Sarah Palin : Objectif Lune

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V. pèche à la fois par une écriture confinant à l'inanité et par un message politique aussi subtil qu'une Sarah Palin chassant le caribou depuis un hélicoptère.

À prime abord, V. propose un thème passionnant et intarissable de la science fiction : la rencontre avec l'altérité. L'arrivée d'une puissance extra-terrestre, d'apparence bienveillante, semblable aux humains, appelle ontologiquement, ne serait-ce qu'en filigrane, un traitement politique. Il permet d'offrir, par exemple, une parabole du bon gouvernement, du Contrat, du totalitarisme, de la propagande, la colonisation, ou que sais-je encore tant qu'on enfonce des rangers dans la coin de la gueule de salopards d'aliens.

Les scénaristes ont choisi de donner dans le pamphlet conservateur anti-ObamaCare grossièrement déguisé, reprenant les dernières tendances du moment :
- "le universal health care c'est le contrôle de vos vies" rabâché épisode après épisode. Rappelle furieusement les polémiques paranoïaques des vaccins contre la grippe A aux USA, et les Obama Death Panels, bureaucrates qui allaient débrancher votre mémés, imaginés par Sarah Palin.
- "les mainstream medias vous manipulent" Ah en voilà un sujet intéressant, mais traité uniquement à travers les expressions faciales de Chad Decker, journaliste on ne peut plus manichéen.
- Les pauvres sont pauvres parce qu'ils manquent de volonté. Crédo libertarien exprimé par le même Decker : "mais c'est quoi ce programme de résidence des humains a bord du vaisseau-amiral, vous voulez aider des ratés à s'en sortir mais pourquoi ?"
- Waterboarding mon amour. Chers scénaristes, pas besoin de nous faire deux épisodes pour nous expliquer que la torture c'est bien, 24h chrono nous a tout très bien expliqué en 8 saisons.
Ah et j'oubliais. Le seul noir de la série ? C'est en fait un alien.

Venons-en aux principaux protagonistes, tous des caricatures de la "vraie amérique" : un prêtre forcément ex-militaire, une agent blonde du FBI, un bon père de Staten Island, seul quartier de NYC non dévoré par les gauchistes et un mercenaire sous-bauer...
La faiblesse de l'écriture s'impose à nous dans ces trop nombreuses introductions d'épisodes où nos pieds nickelés se retrouvent dans le sous sol de l'Église. Le but ? Débattre de leurs missions auto-assignées. Chacun finit la phrase de l'autre, à grand renfort d'hochements de tête et de gros-plans. Petit trublion préposé, l'ex-SAS marmonnera une remarque cynique et ses camarades fronceront les sourcils en expédiant deux-trois lignes de morale, cut, jump cut, la mission commence.

Après on s'en fout, généralement leurs missions n'ont aucune incidence sur l'intrigue globale, mais ça meuble l'épisode.

D'ailleurs. Quelle intrigue globale ?

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