Lost in the (supermarket) Amazon Project

Avis sur The River

Avatar VincK
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Tout de suite le pitch. Le présentateur d’une émission du style Discovery Channel disparait quelque part le long de l’Amazone. Des recherches sont lancées, en vain, et s’arrêtent après six mois. Pouf. Le doc (ce sera son nom) est alors considéré comme légalement mort. MAIS ! Tadam, sa femme refuse d’abandonner. Elle se fait alors financer par une chaine de télévision qui compte diffuser les recherches sous forme de reportages. La série, « ce sont les bandes qu’ils ont laissées ».

Bon déjà, je vais briser le suspense, les deux créateurs ont bossé sur Paranormal activity (l’un d’eux a même bossé sur les trois et visiblement son trip c’est de refaire un peu la même chose, mais dans la nature – et si j’étais méchant je dirais que sa seule idée il l’a piquée à Blair Witch).Ce concept : tout filmer avec des caméras visibles par les personnages n’est pas mené jusqu’au bout et certains plans (un bon tiers si ce n’est plus) ne correspondent pas du tout à ces critères (mais restent filmés caméra à l’épaule histoire de).

Autre point intéressant qui mérite d’être soulevé (et que les plus littéraires ont déjà remarqué), nous avons affaire à une impressionnante mise en abyme : c’est une série où des mecs filment des mecs qui cherchent un mec qui filmaient des animaux. Et ça c’est fort. On nous expliquera sans doute sur la fin que le pire ennemi de l’homme, c’est l’homme. La boucle sera alors bouclée, la mise en abyme parfait et André Gide pourra reposer en paix.
Mais je suppute. Pour l’instant je vais regarder le pilote et comme il est découpé en journées, je vais faire de même (en gardant le mot anglais, parce que c’est vachement plus hype).

Day 2 (5 min)

Eh oui, déjà D2. Le Day 1 a duré cinq minutes (comme indiqué, oui, je ne veux pas vous perdre dès le début), c’était le pitch. Day 2 donc. Nous voilà transportés au cœur de l’action, sur l’Amazone, dans un bateau. A bord, Tess et Lincoln, respectivement la femme et le fils du doc disparu.

Bien évidemment, ils ne sont pas les seuls personnages (on risquerait de se faire chier et ça limiterait les possibilités scénaristiques prometteuses). A bord, nous trouvons aussi Emilio.

Emilio, c’est un local (mais il a surtout une tronche de mexicain) et c’est l’ancien pilote du doc. C’est lui qui pilotait dans les affluents inexplorés de l’Amazone. Pourquoi dans ce cas le doc a disparu et pas lui ? Parce qu’Emilio n’était pas sur la dernière mission, le doc avait refusé car c’était trop dangereux pour sa fille. Quel altruisme se dit-on ! Mais Emilio, lui, il n’en pas grand-chose à foutre, il accepte de partir en mission de sauvetage désespéré et comme il a ni amis, ni famille, il a embarqué sa gamine à bord. Et là, on peut tout de suite y voir une allégorie de l’aveuglement qui découle d’une dévotion obsessionnelle, Emilio étant prêt à sacrifier sa fille tel Abraham s’apprêtant à tuer son fils au nom de ses croyances, ou alors c’est un subtil rappel des conditions de vie dans certaines régions d’Amérique du Sud en sous-entendant que la fille sera mieux morte qu’à vendre son corps pour une poignée de fayots qui piquent et qui font péter. Une dernière interprétation, plus cynique, est de se dire qu’Emilio est vraisemblablement aussi con que les scénaristes.

A bord, il y a aussi, bien sûr, l’équipe de télévision qui finance le bordel : un présentateur et deux cameramen. A noter que ces derniers sont respectivement juif et noir. J’insiste sur le respectivement, ils n’ont pas osé le combo juif et noir.

