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Le Harry Potter du Marvel Cinematic Universe



WandaVision, aussi étonnant que cela puisse paraître, oui: c'est le Harry Potter du MCU. Que demander de plus pour s'en convaincre ?

Une apprentie sorcière dans un village type Privet Drive qui apprend qu'elle est une sorcière, entourée de fantômes, affrontant une Maîtresse des Ténèbres, le tout dans un énorme dôme de protection. Une sorcière qui découvre qu'elle est l'Élue du Monde des Sorciers. Que demander de plus pour s'en convaincre ?


Peut-être les 7 étapes du deuil qui, pour certains exégètes Potterhead, constituent les 7 tomes de la collection originelle ?

Qu'à cela ne tienne: même si WandaVision se divise en 9 épisodes, les 7 étapes sont tout à fait présentes, repérables et chronologiquement respectées. Le choc du premier épisode, le déni des pouvoirs magiques du second (intitulé d'ailleurs "Ne zappez pas !", la colère qui se manifeste autant tue dans l'épisode 3, où l'on passe à la couleur, qu'elle ne grimpe, grimpe, grimpe dans les épisodes suivants pour éclater superbement, bien rouge, en fin d'épisode 6. Puis l'acceptation quand il s'agit de "Briser le 4e mur", la tristesse dans la rétrospection qui suit, la résilience et la reconstruction - même temporaire - dans les deux derniers épisodes.


WandaVision est donc un conte de sorcières qui traite du deuil, comme Harry Potter.
D'ailleurs, Wanda n'affronte-t-elle pas le mauve du deuil pour devenir rouge comme la défloraison symbolique d'un nouvel état de vie ?


Deuil ou Hommage du Passé ?



Mais Wandavision, c'est avant tout un hommage à la télévision !
Pastiches excellents des fifties à nos jours dans lesquels se glissent d'étranges éléments trop actuels: du Dick Van Dike's Show à la téléréalité en passant par Ma Sorcière Bien-aimée, Santa Barbara ou F.R.I.E.N.D.S et peut-être un générique inspiré de Big Bang Theory, des décennies revivent nostalgiquement devant nos mirettes émerveillées ! Mais des intrus du présent s'y glissent pour mieux conduire jusqu'à un final libérateur qui propose au spectateur de s'émanciper d'une reconstitution très orientée et souvent fallacieuse du passé pour renouer avec ses souvenirs ou ceux de ses anciens, plus authentiques.

C'est ce qu'incarne à la perfection le face-à-face des deux Vision dans le final, lorsqu'ils évoquent l'expérience de pensée du bateau de Thésée et qu'ils y répondent - sans doute sans le savoir - par le livre intérieur des sensations proustien. Ce n'est pas le nouvel homme ou l'ancien qui font l'homme mais ses souvenirs les plus intimes. Vision libère ainsi l'autre Vision tiré de son exosquelette en le défaisant de la puce qui bridait ses souvenirs. Tout comme Wanda libère de son emprise la population de New East Coast.


Mais concernant Wanda, c'est une tout autre histoire:


Bewitched: Wanda redevient Scarlett Witch !



Car l'être qui se libère le plus dans cette histoire, c'est bien Wanda. Elle incarne la Libération: libération du deuil, libération de l'imaginaire, libération d'un plaisir vintage et, avant tout, justifiant le titre: libération des relations entre les sexes !
Libération des relations entre les sexes, enfermés dans la lutte Metoo vs masculinisme. Émancipation d'une nouvelle dictature idéologique moderne pour rappeler ce que le politique et les lobbies cherchent à nous faire oublier: c'est qu'on est bien à deux. Le sigle de la série: deux anneaux de mariage l'un dans l'autre, ne formant plus qu'un. Wanda/Vision comme un couple fusionnel que rien ne pourra séparer, pas même la vilaine autre sorcière.
Car il y a deux sorcières dans cette histoire: la mauvaise qui tire son pouvoir des autres sorcières qu'elle tue et asservit, parfaite incarnation du féminisme fanatique qui entend apprendre aux femmes ce qu'elles doivent être et la bonne sorcière, Wanda, qui crée un monde pour ramener ses êtres aimés perdus et fonder une famille. Comment ne pas lire dans l'affrontement des deux sorcières où chacune obtient ses pleins pouvoirs sous la protection de ses runes personnelles un appel fait aux femmes à se soustraire aux diktats et du prêt-à-penser de MeToo ou Balance ton porc pour rechercher son propre code de vie ?
Un appel au couple présent dans l'ensemble des génériques pastichés, excepté celui qui démarre au moment où la méchante sorcière triomphe. Un appel à l'union, à l'amour contre toutes les atteintes du SJW.

Mais surtout, le titre résonnant comme télévision, la série jouant beaucoup sur les pastiches des années 50-60's, un appel à retrouver notre âme sinon d'enfant du moins de lecteur de comics qui ne courait pas après des héros sur-travaillés dans le détail du design pour donner l'impression du plus grand réalisme possible. Une libération progressive de cette contrainte nolanienne du modernisme: Wanda, d'abord déguisée à la manière d'une adepte du cost-play lors d'un des épisodes finit ré-adopter totalement le look de la Scarlett Witch originale. La libération est alors totale et le cinéma comme on l'aime peut alors enfin renaître sous les huées des chasseurs de réalisme prodiges !

Merci Wanda et Vision pour cette évasion, cette libération. Et pour cette leçon: "Le seul chemin pour l'avenir passe par le passé".

Frenhofer
9
Écrit par

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