Le chef d'oeuvre râté...

Avis sur W: Two Worlds

Avatar Zadie Dramagazine
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Le paradoxe qu'il réside dans mon titre est le même paradoxe qu'il existe dans le drama des deux mondes parallèles: un drama original qui en plus de flinguer des personnages au sens propre, se flingue sa fin.

On peut saluer les performances de Lee Jong Suk (Pinocchio, School 2013, Secret Garden, I Hear Your Voice...) et de Han Hyo Ju qui ont rendu la fin du drama plus plaisante à lire et puis on voulait vraiment savoir jusqu'où le scénariste oserait aller... Mais commençons comme il se doit par le début.

W début comme tous les dramas avec ces ingrédients qu'on connait bien: le riche arrogant d'un côté et la fille qui galère dans sa vie et qui est plus humaine de l'autre côté. Cependant parler de "côté n'est pas anodin dans W puisque le scénariste nous surprend avec deux mondes. Par chance, nous avons échappé au fantastique ou au concept intergalactique à la Star Wars ou à "Mon amour venu des étoiles" C'est donc bien deux mondes qu'on connait au sens où il n'y a pas d'extraterrestres et pas de pouvoirs magiques et ce qui fait la rareté de ce drama c'est que ce deuxième monde ne se trouve pas dans une autre dimension classique et inconnue mais dans une BD ! Il y a donc une certaine mise en abîme car nos deux protagonistes jouent pour l'un, un être humain et pour l'autre encore un personnage fictif ! Du moins c'est ce que l'on croit au début...

Les premiers épisodes regorgent de surprises puisque cette situation de passages entre IRL (in real life) et BD est inédite d'autant plus qu'on ne comprend pas encore avant environ 7-8 épisodes certains codes de ces passages et créations de situations. On trépigne alors facilement d'impatience entre chaque épisode et on stresse pour la vie des personnages puisqu'il y a un fond de thriller. Nous croyons tous que cela va se poursuivre en thriller mais finalement il y a encore un rebondissement et de taille...

Le côté surréaliste de la série est la création de personnages et situations par le dessin avec différents facteurs de créations. Cela est bien assimilé mais arrive alors LA surprise qui nous laisse sur le popotin: le "méchant" de l'histoire existe bien dans la BD mais pas dans l'esprit du dessinateur. Comme il n'a pas de visage, on ne peut pas faire évoluer l'histoire dans un certain sens. Notre première réaction en tant que spectateurs est "ô joie, c'est intelligent le coup de la panne du dessinateur qui n'a jamais vu plus loin et n'a pas donné de visage au méchant. Le personnage de Kang Cheol est plus souvent IRL que dans la BD, il rencontre le dessinateur et devient aussi frustré que nous à cette annonce. Et la suite alors? On jette alors un oeil au nombre d'épisode où nous sommes et on se dit que ça sent pas bon pour la suite... Hé oui, un bon thriller , connaître le véritable coupable de la mort des parents de Kang Cheol , nous aussi on voulait savoir! Nous aussi nous sommes frustrés!!!
On laisse toutefois sa chance au scénariste et on poursuit la série. Commence alors le jeu des paramètres pour savoir comment passer d'un monde à l'autre, la protection à tout prix de la demoiselle en détresse contre le méchant sans visage qu'on arrive pas à combattre CAR il n'a pas de visage justement et puis... et puis ça part en vrille. Le souci n'est pas seulement que le scénariste ait assumé son choix de faux thriller jusqu'au bout mais qu'il ait cassé tout le rythme. Dans les derniers épisodes, il arrive à vous faire croire pas une, pas deux mais trois fois que c'est la fin de la série. Bien entendu, quand vous connaissez d'avance le nombre total des épisodes vous n'êtes pas naïfs et vous vous demandez comment ils vont continuer sur 4-5 épisodes sans méchant à combattre. Mais il revient encore et encore et puis un autre semi méchant arrive et le paramètre du Temps s'immisce dans ce méli-mélo de problèmes.
Les gros soucis sont donc d'une part:
- avoir cassé le rythme
- et d'autre part, avoir passé plus de la moitié du drama à tenter de comprendre comment le passage u monde IRL à celui de la BD fonctionnait, à tenter de comprendre si seul le dessinateur avait une influence sur tout cela ou s'il résidait encore une sorte de force toute-puissante qui conditionnait cela.
Kang Cheol petit génie de la BD ET de la série (quel chanceux!) arrive à trouver plusieurs paramètres d'influence dont un qui est ses propres pensées... à partir de là, c'est le drame ! On sent vraiment que vers la fin, le scénariste ne savait plus comment conclure ni quoi choisir en facteurs de passage pour ne pas bloquer nos protagonistes.
Partons du postulat montré dans le drama que toute pensée pseudo forte d'un personnage de la BD peut l'amener dans le monde réel. Pourquoi ce phénomène ne s'est-il pas produit plus souvent avec certains personnages? Cela aurait été en plus assez drôle.
Autre postulat du facteur du dessin: le dessinateur est le dieu pour tous les personnages sauf pour Kang Cheol qui trouve une sorte d'autonomie et de conscience IRL qui ne font plus de lui un personnage prédéstiné. MAIS... vers la fin, non seulement les protagonistes sont tantôt mis en danger tantôt sauvés in extremis pour faire peur aux dramaddicts et mettre un peu d'adrénaline dans nos sangs mais en plus les protagonistes vont comme des idiots face au danger pour sauver leurs amis (je pense aux deux derniers épisodes où Kang Cheol va vers le procureur pour sauver son ami sans plan...) alors que le dessinateur (le père pas la chérie) aurait pu tout orchestrer et limite dessiner une armée entière pour venir en aide à Kang Cheol et éliminer le procureur.
Enfin, il était évident depuis que le père dessinateur avait donné son visage au méchant qu'il devrait mourir pour éliminer définitivement le méchant mais alors pourquoi ne pas faire mourir IRL le père lorsqu'on a tué dans la BD le méchant?... Ou bien encore à la fin, pourquoi le père disparaît de la BD plutôt que de se tuer ou se faire tuer par le procureur par exemple afin de donner une fin heureuse aux autres protagonistes que sont sa fille et Kang Cheol?

J'oubliais également que le drama aurait eu un 10/10 si en toute logique suivant les éléments offerts par le drama, Kang Cheol n'avait pu survivre IRL et si le père avait juste fini prisonnier de la série car il était déjà prisonnier de la BD même IRL de manière psychologique.

Ce drama possède donc à partir du milieu-fin trop d'incohérences qui perdent les fans qui tentaient réellement de percer le mystère de la BD et du pseudo thriller de la série et surtout le drama perd en rythme ce qui casse notre envie de poursuivre le drama avec impatience comme au début.

Enfin à noter, et ce qui sauve véritablement le drama dans sa globalité, c'est les sublimes dessins (certes les tablettes et toshop aident mais tout de même!) de type BD qu'on voit dans le drama et que certains sites internet nous offrent. C'est bien fait et cela nous aide à une pleine immersion dans le milieu de la BD dans la série.

W est un drama qui saura ravir ceux qui aiment le suspense, l'originalité car oui on ne trouve pas deux dramas comme lui, ceux qui aiment Lee Jong Suk car ses sourires avec clin d'oeil nous font toujours craquer, ceux qui aiment les bons dramas car globalement on l'apprécie malgré notre grande frustration des dernières épisodes et malgré la grande perte de rythme.

8/10

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