Et si on réécrivait l'histoire

Avis sur The Plot Against America

Avatar Dmitri Fantski
Critique publiée par le

Vivant en Tchéquie, j'ai la chance de pouvoir souscrire à HBO Go, plateforme qui regorge de purs chefs-d’œuvre tels que The Wire, The Sopranos, True Detective, Game of Thrones et j'en passe des meilleurs.

J'ai entendu parler d'une nouvelle série créée par David Simon (qui fut à la de The Wire ou Show Me a Hero que je recommande très fortement) et je me suis tout de suite lancé sur le premier épisode.

Episode 1 : 10/10
Ok, l'entrée en matière est tout simplement parfaite. On est plongé dans le quotidien d'une famille de confession juive à une sombre époque de l'histoire. La tension palpable est parfaitement retransmise.
Le jeu des acteurs est tout simplement jouissif (Azhy Robertson qui joue le rôle du cadet de la famille est irréprochable) et les costumes d'époque sont d'une classe à toute épreuve.
Attendons de voir ce qu'on nous propose pour le deuxième épisode.

Episode 2 : 10/10
Lindbergh devient de plus en plus populaire et des tensions de plus en plus marquée ont lieu au sein de la famille Levin.
Cet épisode met également très bien en lumière les inégalités sociales qui étaient déjà présentes à l'époque (qui, depuis, se sont développées de façon exponentielle) : le cadet qui demande à son père s'ils sont pauvres, Alvin qui ne supporte plus de travailler pour un type qui l’énerve au plus haut point (car ce dernier prend justement tout le monde de haut, de part sa richesse)...
Il retranscrit également très bien les pressions sociales envers les femmes : Evelyn qui "doit" à tout prix se trouver un mari, l'étonnement de ses enfants quand Elizabeth annonce qu'elle va se remettre à travailler...
Bref, toujours dans la même trempe que le premier épisode : Sublime.

Episode 3 : 8/10
Dans cette épisode, les choses se concrétisent petit à petit. Entre Alvin qui s'engage dans dans l'armée et qui part au front pour assouvir son désir de "descendre des nazis"...

Tout ne se déroula pas comme prévu, puisqu'à la fin de l'épisode, on le voit amputé de sa jambe droite.

La famille Levin part en visite à Washington et le sentiment qu'ils ne sont pas les bienvenus est très présent. Herman n'ayant pas sa langue dans sa poche s'attire les foudres d'un gras du bide dans un restaurant.
Sa femme commence à ne plus bien supporter qu'il parle politique matin, midi et soir, mais il s'estime dans son droit de dire ce qu'il pense de Lindbergh.
Evelyn, quant à elle, mène sa petite histoire avec le Rabbin Lionel Bengelsdorf, alors que l'état de sa mère s'empire.

(celle-ci vient à jusqu'à ne plus la reconnaître, elle la confond avec sa sœur Bess)
Lionel Bengelsdorf décide de faire sa proposition à Evelyn alors qu'ils s’apprêtent à assister à une quelconque cérémonie.

Bref, très bon épisode qui m'a cependant paru en deçà des deux premiers, mais je pense que cela est dû à mon état de fatigue très avancé.

Episode 4 : 9/10
La famille Levin est de plus en plus désunie et le retour d'Alvin

amputé

n'arrange pas les choses. Evelyn et le rabbin sont de plus en plus en contradictions avec les idées qu'a Herman et ils entraînent avec eux Sandy qui se met à détester son père donc.

Episode 5 : 8/10
Dans la cadre d'un mystérieux programme, la famille Levin est amenée à déménager à Daville. Ceci se présente comme une mutation de Herman qui travaille pour une grande entreprise dans laquelle le président a visiblement déjà placé ses pions.
La famille est partagée et son union s’effrite petit à petit.

Naturellement, Herman préfère démissionner, plutôt que de déménager.

Bess n'a qu'une idée en tête : déménager, mais à l'extérieur du pays, au Canada.
Quant aux enfants, l'un veut rester à tout prix (il fait d'ailleurs une petite "manœuvre" pour arriver à ses fins) et l'autre veut partir.
Herman est de plus en plus têtu et se borne à vouloir faire entendre ses droits de citoyen américain.

Cet épisode met bien en exergue la façon dont les décisions prises au sommet de l'Etat impactent des personnes à qui on n'a visiblement pas demandé leur avis. Le déménagement forcé est justement présenté comme une opportunité (un des protagonistes présente d'ailleurs le problème comme suit :
- Soit les Juifs acceptent d'être muté dans le cadre de leur profession ;
- Soit ils se font licencier et peuvent rester.
Autrement dit, pour ceux qui souhaitent rester dans leur ville d'enfance, le choix se résume entre la peste et le choléra.
Il met également en évidence les conséquences des choix fait par certains membres au sein de toute la famille (le fait que Alvin ait décidé d'aller combattre, le fait qu'Evelyn ait cru bon que sa sœur, son mari et leurs enfants bénéficient de ce programme "d'ouverture sur l'Amérique", le fait que Herman impose à toute sa famille de rester...)

D'ailleurs, à la toute fin de l'épisode, Bess lui lance une sorte d'ultimatum : soit il renonce à ses idées, soit elle prend les enfants et s'en va toute seule au Canada.

Let's see ce que va donner la suite.

Episode 6 : 8/10
Les choses s'accélèrent et les disparités d'opinions se font davantage ressentir. Des membres du Klan se baladant librement dans les rues, juste après avoir qu'ils aient brûlés des misons/magasins appartenant à des juifs, puisqu'ils sont soutenus par une partie du pouvoir en place.
Le Rabbin et et Evelyn n'ont désormais plus de soutien suite à la disparition de Lindbergh (son avion disparaît mystérieusement). Ils se font arrêter un matin par le FBI. Les divisions sont encore plus prononcées. Evelyn tente de se réfugier chez Bess, mais celle-ci lui tourne le dos, même si elle lui affirme qu'elle l'aimera à jamais.
Alvin met le doigt sur un point sensible : le fait qu'Herman a une grande gueule, mais n'agit que très peu. Résultat : les deux protagonistes en viennent aux mains durant un repas de famille.
La famille Levin accueille un nouveau membre : Seldon.

Car sa mère a été tuée par des membres du Klan pour la pure et simple raison qu'elle était juive.

L'épisode montre bien à quel point les médias étaient utilisés comme moyen de propagande et à quel point la qualité de l'infirmation était à géométrie variable.

Lorsque Herman se rend compte, en allant chercher Seldon, que la ville voisine est en feu et que des barrages du Klan étaient un peu dispersés partout.

On voit parfaitement à quel point la vision d'ensemble montre une catastrophe imminente, mais qu'en faisant une analyse macro, on ne peut pas forcément s'en apercevoir.

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