Illustration Cinéphile (2017)

Les meilleurs films de 2017 selon forêt fantôme

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par forêt fantôme est une réponse au sondage Les meilleurs films de 2017
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    Bande-annonce

    Je ne suis pas votre nègre (2016)

    I Am Not Your Negro

    1 h 33 min. Sortie : . Historique et société.

    Documentaire de Raoul Peck avec Samuel L. Jackson, JoeyStarr, James Baldwin

    'Mettre sa nuit au grand jour' J. Cocteau


    Indispensable doc qui analyse le racisme en confrontant la réflexion de James Baldwin, écrivain et activiste, au cinéma américain.

    Un film clair et brillant qui nous rappel que le réel n'est qu'un mot; la réalité a toujours pour structure la fiction. Continuer à travailler sur l'informulé, passer de l'ignorance obscure à la vérité lumineuse, c'est un peu le projet depuis la nuit des temps pour notre espèce. Une vraie dialectique à la star wars, à l'origine platonicienne et par delà bien et mal. Mais ce travail est teinté d'un manichéisme puritain loin de la sagesse de l'antiquité. Le film s'interroge: est-ce qu'on ne rejouerait pas ce duel absurde entre Caucasiens (blanc, pur, donc a fond dans son bon droit ethnocentré, bref on connait ces saloperies de race élue) et Afro, l'incarnation de l'autre, de la difference, de l'inconnu, bref de son double (Diabolo, en latin, ça vous rappelle quelque chose?). Raoul Peck fait un travail de fond captivant en débroussaillant un thème difficile et rebattu en nous tendant le mirroir du cinéma, et c'est un coup de poker réussi. Violence symbolique, domination de classe, analyse de films, sans jamais tomber dans le doc pédago universitaire conçu pour impressionner à peine trois collègues surdiplomés à la Sorbonne, petite plongée dans la mauvaise conscience socio-culturelle fondatrice occidentale.

    Trouver le courage de " Nuire à sa bêtise", comme disait Nietzsche à propos de la philosophie...avec Baldwin aux commandes, on est invité comme rarement à se remettre en question, et à réaliser que nos préjugés les plus dangeureux sont ceux que dont nous n'avons même pas encore conscience nous-même. Ce serait trop facile ma pov lulu.

    Un voyage humaniste passionant, une vraie joie de cinéphile.
  • 2
    Bande-annonce

    Rodin (2017)

    1 h 59 min. Sortie : . Biopic et drame.

    Film de Jacques Doillon avec Vincent Lindon, IZIA, Séverine Caneele

    L'effort d'exister

    Biopic impressionniste, loin des canons laborieux du genre, un grand film minimaliste sur la condition de l'artiste au travail.

    Le regard de Vincent Lindon, totalement incarné dans le rôle du sculpteur, aurait du lui valoir un prix d'interprétation à Cannes. Émouvant et passionnant, l'amour et les doutes de Rodin pour son art sont rendus dans le moindre geste, dans tous les silences, où le regard compact enveloppe le vide, pour faire naître de la matière un peu de vie, masse par masse de petits morceaux de terre glaise.
    On a rarement montré de façon aussi juste le combat épuisant, toujours recommencé, du geste qui cherche, cette danse syncopée de la main et du regards qui font résistance, de l'art qui prend tout et à qui il faut tout redonner avec ardeur comme si c'était la première fois, toujours et encore, même après des années de pratique. Le dialogue recommencé sans cesse du faire et du défaire.
    Il suffit de voir comment Rodin est frappé par la beauté d'un arbre noueux sur les bords de Marne, pour comprendre comment il regarde, comment il écoute un langage secret, lorsqu'il passe une main sur l'écorce. Traversé par une puissance vitale, un souffle le façonne de l'intérieur et lui enseigne comment pétrir la Terre en profondeur. L'illustration infiniment sensible et attentive de Doillon de ce qu'on appelle en philosophie 'persister dans son être' : le conatus. Traduit du latin par "effort", que nous pouvons comprendre comme exercice d'un être d'obéir à sa nature propre. C'est chez Spinoza l'affect fondamental : "l'effort" d'exister, autrement dit de persévérer dans l'être constitue l'essence intime de chaque chose, désirer vivre sa vie.

    Une des sequences les plus émouvantes de l'année, où l'on est frappé par la même tristesse que Rodin devant une pièce superbement mélancolique de Camille Claudel, lors de sa visite de l'exposition de l'amour de sa vie et élève. Interprétée par la dynamique mais très moyennement talentueuse Izia Higelin, vraiment écrasée par notre souvenir d'Adjani dans le rôle on va pas se mentir - mais comme Lindon se charge d'effacer l'immense Depardieu à lui tout seul, on s'en fiche. Claudel n'est déjà alors plus que l'ombre d'elle même, rongée par la paranoia et l'amertume. Abandonnée de tous sauf lui. Sa pièce, dont le mystere de sa composition nous montre deux amants, dont il est impossible de dire s'ils s'aimantent ou se repoussent, représente tout ce que l'amour a de plus beau et douloureux.

