Mieux que Star Wars !

Avis sur Ulysse 31

Avatar JéJé fait son Bagou
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Quiconque ose défier la puissance de Zeus doit être puni ! Tu erreras désormais dans un monde inconnu. Jusqu'au Royaume d'Hadès, vos corps resteront inertes.

DIC, la société de production de Jean Chalopin, signe avec Ulysse 31 une première collaboration fructueuse au succès triomphal entre les studios Français et Nippon (studio Tokyo Movies Shinsha). Le studio revisite à la manière d'un space opéra les nombreuses légendes de la mythologie grecque en resituant l'Odyssée d'Ulysse au 31ème siècle dans l'espace infini cachant en lui l'Olympe des Dieux grecs. Une mise à niveau par la science-fiction fantastique de l'ère spatiale surpassant à tout point de vue l'odyssée originale. L'univers mis en place à travers la légende d'Ulysse 31 est d'une richesse inimaginable, regorgeant d'énormément d'éléments, de références mythologiques grecques, mais aussi biblique, égyptienne... à travers des thèmes souvent matures, avec des métaphores cachées et de la philosophie laissant place à quelques réflexions. Ulysse 31 de par son intelligence, son inspiration, sa richesse, sa technicité et sa générosité est encore aujourd'hui une production qui se démarque des autres dessins animés.

Situé dans l'espace au 31ème siècle, Ulysse, commandant du vaisseau spatial l'Odysseus et coordinateur de la paix, après avoir fêté l'anniversaire de son fils, "Télémaque" (à qui il offre pour cadeau un petit robot rouge du nom de Nono), quitte la station spatiale "Troie" pour la Terre, afin de retrouver sa compagne "Pénélope". En cours de route, Télémaque se fait capturer par les adorateurs du Cyclope, qui veulent le sacrifier à la bête afin de recouvrer la lumière. Sur place, Télémaque rencontre d'autres prisonniers, deux extraterrestres zotrien à la peau bleue : la petite Thémis et son grand frère, Noumaïos. Ulysse accompagné de ses "compagnons", équipage de l'immense Odysseus, parvient à délivrer les prisonniers en tuant par là même avec l'aide de Nono, le fameux Cyclope. Mécontent d'un tel geste, Poséidon fait appel à la fureur de Zeus, qui pour les punir, envoit l'Odysseus dans un trou noir les perdants à l'autre bout de la galaxie, dans l'infinité de l'espace. Tout en accomplissant sa malédiction, Zeus prend soin de plonger les compagnons (dont Noumaïos) dans un sommeil infini les figeant dans les airs, ne laissant plus qu'Ulysse, Télémaque, Thémis, Nono et Shyrka : l'ordinateur central de l'Odysseus, dont Zeus a effacé la mémoire centrale. C'est ainsi que le fameux périple d'Ulysse commence, devant retrouver son chemin à travers l'univers galactique de l'Olympe, dans lequel l'attend de nombreuses de péripéties.

Ulysse en tant que personnage principal (et parmi mes préférés protagonistes tout animes confondu) est un homme plein de ressources. Charismatique, rusé, intelligent, agile, fin tacticien, tireur et bretteur hors pair, armé de sa réplique culte qu'il utilise dans chaque épisode : "Par la grande galaxie !" >>. Une véritable force tranquille possédant un visage se démarquant des héros conventionnels avec sa grosse barbe et ses longs cheveux. Il est vêtu d'une combinaison et d'une cape dans un style vestimentaire mêlant habilement le 31e siècle aux légendes mythologiques, que l'on peut voir changer d'un épisode à un autre, fait rare. Il peut compter sur son jeune fils, le vaillant et intrépide Télémaque, accompagné de son fidèle compagnon Nono qui est le seul élément comique de l'histoire venant un peu dédramatiser le récit lourd en conséquence de cette série. Thémis la jeune Zotrienne de six ans, est également un élément important de cette équipe, en apportant le côté sorcellerie au groupe. Tous ensemble, ils iront jusqu'à la dernière étape du périple : au royaume d'Hadès, proche du mur des glaces galactiques seul chemin pour revenir sur Terre, pour affronter l'ultime épreuve.