Enfin, il y a Kurt, un ancien soldat qui adorait le doc, comme Emilio. D’ailleurs, lui non plus n’était pas sur la dernière mission. Mais on ne sait pas pourquoi. Les scénaristes n’ayant pas vraisemblablement pas trouvé pourquoi le garde du corps est évincé au moment où ça devient vraiment dangereux. On les comprend vu que ça n’a aucun sens : « Laissez-moi les gars ! Emilio, tu dois penser à ta fille ! Elle mérite un véritable avenir comme serveuse dans un bouge ! Et tu es le seul à pouvoir le lui donner dans ce monde de merde ! Et toi Kurt ! Tu as sans doute de la bière et des saucisses qui t’attendent quelque part du côté de Hambourg ! Ne laisse pas ton amour pour moi t’aveugler au point de gâcher tes rêves ! Va, va et pense à moi à la prochaine Oktoberfest quand tu pisseras le long des bars ! Cette fois, j’irais seul les amis ! … Enfin… quand je dis seul… Il faut que je trouve un chauffeur solitaire et un mercenaire idiot et antipathique pour m’accompagner... »

Donc, je résume. Nous avons Tess, la femme du doc, Lincoln, le fils du doc (majeur et en école de médecine), Emilio (le chauffeur), sa fille (très mineure, fin de l’enfance, début de l’adolescence – enfin c’est ce qu’on se dit au début, après, on se dit que non, c’est un jailbait), Kurt, le mercenaire (qui a, sans doute, une dette envers le doc et probablement un cœur gros comme ça, derrière sa façade de tueur froid), un présentateur (un peu casse-couilles, forcément) et deux cameramen , un noir et un juif.

Je vous laisse prendre les paris pour savoir qui sera la première victime.

Nos joyeux lurons partent donc sur l’Amazone à bord du bateau un peu pourri d’Emilio. Vu la taille du fleuve et le nombre d’affluents, ça va pas être simple. Mais, notre petite troupe a un truc super pour les aider : la fréquence de la balise du bateau du doc ! Car, oui, le doc a une balise ! Et on peut la traquer ! Et là, je vous rappelle que des recherches ont été conduites par des professionnels pendant six mois, mais qu’ils n’ont rien trouvé ! C’est génial ! Attention toutefois, toute ressemblance avec l’implacable logique de Lost serait purement fortuite.

Day 3 (8 min)

Cela fait donc huit minutes (oui, je me répète) que l’épisode pilote est commencé et hop, nous voilà déjà à la balise. Six mois de recherches battues en huit minutes. En même temps, c’est super cohérent si personne n’a pensé à filer la fréquence de celle-ci aux autorités…

Bon, donc la balise est sous l’eau ! Ohlala ! Suspense ! L’équipage utilise alors un treuil pour remonter… une cage. Oui, la balise était dans une cage. Pire ! Une cage dont la porte a été enfoncée de l’intérieur ! Diantre !
Sauf que bon, on aura beau supputer, la balise elle est là toute seule, sans autre indice. Ils n’ont donc plus de piste…

On se demande bien pourquoi les scénaristes se sont fait chier avec cette scène et cette piste débile si c’est pour la foutre en l’air en deux minutes… Je vais être sympa, je vais passer en mode logique lostienne :

/Mode Lost on

- Option 1 : en fait, les secours ont trouvé la balise, mais l’ont remise à sa place au cas où ;
- Option 2 : la fréquence était brouillée pour les premières équipes de secours car elles ne comptaient aucun élu dans leurs rangs ;

Dans tous les cas, la scène n’est pas là par hasard, il y a un mystère qui nous reste à élucider et nous auront la réponse plus tard.

Ou pas.

