The Dark Side of the Little Star

Avis sur Your Lie in April

Avatar Mister Paradoxe
Critique publiée par le

Si il est bien un thème dont les mangas et les animes raffolent, il s'agit bel et bien de la musique. Surtout les seconds car avouons le, on a beau y mettre les plus belles formes, il est difficile de faire ressentir la beauté de la musique sur un format papier. C'est donc sans connaître le moindre petit aspect de Shigatsu Wa Kimi no Uso que je démarre le premier épisode. C'est alors que plusieurs éléments me frappent dès les premières secondes: la beauté du dessin. Rien que l'opening est d'une classe inouïe (tout comme la somptueuse composition Hikaru Nara de Goose House qui s'inscrit sans problème dans leTop 20 de mes opening préférés). Chaque plan est une véritable claque pour les mirettes, dégueulant littéralement de détails et de couleurs chatoyantes. Comme quoi même dans une histoire prenant place dans un univers réaliste, le studio A-1 Pictures (Ao no Exorcist, Sword Art Online, Shinsekai Yori) sait nous éblouir visuellement. De plus, les plans numériques ont la gentillesse de se faire assez discret.
Deuxièmement, le choix des morceaux de classique sont plus judicieux les uns que les autres. Bon ne vous attendez pas à des compositeurs contemporains, ici, la quasi totalité de la BO est issue des œuvres respectives de Chopin, Beethoven ou Mozart. L'entrée en matière sur le mouvement Presto Agitato de la Sonate au Clair de Lune est simplement effarante. Le décor est posé. L'ambiance est dantesque.
Et le protagoniste est présenté. Nom: Arima Kosei. Nous découvrons vite que le virtuose que nous avons vu au début de l'épisode s'en est allé.
En effet, soumis à l'enseignement tyrannique de sa mère durant son enfance, l'adolescent a perdu tout amour pour le piano à la suite du décès de cette dernière. Pour autant, pas de tire larme inutiles ou de drame à deux sous. Enfin du drame y'en aura mais plus tard. Et du très puissant. Tout ce que nous voyons est un personnage au mal-être marqué (dont nous découvrirons la source dans des scènes d'une radicalité parfois choquante) mais qui essaye malgré tout de subsister à travers une existence des plus banales malgré de profondes séquelles psychologiques.
Cependant ce train train quotidien est rapidement chamboulé par une rencontre inattendue: celle de Kaori, violoniste au tempérament extravagant, extravertie et extra coléreuse. Nous avons droit au cliché attendu du rapprochement des personnages dont les tempéraments diffèrent radicalement mais il est ici logique de par leur amour pour la musique. Il s'agit bel et bien d'un des atouts majeurs de cette histoire: même lorsqu'elle plonge tête la première dans des thèmes abordés mille fois, elle arrive à remonter à la surface en se démarquant du reste, grâce à beaucoup de fougue et de maturité dans le propos. D'autant qu'il s'agit ici d'une relation complexe de par les sentiments inavoués des deux personnages.
Immédiatement sous le charme de la jeune fille malgré son tempérament hyperactif, Arima se voit forcé de reprendre le piano, pourtant resté jusqu'alors la source de ses démons et ce dans le but de devenir son accompagnateur pour ensuite finir par redevenir le soliste virtuose qu'il était plusieurs années auparavant.
Sur ce thème, l'anime arrive toujours à trouver un parfait équilibre. Si les personnages parcourent souvent des chemins pavés de rêves et d'espoirs, ils sont chaque fois rattrapés par la réalité qu'ils se prennent de plein fouet. Ainsi, la musique est ici présentée à la fois comme le rêve et le cauchemar du protagoniste, pouvant aussi bien devenir sa déchéance que son salut. En y réfléchissant, ce n'est pas un anime basé seulement sur la musique mais sur la vie en général. Et sur tous ses aspects. L'amour, l'amitié, la recherche de soi, les plaisirs simples, la peur, les démons intérieurs...
Ainsi que sur l'adversité qui ici est abordé avec une virtuosité relevant du jamais vu. Ce thème est présenté par le biais des personnages de Aiza et Igawa, les concurrents de toujours d'Arima. Alors qu'ils ont toujours été coincés aux secondes et troisièmes places face au génie de ce dernier, leur volonté n'est pas de le détruire mais au contraire de faire leur la reconnaissance du virtuose qui était autrefois toujours en avance sur eux. Car ici, rivalité n'est pas synonyme d'ennemi. Le désir de chacun étant de montrer le meilleur de lui-même. Ce qui donne d'ailleurs lieu à des séquences musicales proprement ahurissantes. Bénéficiant d'une photographie d'un niveau artistique très travaillé, ces séquences sont à la fois pleine de fureur et d'introspection, donnant lieu à des réflexions d'une grande maturité. Et surprise, malgré leur abondance, elles ne sont jamais redondantes et arrivent toujours à donner des frissons (mention spéciale à la prestation de l'épisode finale, absolument stupéfiante de grandeur et de poésie). Il est rare de voir des œuvres dresser un portrait aussi profond de la musique, présentée ici comme la source et le remède de bien des maux.
Au final, cet anime est tout simplement un portrait magnifique de la jeunesse et une réflexion profonde sur bien des aspects de la vie, aussi durs soit-ils, et ce malgré son apparence un brin naïve
Mais une chose est sûre, qu'on aime le classique ou non, Shigatsu wa Kimi no Uso fait partie des incontournables de la saison. Meilleur anime de l'année ? Personnellement, la question n'a pas lieu d'être !

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