    Brut.
  • 3
    Bande-annonce

    Argent amer (2016)

    Ku Qian

    2 h 36 min. Sortie : .

    Documentaire de Wang Bing avec Ling Ling

    Insomnie mondialisée

    De jeunes ruraux quittent leur foyer pour trouver du travail dans un ville dédiée aux ateliers de couture à la chaîne. Wang Bing suit plusieurs de ces chinois qui confectionnent nos vêtements. Au boulot ou pendant leur rare temps libre, il esquisse leurs vies personnelles et leurs conditions de travail sommaire, parfois leur relations sociales ou amoureuse.

    La distance pudique qu'il installe et son sens génial du cadrage permet aux plans séquences d'exprimer la durée des émotions, des tensions, des vécus, en temps réel mais sans temps morts. Sans chercher d'effets de réel documentaire, cet objet échappe aux catégories et se laisse couler dans une atmosphère nocturne jamais reposante, belle et menaçante, chargée des espoirs et des résignations d'une jeunesse qui cherche à vivre mieux que ses parents.
    Ni cinéma à message, ni dérive esthétique errante, seul derrière la caméra et sans équipe technique, tout tient dans le regard effacé mais bienveillant de Bing, sa présence modeste et son empathie, on le sent hésiter, et parfois frémir derrière sa caméra, souple et flottante. Toujours sur le fil. On le sent prêt à poser sa caméra lors d'une sequence de violente dispute de couple, ou à couper lorsqu'il suit un ouvrier qui s'est un peu trop bituré pour oublier que sa fille lui manque et qui casse les couilles à ceux qui bossent. Ça compte les minutes quil reste sur la carte de téléphone pour joindre la famille, ça compte les pièces à l'unité qu'il faudra encore coudre pour payer le billet de train, le coût d'une simple canette de soda, ça compte, ça coud. Jour et nuit.

    Tout le mystère du point de vue d'un artiste, capable de saisir avec force le non dit et partager l'évidence muette de vies fragiles, nues. On sent laisser passer toute l'humanité du cinéaste à travers ces images du rêve économique chinois, ces existences écrasées, et leur dignité. Un morceau de vers de Houellebecq me revient, tiré de sa chanson Présence Humaine, sans que je sache trop pourquoi: "Ils étaient au nombre de douze, leur vie étaient très limitées".

    Vraiment touchant.
  • 4
    Bande-annonce

    The Lost City of Z (2017)

    2 h 21 min. Sortie : . Aventure, biopic, drame et historique.

    Film de James Gray avec Charlie Hunnam, Robert Pattinson, Sienna Miller

    Ceci n'est pas un film d'aventure
    _

    Dans les grands films d'aventures, la nature dévore les hommes. D'Aguirre englouti dans l'Amazonie chez Herzog, à la dérive mentale de Kurtz dans la jungle vietnamienne d'Apocalypse Now de Coppola, ou les hallucinations désertiques du Sorcerer égaré de Friedkin... Le combat contre la nature est celui de l'hubris. En réalité, l'aventurier est-il dévoré par l'enfer vert ou par sa propre folie?

    Film Conradien par excellence (auteur de Au Cœur des Tenèbres, dont est librement adapté Apocalypse Now), chez qui l’aventure se caractérise par la fin des illusions romantiques de jeunesse, cet enchantement prometteur et menteur de l'ailleurs est toujours déçu dans l’épreuve du reel. Le film s'applique à montrer les évènements tels quils sont avec un réalisme tranquille, offrant aux paysages le temps de prendre toute leur démesure, James Gray dessine les contours de la mélancolie de l’aventurier.

    C'est la grande réussite du film, épique et intime, qui représente tous les mouvement qui animent l'aventurier: l'attente est condition de l'espoir, du désir, et enfin, d'agir. Un immense spectacle qui examine courage et renoncements, dont la beauté du récit tient à ses trois actes inattendus, où la représentation de ces tensions n'obéit pas au drame traditionnel, et illustre l'impératif de Beckett 'Échouer, échouer encore, echouer mieux.» . Personne ne reussit tout ce qu’il entreprend, en ce sens nous sommes tous des ratés. Mais la leçon ici est que nous ne sommes pas tous des aventuriers, seul celui poursuit et ordonne ses efforts dans sa vie mérite ce titre. Nous sommes maître commencement de l'aventure, mais pas de sa fin.

