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Une belle aventure dans un bordel scénaristique

Cet animé est un concentré de tous les ingrédients propres à l'animation japonaise. Son univers voue un véritable culte aux forces de la nature à l'instar d'un bon nombre de films d'animation du studio Ghibli (La princesse Mononoke et Nausicaä de la vallée du vent notamment). D'ailleurs, le chara-design du personnage de Nakiami comporte deux clins d’œil à ces œuvres : la chevelure rousse et l'appareil volant de Nausicaa et les mêmes motifs peints sur les joues que la princesse Mononoke (motifs également repris dans Naruto chez les personnages du clan Inuzuka).
En plus de cette spiritualité très marquée par le Shintoïsme, l'univers est dominé par la guerre et les enjeux géopolitiques, à quoi il faut rajouter les expériences militaires sur des humains pour s'en servir comme armes de guerre. Tous ces thèmes sont très récurrents dans le monde du manga et ne constituent en aucun cas une originalité pour les habitués de la japanimation.

Pour certaines raisons, cet animé a fait un bide l'année de sa sortie en 2008. Encore aujourd'hui en 2021, le nom de Bônen no Xam'd n'est connu que par une petite minorité de curieux et de passionnés de l'animation japonaise. Et pour cause : je suis convaincu que cette œuvre est bien trop "japonaise" dans son identité pour espérer plaire à un large public occidental. A la différence d'un Akira ou d'un Nausicaä de la vallée du vent qui sont connus en Occident, Bônen no Xam'd n'est pas un film mais une série d'animation, et cela change beaucoup de choses. Car le scénario d'une série de 26 épisodes se doit d'être mieux construit et mieux équilibré que celui d'un film de deux heures.
Là est le principal problème de la série : Une multitude de personnages trop peu développés pour s'attacher à eux et des éléments narratifs à foison qui s'agencent n'importe comment au fil des épisodes. Cela donne un beau bordel scénaristique qui se veut complexe, mais qui en réalité ne possède aucun fil conducteur qui mettrait un peu d'ordre dans la structure de la narration. Un film de deux heures aurait peut-être été un format plus adapté pour l'histoire racontée.

En somme, les bonnes idées sont là mais personne à la production n'a vraisemblablement su donner une cohérence narrative à cette œuvre. Le spectateur est complètement largué dans cet univers et très très peu d'informations viendront l'aider à sa compréhension. C'est un parti pris intéressant de ne pas prendre le spectateur par la main et de le laisser comprendre par lui-même ce qu'il regarde. Mais à condition que ce qu'il regarde ait un sens, que l'histoire qu'il suit ait une cohérence. Ici, on patauge dans un miasme narratif où les questions du spectateur ne trouveront bien souvent aucune réponse à la fin. Le traitement même des concepts principaux de la série est bâclé : Nous ne serons jamais ce que sont véritablement ces fameux Xam'd, ni leur rôle, ni les raisons pour lesquelles ils sont propagés de manière aléatoire dans différents humains. Tout cela est très confus, et ceux qui croient avoir des réponses n'ont en fait bien souvent que des interprétations personnelles. Il en est de même pour ce mystérieux rite sacrificiel qui occupe toute la seconde moitié de la série et dont les enjeux qui tournent autour sont bien flous.
Sans compter que le rythme de la série est très lent. L'histoire avance avec une telle lenteur que nous avons l'impression qu'elle aurait facilement pu être contenue dans deux fois moins d'épisodes. Et cela est inexcusable quand on constate la pauvreté narrative de l’œuvre.

En fait, il est possible d'identifier deux types de lecteurs : ceux qui accordent une grande importance à l'histoire et à sa cohérence, et ceux qui accordent davantage d'importance à l'ambiance et à la richesse de l'univers proposé. Bônen no Xam'd satisfera certainement les gens de la dernière catégorie, cela grâce à ses musiques et à son identité visuelle qui réussissent plutôt bien à dépayser et à faire voyager le spectateur. En revanche, pour ceux qui préfèrent les histoires travaillées qui mettent en scène des personnages développés dans un univers cohérent, passez votre chemin !

Henzo
4
Écrit par

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