/Mode Lost off

Le fils du doc, qui incarne un peu l’optimiste du groupe, dit : « Bon, ben voilà, c’est fini, on devrait rentrer ». Eh ouais, mais, même si c’est logique, ce serait la série la plus courte de l’histoire, du coup, rebondissement ! La mère : « Non, on va continuer ». Oh oh ! En voilà, un sacré retournement ! Mais attention, les scénaristes jouent l’ascenseur émotionnel en nous offrant un sublime « Mais on n’a pas de piste ! » de la part du fils. Et là, coup fatal, la mère : « Je vais en trouver une. »

Fin de la scène. Et j’avoue que j’ai fait un peu pipi dans mon caleçon devant tant de suspense.

Day 4 (10 min – oui, seulement 10, ça dit à quel point, ils ont des idées, y a encore 1h20 à tirer)

Le lendemain, nous retrouvons l’équipe dans un petit village plein de gens super sympas (un hommage à Montaigne). La mère se prend la tête sur une carte (on l’imagine jouer les devineresses). Le fils lui joue avec les mômes et montre ses talents de médecin (car oui il fait médecine mais n’a pas encore achevé ses études car sa mère l’a un peu forcé à partir avec elle rechercher son père…).

Là, débarque un hélicoptère. Une jolie blonde en descend. Elle se dirige vers le fils d’un pas déterminé.

C’est la fille du caméraman disparu avec le Doc. Elle se met à gueuler « oui tu aurais dû me le dire, si ton père est peut-être vivant, le mien aussi ». Lui : « Mais on n’a pas d’indice ». Elle : « Mais si, j’ai modélisé les déplacements possibles du bateau en fonction des marées depuis l’emplacement de la balise, j’ai déterminé 6 possibilités et les 5 premières étaient vides. » Bim. Le voilà bien attrapé.

Alors, je reprends, car ce passage mérite une petite mise au point :
En six mois, personne n’a trouvé la balise - ou la femme était seule à connaître la fréquence et n’a pas voulu la donner ou Emilio était le seul et personne n’a pensé à lui demander vu qu’il ressemble vachement à un mexicain ;
La fille du caméraman, elle, elle savait. Elle savait même son emplacement (ou un membre l’a informée) et elle a réussi en 24h à :
avoir l’info ;
« modéliser les marées de l’Amazone » (je ne suis pas expert, mais je suis perplexe, surtout quand il est censé se balader dans des zones non répertoriées) ;
se rendre au Brésil ;
louer un hélico ;
visiter les cinq premiers sites possibles ;
se dire que « ah ben vu comment j’ai pas de pot, je vais aller voir la famille du doc plutôt qu’aller direct au 6e et dernier point possible comme ça j’irais en bateau plutôt qu’en hélico » ;
se faire déposer au bon village (en étudiant la marée et les cycles de la Lune) ;
faire sa drama queen;
La fille du caméraman a des moyens financiers supérieurs à ceux de la femme du doc (qui faisait une émission à succès) qui a dû accepter d’être filmé pour financer l’expédition ;
Tout ça en moins de 10 minutes d’épisode ;
Je n’arrive pas à croire que JJ Abrams ne soit pas derrière cette œuvre.

La blonde montre le dernier emplacement sur la carte de la mère. Le fils dit qu’il n’y a rien à cet endroit et que ça ne sert à rien et qu’ils vont tous mourir (Bravo ! Il gagne la médaille du médecin le plus optimiste et le plus philanthrope de la planète). La fille d’Emilio dit qu’il ne faut pas y aller car c’est la Boiuna et que… ben, qu’il ne faut pas y aller. La mère s’en fout et décide que tout le monde y va (même si elle est probablement un peu vexée de ne pas avoir trouvé toute seule).
Comme on ne nous explique rien et que soit tout le monde sait ce que c’est la Boiuna, soit s’en fout totalement, un petit tour sur Wikipédia nous apprend que le Boiuna est un mythe sud-américain, un serpent géant, déesse de l’Amazone. Et là, on a vachement peur (et on se demande à nouveau ce qu’on les scénaristes dans la tête à avoir laissé ça sans explication… Allez tous en chœur : « Looooooost » - ou comment faire croire qu’un truc bidon est mystérieux).