Par la grande galaxie !

L'animation est un atout indéniable. Le mélange de styles artistiques français / japonais est une réussite totale. L'identité française amène une histoire occidentale à une animation japonaise sublimée par les exigences du studio tricolore. La série impose au studio japonais de relever le niveau en présentant des dessins avec un soin du détail plus poussé, une gamme de couleurs plus étendues, jusqu'à une plus grande utilisation d'images par seconde afin d'obtenir une animation plus fluide qu'à la normale. Une contrainte que l'on doit à Jean Chalopin qui voulait avec cette série marquée l'histoire de l'animation, chose qu'il réussira magnifiquement à obtenir. Pour ce faire, Chalopin s'est entouré d'une équipe talentueuse à commencer par Nina Wolmark (Les Mondes engloutis) avec qui il écrit la série, Tadao Nagahama (Lady Oscar) et Bernard Dyriès (Les Mystérieuses Cités d'or) à la réalisation, ainsi que d'autres noms tout aussi importants à la conception minutieuse des personnages, ainsi que des décors et des différents vaisseaux.

Un effort de conception poussé jusqu'à l'excellent doublage français, dans lequel on peut compter sur la voix reconnaissable entre mille de Claude Giraud, doubleur habituel de Tommy Lee Jones, pour doubler Ulysse. Il en va de même pour le somptueux travail autour de la composition musicale que l'on doit à Shuki Levy, Haïm Saban... sans oublier Lionel Leroy pour le chant. Ulysse 31 peut ainsi compter sur des chansons ayant marquée toute une génération. Le générique musical d'ouverture est intelligent en proposant durant les premières secondes un récapitulatif des grosses lignes de l'histoire, permettant à celui prenant la série en cours de tout comprendre rapidement.

Jamais répétitif, toujours dans la surprise. Le spectacle proposé à travers cette série de 26 épisodes est d'une générosité formidable. Beaucoup de choses sont présentées à travers des décors en constant changement via différentes planètes et vaisseaux visités, conférant une structure surréaliste fascinante. On découvre des lieux improbables, d'une inventivité étonnante, comme avec : le domaine du temps de Chronos, le labyrinthe du Minotaure, la planète des jeux... Entre chaque épisode les intrigues changent, mettant à l'honneur l'aventure, l'effet de découverte, le suspens, jusqu'aux scènes d'action qui ne manquent pas de tonus, ni d'originalité. On retrouve dans les actions un mélange de magie et de science collant merveilleusement avec le propos du récit. Combat à l'épée, sorcelleries, pistolets laser, ou encore sabres laser... on est bien fournis. La fluidité des mouvements dans les combats est encore aujourd'hui très efficace. Il en va de même pour les différents personnages rencontrés qui sont toujours intéressants, appartenant à diverses figures mythologiques surtout grecques et même bibliques. Les antagonistes valent le coup.

CONCLUSION :

Ulysse 31 est une grande odyssée qu'on aimerait ne jamais quitter, racontant la mythologie grecque à la manière d'un opéra spatial dans un genre science-fiction fantastique offrant de larges perspectives à son univers. D'une richesse absolue, n'ayant nullement à rougir devant l'oeuvre de George Lucas : "Star Wars". Cette série prouve à quel point les mythes et autres légendes sont intemporels et peuvent se conjuguer à merveille avec d'autres éléments extérieurs, pour peu que l'on soit inspiré. Encore une autre preuve du talent français, que l'on doit avant tout au génie de Jean Chalopin, qui aura cru jusqu'au bout en son projet qui sera devenu un des plus grands phénomènes de sa génération.

Ulysse 31 est certainement parmi les meilleurs des meilleurs.

Face au mal, face au bien. Avec son cœur, avec ses mains
Uly_sse
Guidé par la paix, la vérité
Ulysse
Même les dieux ne pourront t'arrêter
Ulysse
D'univers en galaxies
Tu erres, tu erres à la recherche de la Terre
Je suis Nono, le petit robot, l'ami d'Ulysse
Je suis Nono, le petit robot, l'ami d'Ulysse
Ulysse
Guidé par la paix, la vérité
Ulysse
Même les dieux ne pourront t'arrêter

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