode, chaque rencontre est réellement une étape, chaque épopée va détruire les symboles d’an-temps, pour n'en laisser qu'un à la fin, Star Wars (meilleure fin d'un Star Wars depuis l'Empire Contre-Attaque? Y'a moyen)

The Mandalorian capte, chamboule l'univers mythique qu'est Star Wars, il requestionne sans cesse le temps et le monde au travers de combats légendaires. Mais surtout il se souvient; il se souvient que tant qu'il y aura des rêveurs pour lever la tête et regarder les étoiles, Star Wars sera à jamais immortel.

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