Day 5 (11 min)

La troupe embarque sur des zodiacs et fonce sur l’Amazone (ce qui confirme que la fille du caméraman a gagné au loto…). Comme la mère a de l’humour et qu’Emilio aime beaucoup sa fille, cette dernière les accompagne plutôt que, par exemple, rester avec le bateau, dans le village avec les gens sympas.

Après un passage émo environnementale digne d’Avatar - un nuage de libellules bleu (que le doc montrait dans l’intro de l’épisode) - nos héros tombent sur l’épave du Magus, le bateau du Doc. Voilà, la blonde avait raison, elle est trop forte. Period.

Ni une, ni deux, ils montent à bord. Ils entendent du bruit (grincements, cris monstrueux ?) et en concluent immédiatement qu’il y a quelqu’un dans le bateau. Pas quelque chose, non, non. Ils ne se disent pas non plus que ça grince, noooon. C’est sûr, il y a quelqu’un. Ok.

En fouillant, ils entendent des coups derrière la porte de la ‘panic room’. Ils constatent que la porte est fermée de l’intérieur, mais aussi soudée de l’extérieur. Là encore, ils arrivent rapidement à la seule conclusion logique : le doc est derrière la porte. Vous avez le droit de plisser les yeux. J’ai moi-même senti une très légère montée de scepticisme à cet instant. Mais bon, ils sont tellement team spirit que personne ne sort un « Ben oui, depuis six mois, derrière la porte, tranquillou billou ». Non, eux, ils décident plutôt de découper la porte pour entrer dans la panic room (non, personne ne connait le morse et n’essaye de communiquer et oui, ils avaient une disqueuse à métaux dans leurs baluchons).

La porte cède. Ils entrent. Visiblement, ça pue fort (vous me direz six mois hein). Ils y trouvent une sorte d’autel et des symboles (esoterico mystico pipo). Le fils se dirige vers le lit de camp, on y voit une forme sous la couverture. Il soulève celle-ci. Et… pas de cadavre, mais une sorte de masque qui semble en bois ou en terre cuite ou peut-être autre chose de vachement plus mystérieux. Il va pour soulever le « masque ». La blonde (qui sait encore des trucs que personne d’autre ne sait) crie « Lincoln, nooon !! »

Attention ! Scène d’action !

Un cri strident. Une forme noire, comme de la fumée (non aucun lien avec des disparus sur une île), s’échappe de sous le « masque ». La blonde est projetée en arrière contre le mur. Le mercenaire se met à tirer (super malin dans un bateau dont les murs sont en métal), un des caméramans suit la créature (qu’on ne voit pas). Il sort sur le pont, on entend à nouveau un cri, les arbres sont secoués par le passage du bestiau (non, toujours aucun lien avec des disparus sur une île). « Fuck, what was that? » dit-il avec perspicacité.

Le fils soigne la blonde, il lui recoud sa plaie à la cuisse et flirtouille avec elle avant d’aller coller un pain au caméraman black qui avait suivi la créature plutôt qu’aider la blonde. Retour à la panic room. Il y a une photo sur l’autel, le producteur télé qui était avec le Doc sur sa dernière mission. La blonde dit que le producteur avait eu de la fièvre et qu’il était mort. Comme tout le monde trouve qu’elle a quand même beaucoup d’infos, elle avoue qu’elle était en contact avec le doc. Tadaaaam.

La gamine d’Emilio (spécialiste es mystères) explique au fils du doc que la créature n’est pas un animal, mais Corpo Seco, un mauvais esprit rejeté par les enfers. Il avait été enfermé par l’espèce de masque dans la panic room, mais il s’est échappé. Il a repris gout au sang en goutant à la blonde et il va les chasser. Comme la fille ne parle pas anglais, c’est son père qui traduit. Il connait l’histoire, on sait qu’il croit aux fantômes et à d’autres choses fantastiques, mais ça non, il n’avait pas idée d’en parler. En plus, il a beau traduire, il n’arrive pas à être limpide, comme la description du « masque » (qui au final ressemble à une demi-coquille d’une noix géante) : « C’est un cercueil pour enfant. C’est Kraho, de la paume de chonta. Rempli de tsaratuma. » O-k.

