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The Romanoffs par GirlNumberTwo

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Surprenante série.
Initialement le titre évocateur de la dynastie des Romanov - ou tout du moins ses derniers représentants - a attiré mon attention. Je pense avoir saigné pas mal de trucs sur le sujet et ne suis jamais contre enfoncer le clou pour retarder la disparition de ma mémoire de tous ces éléments. Je m'attendais à ce que ces supposés descendants mettent en lumière leur histoire.
Bref, dès le premier épisode n'importe qui partant dans cette intention sera déçu. Pourtant le résumé ne pouvait être + explicite. Ce sont des gens qui pensent être descendants des Romanov, c'est tout, sans pour autant que cette croyance soit le cœur de l'histoire ce n'est pas ce qui est dit. Ça débouchera simplement sur des évocations et un lien ténu qui justifie qu'on dépeigne les épisodes de vie de ces personnes autrement complètement disparates.
J'étais tellement déçue que j'ai failli ne pas aller au-delà des premières minutes du premier épisode. Et en fait ç'aurait franchement été dommage. Je ne dirais pas que la série est de celles qui emballent mais j'ai adoré la plongée direct dans une situation de ces personnes, l'originalité et les changements de décors et d'ambiances. C'est différent, intéressant, intimiste, stimulant. Donc une fois la première déception passée il faut ne plus s'attendre à rien et en retirer le meilleure.
Parfois il n'y a qu'un seul élément qui m'a fait apprécié l'épisode, parfois c'était un tout, une/deux fois c'était rien.

J'adore le générique

Episode 1 :
Une resucée d'Intouchables. Une vieille dame (qui se pense descendante des Romanov) qui est riche et vit en exil à Paris depuis des années. Étant âgée elle se fait aider par une aide de vie, la nouvelle en date étant musulmane cela fait ressortir un brin de racisme et de rivalité ancestrale des peuplades. Le tout accompagné d'un neveux dont la copine est avide d'argent et attend que la tatie friquée passe l'arme à gauche.
Les relents français m'ont soulée et j'en suis désolée. Pour autant j'ai aaaaadoré l'actrice jouant Anushka (Marthe Keller), tellement de prestance, d'élégance et de charisme. L'histoire - et surtout le final - reste très niais. L'épisode m'a plu pour elle, j'aurais pu la voir être odieuse, touchante, revêche pendant des heures avec son accent.

Episode 2 :
Un homme (descendant des Romanov) se pose des questions existentielles sur sa vie qui le déprime de plus en plus.
Pour le coup pas un acteur pour rattraper mon intérêt mais le magnétisme intimiste des épisodes m'a tenue. J'ai adoré la fin quand - après avoir goûté au frisson de l'adultère avec une femme incendiaire - il tente de tuer sa femme en la poussant d'une "falaise" sous un accès de rage de sa vie (même pas d'elle particulièrement) et se rate parce que ce n'était pas ultra pensé et que le promontoire n'était pas assez haut pour que la chute soit fatale. Le voir se sentir plein de pouvoir et de soulagement et quand il l'entend gueuler le voir switcher, faire semblant qu'elle est tombée toute seule, avoir peur des conséquences et être siiiii pathétique comme il l'a été durant tout l'épisode... Passionnant. Cette fin avec sa femme pas dupe qui se casse sous le choc, trop bien. Ça a donné sens à tout l'épisode qui m'ennuyait un peu.

Episode 3 <3 :
Un de mes préférés. Une actrice arrive sur le lieu de tournage d'une mini-série sur les Romanov (la réalisatrice serait une descendante de cette illustre famille). L'ambiance du plateau, la réalisatrice, les acteurs, le staff sont bizarres, louches, flippants, tout en redevenant normaux par moments.
Rien de plus à dire que l'ambiance dans laquelle je ne savais pas moi-même si certaines choses devaient être normales ou bizarres et selon, si ça devait être un épisode juste singulier ou effrayant. Voire fantastique ou aliéné. Le malaise était bien amené, la fin tout aussi confondante même si un peu poussive.

Episode 4 :
Sans grand intérêt. Puis j'aime pas les histoires de femmes qui cachent à un homme que leur enfant n'est pas le leur et à la fin s'en sortent relativement bien parce que les personnes impactées les auront aimées depuis trop d'années pour les haïr.

Episode 5 :
Episode assez fade sur un prof de piano particulier au sujet duquel la police vient s'enquérir d'informations auprès d'une famille qui l'emploie. Ces questions vont venir semer le doute sur ce professeur dans la famille et la petite communauté.
Caricaturalement je le décrirais comme un épisode-Desperate-Housewives pour le milieu de petite bourgeoisie. C'était longuet.
J'ai apprécié le débouché final avec le père qui dit ne pas vouloir juger le professeur sur des rumeurs car (appuyé par un flashback) quand il était petit son père l'avait grave engueulé parce qu'il était allé jusqu'à demander à son meilleur ami si c'était une fille sous prétexte que tout le monde le disait comme il avait des cheveux longs. Son père a eu honte de lui, qu'il se laisse avoir par les on-dits. Bref, du coup sa femme part dans un regard d'intense réflexion du style "tu as raison faut pas juger sur des rumeurs". Pour finalement qu'elle demande à son mari s'il a gardé contact avec ce pote d'enfance et qu'il lui dise avec nonchalance que non parce qu'un jour il est allé le chercher chez lui et sa mère lui a dit que c'était pas Alan mais Ellen et l'épisode se finit. Ça m'a fait rire.

Episode 6 :
Un reporter, qui rencontre une femme dont l'enfant est malade et dont il tombe amoureux. Ils descendraient des Romanov si je ne dis pas de bêtise. Je ne saurais même plus dire sur quoi ça finit, j'ai pas vraiment accroché au point que je ne me rappelle plus la fin.

Episode 7 <3 :
Un de mes préférés. Un couple part en Russie pour adopter un enfant. C'est glauque, on a souvent peur de cette image de la Russie de magouilles, qu'à tout moment on puisse les arrêter, les faire disparaître, les obliger à faire quelque chose qui ne veulent pas, leur mentir sur l'enfant, etc. Comme le 3ème épisode qui m'a beaucoup plu également, c'était angoissant et jusqu'au bout je ne savais pas trop si c'était nos propres appréhensions et craintes qui teintaient la vision qu'on avait des évènements ou si c'était réellement glauque et inquiétant. J'adore ce sentiment !

Episode 8 :
Un homme s'installe dans son train et se retrouve à côté d'une femme d'un certain âge trop loquace qui va lui raconter son histoire.
Sans mentir et sans détours, j'ai eu peur que ce soit un épisode trop pro-gay, que ça allait être le centre de l'histoire. Mais non, ça en fait partie mais je dirais même que c'est un élément fait pour pas qu'on voit venir le twist.
Je n'ai pas adoré mais j'ai apprécié notamment par la tournure que prenait l'histoire, digne d'une enquête d'Hercule Poirot (je suis même pas sûre que ça ait du sens). Très rebondissement assez gros et réellement surprenant et inattendu. Si on y réfléchit bien ce n'est pas si ouf mais je ne m'y suis pas attendue donc ça a eu son petit effet sur moi.
Au-delà de ça, rien à voir mais j'ai versé ma petite larme quand il a dit par rapport au fait que l'homme qu'il aimait est parti avec sa femme : "I just sort of accepted the fact that no one would ever really know me again [and certainly not love me]", I feel you. C'était touchant et pour revenir à l'épisode ça préparait bien le final sans en donner l'air.

In fine, une série inégale mais surprenante.

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