Proies, prédateurs et justiciers

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Une enquête épuisante, telle une ronde infernale et nous voici coincés entre 2008 et 2011. Des victimes qui sortent avec fracas de l'ombre glauque des "statistiques", un violeur impitoyable, une justice bancale qui s'étouffe sous les dossiers, et deux inspectrices qui mettent en commun leurs équipes respectives et leurs différences fondamentales pour avancer.
Beaucoup de kilomètres parcourus, beaucoup de paperasses lues, relues, épinglées, retirées. beaucoup de frustrations pour de maigres résultats. Et pourtant, c'est la hargne d'une poignée de flics persévérants qui nous permet d'avancer, même en ramant énormément.
L'ultime cauchemar, que le tempo très original de cette mini série nous permet de voir, de scruter même : 2008 et l'univers déjà terrifiant de la jeune Marie Adler qui s'effrite encore plus avec le viol qu'elle subit et la défiance de ceux qui devaient la soutenir et, en parallèle, l'enquête fragile de Karen Duvall, jeune inspectrice dont l'idéalisme commence à fondre et Grace Rasmussen ex des stup, ex infiltrée, dure à cuire mais au cœur saignant.
Des actrices au top : Merritt Wever, Toni Collette, Kaitlyn Dever, des acteurs aux rôles sobres et pour certains difficile, comme celui qui incarne l'inspecteur Parker, Eric Lange.
Oui, c'est une réussite que ce long métrage découpé en 8 épisodes compacts. C'est rude et cru, c'est concis et pointilleux, c'est aussi d'une grande cruauté, celle que seuls les humains sont capables d'infliger.
On apprend beaucoup, surtout que, même si "le diable se cache dans les détails" ceux-ci peuvent vous sauver la mise, et qu'il y a dans l'âme humaine des trésors de résiliences.
C'est une excellente production de Netflix, dans la lignée de "Perfume", "Minhunter" ou encore "American crime story : The assassination of Gianni Versace".
A voir !

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