    La réalité de l'aventurier est transformée, la nature qui lui resiste le désoriente, ruine sa raison. Seuls deux choix s'imposent à lui avant qu’il ne soit trop tard, revenir au point de départ ou revenir à l'état sauvage. Telle est l'ulltime paradoxe de la survie; moins vivre ou perdre son humanité. S’il n’ya pas d’aventure sans danger de mort, c’est encore le moindre des maux comparés à ceux là. Ne plus risque sa vie, c'est déjà commencer à mourrir. Au début du film, notre héros résume ce danger avec un toast ‘To death,the best source of life'

    Ceci n'est pas un film d'aventure mais un film sur l'aventure.
    Elle n’existe pas. Sauf au cinéma.

    Critique complète https://www.senscritique.com/film/The_Lost_City_of_Z/critique/154891513
  • 5
    Bande-annonce

    Nocturnal Animals (2016)

    1 h 56 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Tom Ford avec Amy Adams, Jake Gyllenhaal, Michael Shannon

    La vengeance est un livre qui se dévore froid


    Une galeriste reçoit le manuscrit du prochain roman de son amour de jeunesse perdu. Alors qu'elle ne se retrouve plus dans ce qu'est devenu sa vie de privilégiée, elle s'enfonce avec fascination dans l'histoire d'une famille qui bascule brutalement dans l'horreur pendant un voyage de nuit sur une autoroute déserte. Le récit du film alterne entre son quotidien et l'illustration de sa lecture inquiète du livre, qui lui est étrangement dédicacé.
    En parallèle, elle se rejoue le fil de sa rupture avec l'auteur, qu'elle n'a pas revu depuis 20 ans.

    Commentaire sur les sources de l'art, l'usure existentielle et l'amour, le script conjugue élégamment une étude de mœurs avec le raffinement grotesque de Sorrentino, et la brutalité aveugle du horror movie à la Délivrance, sur deux niveaux de temporalité.

    Tom Ford surprend en racontant cette histoire de trahison amoureuse avec la précision froide d'un David Fincher et l'obscurité dérangeante Lynchienne, sans jamais succomber au jeu des comparaisons.
    La BO splendide vient roder avec sa ritournelle orchestrale autour d'Amy Adams dans son immense maison de designer, qui semble de plus en plus grande et vide à mesure qu'elle glisse dans la nostalgie coupable.

    Pour certains la tension entre les décors clinique et chic de l'environnement de la protagoniste, limite claustros, et les plaines texanes poussiéreuses pourra sembler trop évident, les allers retours du récit trop redondants, rebutés par le style perfectionniste du réalisateur. Pour les autres, l'atmosphere maitrisée envoutante, les echos entre les trois récits qui se répondent impeccablement, et un casting d'acteurs surdoués apprécieront se laisser emporter dans ce thriller classique, dont les faux semblants désincarnés laisseront un goût amer et bouleversant.

    Mention spéciale pour le doublé de la meilleure ouverture de film 2017 avec ces pompomgirls obèses, strass et paillettes, et le dernier plan sur les beaux yeux d'Amy Adams, dont le regard vous hantera longtemps.

    Un film noir limpide, vénéneux et impitoyable.
  • 6
    Bande-annonce

    Faute d'amour (2017)

    Nelyubov

    2 h 07 min. Sortie : . Drame.

    Film de Andrei Zvyagintsev avec Maryana Spivak, Aleksey Rozin, Matvey Novikov

    Perdre

    C'est l'autre regard de cinéma qui ne s'oubliera pas avant longtemps, avec celui d'Amy Adams dans Nocturnal Animals. Celui de cet enfant, pensif et silencieux. Difficile de parler du film sans dévoiler sa construction, et révéler de quoi gacher toute l'ambiance sur laquelle il repose.

    M'a rappelé ce monologue d'un chef de cartel mexicain, par l'écrivain Cormac McCarthy dans le script du cruellement méconnu The Counselor. J'en mets un tout petit extrait ici de mémoire pour les curieux, mais je ne peux que vous inviter à voir ce film fou pour savourer ce morceau de philosophie en entier :

    'Les actes entraînent des conséquences qui créent de nouveaux mondes. (...) Il ne m'appartient pas de vous dire ce que vous auriez du faire ou ne pas faire. Le monde où vous voulez réparer vos erreurs est different de celui où elles ont été commises. Votre monde n'existe plus, vous ne pouvez rien faire, vous ne pouvez plus qu'acceptez. Vous avez choisit il y a longtemps. '

    Hardcoritude et tragédie du narcissisme occidental.
  • 7
    Bande-annonce

    Laissez bronzer les cadavres (2017)

    1 h 32 min. Sortie : . Gangster et action.

    Film de Hélène Cattet et Bruno Forzani avec Elina Löwensohn, Marine Sainsily, Stephane Ferrara

    Encore une bombe sensuelle ultra léchée par le couple de réalisateur le plus barré du ciné actuel.