Bon, comme je suis sympa, j’ai googlé tout le bordel : Kraho c’est une ethnie indienne vivant au Brésil. Chonta, c’est un terme générique pour différentes sortes de palmiers, mais aussi pour le cœur de palmier ou le fruit. Tsaratuma est intraduisible, c’est un pouvoir, une force magique, permettant de paralyser, d’enfermer, un esprit. Si on traduit complètement, on a donc : « C’est un cercueil pour enfant. C’est manufacturé par la tribu Kraho, c’est fait à partir de palmier et ça contient de la magie. » C’est moins glamour, mais vachement plus clair (et ça ne gâche pas la trame scénaristique… enfin je crois, ce n’est pas mon métier après tout).

Le fils, qui en plus d’être optimiste est cartésien et donc plein de logique, sort précipitamment de la pièce. Et plutôt que de raconter ce qu’il vient d’apprendre, il va dire à tout le monde qu’il faut se barrer, qu’il ne sait pas s’il s’agit d’un animal ou d’un homme drogué, mais que de toutes façons le père est mort donc autant se casser.

Il arrive même à convaincre les gens, mais manque de pot, les zodiacs ont été détachés et sont partis dans le courant. Le fils accuse le producteur mais ils sont interrompus par des cris inhumains. La fille d’Emilio dit que l’esprit a gouté à leur sang et qu’il en veut plus. Le fils dit à Emilio de réparer, puis va flirtouiller dans l’eau (!) avec la blonde (il est 2h30 du matin). La blonde décide de montrer les vidéos du doc (qui lui avait demandé de les trouver et de les détruire (!!)). Je vous laisse analyser tout ça, je pense qu’une partie de mon cerveau vient de me couler par l’oreille droite.

Alors, là, on a un parti-pris intéressant du réalisateur qui mérite un peu de détail. Depuis le début, il a maximisé le nombre de plans filmés par les deux caméramans et les caméras de surveillance du bateau (comme je vous disais au début, ça fait partie du concept), ce qui donne de l’immersion et un certain réalisme. Par contre là, il va nous balancer plusieurs vidéos du doc, mais pas de manière chronologique, ni ordonnée. Il va montrer un bout d’une vidéo, un bout d’une deuxième, puis re de la première, puis un bout d’une troisième, puis la deuxième et encore la première… en entrecoupant ces scènes par les réactions de l’équipage (qui elles sont dans l’ordre). Bref, une mise en scène totalement incohérente et qui ne fait absolument pas sens (sauf pour cacher leur vacuité intellectuelle).

Les vidéos ne font pas dans la dentelle et montrent que la magie existe (en même temps avec l’esprit, on s’en doutait un peu, mais là ils étendent un peu le truc) : on voit le doc marcher sur l’eau à plusieurs reprises et le doc « créer » du feu entre ses mains (non je ne pense pas qu’il prépare un kamehameha), puis le doc nous expliquer que Corpo Seco c’est le producteur qu’il est mort mais qu’il est revenu, qu’il a tué la plupart des membres d’équipage et de tournage et qu’ils vont essayer de l’enfermer dans la noix (bref il confirme ce qu’on pensait déjà). Dans une autre vidéo, il précise qu’ils sont prêts de la source (magique probablement) et que la physique est différente ici.

Plutôt que de continuer à regarder les vidéos, le fils et la mère vont sur le pont pour s’engueuler (et sous-entendre qu’elle a trompé son mari). Les autres continuent à regarder, mais pas longtemps vu que deux minutes plus tard on voit que le producteur mate la femme et le fils via les caméras de surveillance du bateau et qu’il est seul dans la cabine… Pendant ce temps, Emilio parvient à démarrer le moteur. Le fils dit à sa mère « c’est bon, on rentre ».

