Parler de l'Impensable

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Avatar Raphaële Martinat
Critique publiée par le

Marie, une gamine à problèmes, se fait un jour violer chez elle en pleine nuit par un inconnu qui disparaît sans laisser de traces. Lorsqu’elle porte plainte à la police, trop d’incohérences font qu’on ne la croit pas. De désespoir, elle avoue avoir tout inventer et on passe à autre chose. Sauf que, le problème est que Marie n’a rien inventé et qu’un violeur en série sévit bien. Quelque chose que, quatre ans plus tard, les inspectrices Karen Duvall et Grace Rasmussen vont découvrir à leurs dépends.

Comment parler de viol ? Comment expliquer le problème que notre société a avec le viol ? Comment expliquer qu’une femme a très peu de chances d’être crue, de voir son agresseur arrêter, aller jusqu’à un tribunal et être jeté pour une durée raisonnable en prison (ne parlons pas des hommes violés parce que c’est encore plus problématique) ?
C’est ce défi que se lance cette série et qu’elle réussit haut la main. Parler des dégâts traumatiques que l’événement cause, en plus des efforts surhumains que deux policières font pour retrouver et arrêter cet homme, au travers d’une histoire vraie n’était pas facile mais la série réussit à être juste grâce à deux choses : l’humain et le non-jugement.
Nous sommes en permanence en train d’analyser le comportement des personnages pour ce qu’ils sont : des êtres humains. Les deux policiers qui ne la croient pas ne sont pas des connards misogynes, par exemple, mais juste deux honnêtes personnes qui essayent de faire au mieux leur boulot et qui merdent un moment lamentablement. Tandis que Duvall et Rasmussen ont exactement le même comportement mais n’échouent pas car, en plus de savoir que ce violeur a sévi une vingtaine de fois et qu’il ne s’arrêtera pas, elles ont à cœur d’aider leurs victimes à se reconstruire. Dans les deux cas, la conséquence est totalement différente mais ils ont fait le même boulot avec les mêmes capacités et pourtant, on va se souvenir de l’erreur des deux premiers plus que du succès des deux autres. Pourquoi ? Parce qu’elle est cruellement commune.
Néanmoins, nous ne sommes jamais dans le jugement parce que la caméra va toujours garder ses distances, aussi bien dans le traitement des victimes que celui des coupables. Nous avons toujours un regard neutre sur ce que nous voyons et ce, alors que plus d’une fois, la situation peut être tellement atroce que nous avons envie d’aller se défouler les nerfs sur quelqu’un.
Franchement, j’ai très peu de choses à dire sur cette mini-série : seulement, si vous voulez un jour parler de viol, peu importe sur quel support (audio, vidéo, manuscrit, etc.), allez voir cette série. Elle vous donnera certainement le bon angle d’attaque pour traiter ce sujet avec justesse, malgré toute l’horreur.

Ps : par compte, à déconseiller aux âmes sensibles ou aux victimes de viol… l’histoire vraie est assez dure pour que vous fassiez une rechute.

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