Umbrella Corp. (saison 1)

Avis sur The Rain

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Autant dire que lancer une série post-apocalyptique -se déroulant au Danemark de surcroît- dans un segment déjà encombré par le rouleau compresseur The Walking Dead ou la plus confidentielle Survivors (sans évoquer les pendants cinématographiques tels que 28 jours plus tard, 28 semaines plus tard ou encore The Fog) était un pari culotté. A fortiori avec comme postulat de départ un peu farfelu une pluie empoisonnée qui a décimé la quasi-totalité de la population en propageant un mystérieux virus.

Et pourtant, le résultat de cette première mini-saison (8 épisodes) est emballant. Tout d’abord grâce au gimmick qui sort des sentiers battus (si vous êtes touché par l’eau de pluie, vous êtes condamné) et qui ouvre quelques perspectives… même si elles auraient sans doute mérité d’être un peu mieux exploitées. Ensuite, par un cadre dépaysant avec la campagne et la forêt danoises omniprésentes, même si cette saison 1 ne fait pas l’impasse sur une Copenhague désertée (avec un épisode 3 qui n’est pas sans rappeler l’épisode 2 de la saison 1 de The Walking Dead en plein cœur d’Atlanta). Le casting est également très réussi avec des acteurs évidemment inconnus du grand public mais surtout loin des stéréotypes. D’aucuns diront que les protagonistes principaux manquent de charisme. On préférera y voir des héros ordinaires au physique ordinaire. Si Martin (Mikkel Boe FØlsgaard) et Simone (Alba August) sortent du lot, il est vrai que les personnages de Rasmus, Patrick, Léa et Jean sont plus effacés quand ils ne sont pas de vrais losers en puissance. Mais c’est pourtant ce qui fait le charme de cette fine équipe qui va se constituer au fil de la saison, avec le lot habituel de flashbacks (heureusement utilisés avec parcimonie) pour découvrir leur passé et la façon dont ils ont survécu à la pluie mortelle du premier épisode. On regrettera juste que le personnage de Béatrice (Angela Bundalovic) n’ait pas été plus creusé alors que son ambivalence en faisait de loin le plus intéressant à suivre. La série évite en tout cas de tomber dans le piège de la série avec des ados pour des ados, bande son comprise (coucou, The 100…). Autre bon point pour la série, là où The Walking Dead se serait éternisée pendant une saison entière sur une situation / une rencontre servant de fil rouge, The Rain ne ralentit pas artificiellement son rythme et va à l’essentiel (on pense à l’épisode 5 et la rencontre avec la « communauté » de survivants du manoir isolé).

Si l’on devait comparer cette première saison à la première saison de The Walking Dead, le résultat est autrement plus enthousiasmant. Le hic, c’est que là où The Walking Dead est montée en puissance avec les saisons 2 et 3, on ne sent pas le même potentiel dans The Rain où tout semble avoir été dit dès la première saison. La faute aux scénaristes (sans doute persuadés au départ que la saison n’aurait pas de suite) qui ont dévoilé beaucoup trop de choses, beaucoup trop vite. Sans même évoquer le rôle clé de Rasmus dévoilé à gros sabots dès le premier épisode (ce qui n’aura pu échapper à tout spectateur normalement éveillé), les deux derniers épisodes donnent lieu à un grand déballage qui enlève tout mystère et ruine potentiellement tous les enjeux dramatiques et scénaristiques de la saison 2 (ou en tout cas, tout ce qui pouvait faire subsister l’originalité de la série). Il n’y a de fait plus aucun mystère sitôt le huitième épisode terminé. Mention spéciale à une des dernières scènes de la saison qui dévoile de manière difficilement plus caricaturale le rôle de la société Apollon (le pendant d’Umbrella Corporation dans Resident Evil, tout le monde l’aura compris).

Au final, on termine la première saison de cette série avec les mêmes sentiments qu’à l’issue du premier épisode du Labyrinthe. On ressort emballé par l’univers original créé par les scénaristes mais on craint immédiatement que la suite ne soit terriblement conventionnelle. Mais dans l’immédiat, on ne va pas bouder son plaisir avec cette première saison parfaitement calibrée…

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