Où sont passés les autres ? Pourquoi personne ne regarde les dernières bandes (pour savoir par exemple comment enfermer l’esprit) ? Pourquoi nous révéler autant de choses sans aller plus loin ? Pourquoi autant d’incohérences ?
Eh bien, on ne saura pas. Enfin, pas maintenant, car il y a sans doute une vraie réponse à ces mystère, mais on le saura plus tard (zoom, musique de violons qui fait peur).

Le bateau démarre, ils le dégagent des branchages et tentent de quitter la zone. Très vite, le bateau est secoué, mais pas par le courant. C’est l’esprit ! Les ampoules clignotent (trop balèze l’esprit). Les deux caméramans sortent sur le pont pour essayer de filmer l’esprit (have fun vu qu’aucune des 150 caméras du bateau n’ont capturé quoi que ce soit).
Attention, les jeux sont faits, rien ne va plus ! Si vous aviez parié sur le premier mort de la série, c’est maintenant !

Une force invisible frappe un des caméramans, et semble le faire tournoyer après l’avoir choppé par le pied (c’est pas super clair, c’est l’effet paranormal activity). Le caméraman crève !

Comme vous l’attendiez certainement, le premier mort est un adulte issu d’une minorité ethnique. Reste à savoir si c’est le noir ou le juif (ceux qui avaient parié sur le mexicain ont d’ores et déjà perdu, mais l’idée de le tuer pour que sa gamine démontre ses supers talents de pilote et de mécano était pas idiote – vous pouvez écrire aux scénaristes pour leur filer vos idées).

*Roulements de tambours*, zoom sur le noir, zoom sur le juif. *Roulements de tambours*.
Le juif !
Bon, perso, je serais le black, dans le doute, j’irais me planquer dans le bateau parce que je ne vois pas qui d’autre serait le prochain sur la liste.

L’esprit continue à frapper le bateau. Emilio hurle « Il s’attaque aux moteurs !! ». Le mercenaire sort sur le pont et se met à tirer dans le vide. Le moteur crève à nouveau. Le fils descend voir Emilio pour lui demander s’il peut réparer.

Encore une fois, je fais une petite pause pour faire un bilan de la situation. On a donc un esprit qui vraisemblablement veut les tuer, mais qui met un temps phénoménal avant de les frapper personnellement et tue en premier lieu le moins utile des membres d’équipage. Puis il s’attaque au moteur pour les immobiliser (il lui suffirait de tuer Emilio, mais admettons qu’il ne se repère qu’au bruit et que le cameraman ait été tué plus ou moins par hasard). Emilio sait qu’il frappe le moteur, mais il faut attendre que le fils descende pour qu’il réalise que le moteur est mort, puis le fils demande s’il peut réparer alors qu’Emilio n’a pas encore vu les dégâts. Je ne sais pas vous, mais toute cette succession d’enchainements logiques me laisse pantois. Je vais même finir par me demander si je ne suis pas déjà cliniquement mort.
Le fils (qui, pour rappel, a un peu été présenté comme le super cartésien défaitiste depuis le début) se dit qu’il va essayer d’enfermer l’esprit dans la noix.

Attention scène choc.

