Série headshot et headshots en série

Avis sur The Walking Dead

Avatar Mawelle
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Que cette chronique fasse office de "mea culpa" amplifié, crié fort. Vraiment, ce n'est que pour votre confort de lecture que je ne l'écris pas en gras: Pardon ! Pardon, Franck Darabont, Pardon Kirkman, longtemps je me suis couchée tard pour d'autres raisons que le visionnage de cette série.J'avais essayé de lire le comics et puis comme je n'étais pas fan du dessin, j'ai arrêté. J'ai essayé de regarder la série, deux fois, sans jamais réussir à passer l'épisode 2 de la première saison. Je m'ennuyais profondément, je baillais aux corneilles, je ne tremblais pas, ces histoires de badigeonnages de tripes me laissaient à penser que c'était encore une de ces séries où le réalisateur balance du gore pour du gore et où le scénario est aussi lent qu'insignifiant.
PARDON VOUS DIS-JE ! Pour des raisons tout à fait personnelles j'avais besoin de débrancher mon cerveau pendant une soirée, de comater devant la télé. Un de ces moments où n'importe quelle daube suffirait à vous purger le neurone (j'ai hésité à revoir le Batman de Schumacher...je ne sais pas si vous réalisez la détresse du moment...). J'ai donc revu l'épisode 1, puis le 2, la tête un peu ailleurs...j'ai somnolé devant l'épisode 3, ça commençait à agir, j'avais la vivacité d'une plante verte vendue chez Ikéa.
Puis il y a eu l'épisode 4. Et là, il s'est passé un truc, ma tension est remontée, et elle n'a fait que ça, crescendo, jusqu'au final de la première saison (j'ai mis 10/10 à cet épisode sur ce même site d'ailleurs). J'ai pas dormi avant la fin de la saison. Voilà, quatre épisodes, c'est le temps qu'il m'aura fallu pour attraper le virus, c'est le temps dont j'avais besoin pour dire "ok, je vais suivre cette série". Donc si je peux déjà donner un conseil à ceux qui se tâtent pour découvrir cette histoire, ne cédez pas à votre première impression, la mienne m'a en tout cas fait du tort.

Je vais assez rapidement passer sur la qualité des effets rassemblés sous les étiquettes "gore", "trash", "maquillage" et "mise en scène". Walking Dead, c'est la série où vous pourrez listez tout ce qu'on peut faire pour abimer un crâne, et avec un panel d'outils tout à fait grandiose. Vous trouverez votre petite dose de dégoût, votre soupçon de carnage (bon, ok...des fois le cuistot se lâche) et la maxi-blinde de stress devant certains épisodes. Je reste quand même un peu sur le reproche que j'ai pu faire aux deux premiers épisodes: cette série est remarquablement inégale. Certains épisodes sont très bien montés, ils sont à couper le souffle, on en lâche pas une miette...d'autres sont d'une longueur impressionnante. On attend que l'action avance, qu'il se passe quelque chose, n'importe quoi. Il faut apprendre à être contemplatif. C'est un peu comme boire à intervalle régulier des litres de camomille jusqu'au moment où on vous impose le coup de speed en buvant 5 expressos cul sec. Voilà. A côté de ça, c'est très bien filmé, la musique est au top.

Donc j'en viens à parler du scénario et de la narration parce que c'est selon moi le coup de maître de cette série (qui m'a donné envie d'insister sur le versant comics de la force aussi). C'est du grand art. C'est énervant à quel point c'est bon. Et pour vous dire à quel point c'est bon, je ne peux que vous promettre que c'est la première fois de ma vie que j'insulte un scénariste à voix haute devant mon écran. Et pas une fois hein, non non non...à peu près 5 fois en 3 saisons. Et pourtant, je continue. C'est là toute la beauté de cette histoire, vous allez haïr cordialement l'auteur tout en continuant de regarder les épisodes qui suivent. D'abord parce que vous aurez envie de savoir la suite, et puis en suite parce que quand même, au fond de notre petit coeur de téléspectateur, on est des éternels optimistes abonnés depuis tout petit aux happy end en technicolor.
C'est ce qui nous tient, finalement: "non mais allez, il va bien finir par se passer un truc joyeux...non, mais allez...les gentils ça gagne, non mais allez...". Eh ben, que dalle. Voilà, je ne spoile rien, il faudra regarder pour comprendre, mais si vous êtes déjà sous Prozac c'est peut être pas le moment de s'y mettre.

Un peu plus sérieusement, derrière le côté thriller, il y a quand même de bonnes questions que pose cette ambiance apocalyptique. D'abord, les personnages ne sont pas binaires, ceux qui vous exaspèrent un temps peuvent être attachants ensuite et inversement, la psychologie des personnages est cohérente, bien travaillée. C'est l'occasion de s'interroger sur les tensions qu'il peut y avoir au sein d'un groupe restreint, elles évoluent avec le temps, avec les enjeux...On peut aussi relever toute la réflexion sur le partage des ressources, la justice: quelle place pour l'éthique? Comment rester humain dans la crise? Bref, pour philosopher un peu, certains épisodes sont croustillants (eh oui...le ficus a des spasmes).

Je suis actuellement à la fin de la troisième saison...j'ai beaucoup boudé, c'est désespérant, c'est génial...en bref quand on est mordu on y reste.

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