In a far, far away West

Avis sur The Mandalorian

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The Mandalorian s’inspire du western.

Non, The Mandalorian s’inspire des films de samouraïs, qui ont inspiré les westerns.

Non, Jon Favreau s’est inspiré de la première trilogie de Georges Lucas, qui s’est inspiré des films japonais, qui ont inspiré les westerns (je vous renvoie à l’excellente analyse de WeSTiiX).

Inspiration. Expiration.

Après un décevant épisode IX, The Mandalorian m’a donné un nouveau souffle pour aimer encore un peu Star wars. Car, à titre purement personnel, j’ai baigné petit dans les Star wars et les westerns (Et les péplums aussi, mais ce n’est pas la question ici). Et c’est clairement ce que nous offre la série de Jon Favreau.

L’amour de Favreau pour le western n’est pas un mystère. La Rivière rouge, d’Howard Hawks, est un de ses films favoris et il a réalisé Cowboys and Aliens, nom que j’ai failli mettre pour titre de cette critique. D’ailleurs, quand Ludwig Göransson parle de sa rencontre avec le réalisateur dans Fortune, il évoque la double référence : « Jon talk about his inspiration for the show, which was samurai movies, and Sergio Leone ».

Même si Favreau se nourrit des mêmes références que Lucas, j’estime que cette saison 1 penche plus pour le western que pour le film de samouraï. Je ne nie pas leur influence ni les nombreux clins d’œil, mais il manque au Mandalorian un élément majeur : le sabre laser. La série est bâtie sur les combats au pistolet et non au sabre, ce qui constitue une différence notable avec la première trilogie de Lucas.

Mais en quoi The Mandalorian est-il un western ?

Ses références, tout d’abord. Multiples. Je vous renvoie sur cet article très fouillé du Film school rejects.

Dès l’épisode 1, les références sont nombreuses et même évidentes. L’allure tout d’abord du Mandalorian, avec sa cape élimée, n’est pas sans rappeler le Man With No Name, interprété par Clint Eastwood dans la trilogie de Sergio Leone A Fistful of Dollars, For a Few Dollars More, et The Good, the Bad, and the Ugly (A lire sur le Hollywood reporter). A noter que le Mandalorian n’a pas de nom jusqu’au dernier épisode. Pedro Pascal a également affirmé s’être inspiré de l’interprétation de Clint Eastwood de ce personnage. A la fin de l’épisode, l’utilisation d’un canon laser n’est pas sans rappeler la bataille de Bloody Porch dans La horde sauvage de Sam Peckinpah. Mais je ne suis pas assez calé en western pour les avoir tous trouvés.

L’épisode 5, Mercenaire, évoque également Le Dernier des géants de Don Siegel, le dernier film de John Wayne. Or, pour l’anecdote, un petit-fils de John Wayne a été doublure cascade de Pedro Pascal dans certains épisodes.

Ceci dit, les références aux films de samouraï sont aussi multiples (à voir aussi dans l’article du Film school rejects). La plus évidente, et la plus amusante, est celle des Les sept samouraïs, qui structure le récit de l’épisode 4. De même que le Mandalorian et son bébé Yoda en « poussette » ne sont pas sans rappeler aussi Lone Wolf and Cub: Sword of Vengeance.

Autre argument pour le western : l’utilisation des codes propres au genre. Le premier épisode, une fois encore, pose plusieurs jalons: le saloon, le chasseur de prime solitaire, les chevauchées, les combats au pistolet, les duels…

La période du récit est également intéressante. Le Mandalorian se situe après le Retour du Jedi, donc après la chute de l’Empire, suite à la défaite face à la Rébellion. Or de nombreux classiques du western se situent après la fin de la Guerre civile (Parallèle trouvé dans un article du Foundation of economic education). On retrouve là cet esprit de la Frontière, un grand espace sauvage où le pouvoir central n’a plus vraiment cours, où la loi des armes est plus forte que la loi d’une nation naissante.

Illustration aussi avec l’épisode 6, le prisonnier, une bande de desperados de l’espace attaque un vaisseau prison comme ils attaqueraient un train ou une diligence. Le tout se concluant par la charge de la cavalerie.

Un dernier point en faveur du western vient de l’excellente bande-son de Ludwig Göransson. La clé du son de «The Mandalorian»? Un thème de flûte que Goransson a proposé une fois que Jon Favreau a partagé sa vision, qui impliquait un cavalier solitaire et une inspiration de samouraï. La série existe dans « une partie plus dystopique de l'histoire de Star Wars », a déclaré Favreau, « et la technologie et la déconstruction sont des thèmes que nous explorons ». Dans cet esprit, Göransson s'est enfermé dans son studio pendant un mois et a acheté intuitivement un tas d’enregistrements rarement entendus de contrebasse (ou de fûte, j’hésite sur la traduction de « bass woodwind »). Il a commencé à improviser, entrant dans un état presque méditatif, a-t-il dit, créant une vaste bande de quatre heures qu'il a passée l'année dernière à écrire et enregistrer avec les meilleurs musiciens de studio d'Hollywood. (A lire l’article complet du New York Times)

Il y a bien une dernière référence à laquelle je pense, mais je ne suis pas sûr que Jon Favreau la connaisse.

I'm a poor lonesome cowboy / I've a long long way from home / And this poor lonesome cowboy / Has got a long long way to home / Over mountains and over prairies / From dawn 'til day is done

Et si je ne vous ai toujours pas convaincu, je vous conseille ce trailer au format western spaghetti

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