On se retrouve sur le pont, des bourrasques de vent secouent les gens et le bateau (on ne sait pas d’où il vient, il n’y avait pas un pet de vent avant – et si c’est l’esprit, il vient vraisemblablement de level up car il n’avait pas ce pouvoir au préalable). Le mercenaire est en train de manier un gros projecteur fixé sur le pont de manière très nerveuse (pour essayer d’aveugler l’esprit invisible j’imagine), le fils s’ouvre la main pour mettre du sang dans la coquille en invectivant l’esprit (oui il a compris tout seul le rituel), la mère débarque en hurlant « non ne fait pas ça il peut nous répondre, il peut nous dire si Emmet est vivant » et se met à brandir une photo de l’ancien producteur (qui est censé être l’esprit et qu’elle a pris le temps d’aller récupérer dans la panic room pendant les 5 secondes entre le moment où le fils s’est ouvert la main et le moment où il a fini sa première punch line provocatrice). Elle se met à gueuler : « Tu es Cam Travers, dis-moi si Emmet est vivant fils de pute ! Un pour non, deux pour oui ! Réponds-moi salopard !! » (Alors non seulement, elle aurait pu avoir cette idée avant, mais en plus je suis presque sûr qu’il y a une façon plus polie de demander).

D’ailleurs, l’esprit, ça l’énerve un peu de se faire insulter. Il fait voler le producteur (mais ne le tue pas), puis il fait voler la mère (mais ne la tue pas), puis il rentre dans la coquille (hop), puis la blonde jette la coquille à l’eau (plouf).

La mère constate qu’elle a deux marques sur le corps : « Deux pour oui, Emmet est vivant ! » s’écrit-elle toute jouasse.

Trop sympa l’esprit. Il n’a tué que le juif et a répondu à la question de la mère alors qu’elle le traitait de tous les noms. Un nazi au grand cœur sans doute.

Day 6 (40 min)

Le bateau tourne comme un charme sous un grand et beau soleil. Le producteur, qui surveille toujours l’équipage via les caméras du bateau, choppe le mercenaire en train de passer un coup de fil (à noter que ce dernier a pensé à recouvrir une des caméras avec une couverture pour aveugler l’objectif, mais a oublié qu’il y avait un micro dessus et que du coup, ben, on entend clairement ce qu’il dit).

Attention révélation. Kurt dit : « Emmet en a vu plus qu’on ne le pensait, s’il a découvert la source et qu’il est vivant alors je le descendrais ». Le producteur repassera la bande trois fois pour qu’on ressente bien l’intensité dramatique. Retour sur le pont, retour avec la mère et le fils pour un nouveau grand moment de cohérence.

La mère (qui était prête à sacrifier tout le monde pour retrouver son mari et qui vient d’apprendre, par le sang et le biais d’un esprit, que ce dernier est vivant) : Bon la dernière vidéo indique qu’il allait vers les montagnes à l’ouest, mais bon, osef donc on peut rentrer à la maison.

Le fils (qui, certes vient d’enfermer un esprit dans une coquille de noix, mais a longtemps était cartésien et défaitiste « On va tous mourir ») : Mais non ! Papa est vivant et la magie existe alors allons-y !

Hop, et voilà une super inversion des rôles et des psychologies, personne n’a rien vu, tout est logique et sera expliqué, plus tard, dans cinq saisons. Ou pas.

Le fils ajoute qu’il a un super plan : « On va mater les vidéos, lire son journal et suivre ses déplacements ! ». WAHOU ! Quelle idée de génie ! Non seulement, sa mère a parlé de ‘dernière’ vidéo y a pas deux minutes, mais en plus, je suis sûr que la blonde qui connait plein de secrets et te t’anticipe les mouvements d’un bateau dont elle ne connait ni l’état, ni le but, grâce à la modélisation des marées de l’Amazone dans une zone peu exploré, n’y a sans doute pas pensé.

En même temps, qui écouteraient l’avis de deux gonzesses (respectivement rousse et blonde qui plus est).
Hein ?
Qui ?!
Eh ben, pas lui en tout cas.

Fin du premier épisode. Et de la première moitié du pilote.
Et de la première moitié de ce texte. Ça vous fera comme un cliffhanger.
Et puis, moi j’ai besoin de faire une pause et de regarder quelque chose de moins idiot.
Bob l’Eponge par exemple.

(Et si vous vous demandez pourquoi j'ai mis 4, sachez que j'ai mis 3 à Lost)

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