    Histoire de braquo musclé, ça va chauffer pour les trois pros du grand banditismes réfugiés chez une artiste hippie recluse, ex star de l'actionisme transgressif des 70s dont les sublimes flashabcks de performances déjantées viendront rythmer le film. Tourné sous le soleil corse dans un décor parfait à la mexicaine de village à l'abandon coupé du monde, le film est en majeure partie un huis à ciel ouvert qui prend ses sources dans le western spaghetti. Le gros plan poisseux sur les visages règne en roi, les jeux de duels de regards montent en tension, ça grimace ferme et ça sent la sueur. Ajouter là dessus le cinéma de Hong Kong avec son découpage d'horloger, façon expérimentale à la Time and Tide de Tsui Hark, qui vient pulvériser nos repères puis les recoller avec un malin plaisir en alternant les points de vues de chaque personnage sur une même situation. Rejouée pour expliquer le théâtre de l'intrigue, on est tenu en tension par un cache cache permanent de surprises hors champ et de révélations à rebours, en gardant le fil des trahisons et des gunfights qui sens suivent. du temps réel par une . Le tout ne va pas sans défaut, comme sur les précédent films des longueurs peuvent sans faire sentir, et le soin apporté au son completement post synchronisé (aucune prise directe sur le tournage!) peut être destabilisant: mais bordel il y a plus d'inventivité et d'amour du cinéma dans 10mn de LBLC que dans 10 films réunit.

    Après deux giallo vertigineux tout en stupeur et tremblement, les deux belges quittent le genre pour s'essayer à un grand écart stylistique, un deux en un, rien que ça.

    On se prend un bon coup de soleil dans les rétines dans ce western psychédélique hallucinogène.
  • 8
    Bande-annonce

    Grave (2017)

    1 h 39 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Film de Julia Ducournau avec Garance Marillier, Ella Rumpf, Rabah Naït Oufella

    Se ronger les ongles

    Le choc gore de l'année, un délire cannibale chargé de sexualité, une satire de la normativité sociale, le passage initiatique à l'âge adulte le plus déviant qu'on puisse figurer.

    Un thème tellement rabaché au ciné, mais ici montré d'une façon tellement simple et directe qu'on est juste perturbé comme dans un film de Cronenberg (le désir cru de Crash). Exactement comme si la sécheresse expeditive de la violence de l'ultime classique Texas Chainsaw Massacre rencontrait l'art du plan séquence pervers de Steve McQueen (souvenez-vous de la scène de pendaison de 12 Years A Slave).

    Survendu par tout le monde, le film n'apporte rien avec son gloubiboulga de psychanalyse pour les nuls gavé de références US du genre et d'intentions bien lourdingues (la séquence clubbing hallu à la fête de l'école, avec les têtes qui pendouilles qui finissent par se déformer par exemple), le film vaut en fait pour quelques fulgurances qui vous feront hurler comme jamais, et je ne parle pas d'une porte qui claquent ou autres effets de jump cut à la con : la séquence d'ouverture dune lenteur peu conformiste pour lancer le rythme, est aussi spectaculaire qu'inattendue, on se dit qu'on va encore s'mmerder au cinéma français et lorsque votre esprit se demande où est le tel pour checker instagram, c'est la douche froide directe. Mais ça y est on est haméconné. Une scène calmera tout le monde, celle ou l'héroïne bascule dans la boulimie pulsionelle après avoir fait l'expérience de l'amour charnel pour la première fois. Julia Ducournau se contente d'un plan fixe hyper neutre, qui s'avance en traveling sans que l'on comprenne vraiment dans un premier temps ce que l'on regarde, l'espace de quelques longues secondes, lorsque soudain... gardons le secret, sachez que c'est un des meilleurs morceau de cinéma de l'année, et pour le cinéma de genre tout court pour être honnête.

    Bref Répulsions de Polanski mais en reverse mode. Pas pour les petites natures, ne pas déguster seul (même mon beauf fan de films d'horreurs à été choqué comme jamais).
  • 9
    Bande-annonce

    Coco (2017)

    1 h 45 min. Sortie : . Animation, aventure, comédie, fantastique et comédie musicale.

    Long-métrage d'animation de Lee Unkrich et Adrian Molina avec Anthony Gonzalez, Gael García Bernal, Benjamin Bratt

    Mi fantasma es tu fantasma


    Que faisons-nous de nos morts? Et que font-ils de nous?

    L'héritage des fantômes, ou comment génération après génération une famille peut être hantée par un secret. Il faudra mener l'enquête jusqu'au royaume des morts, qui n'est autre que celui du passé, pour trouver la vérité et se libérer du cycle de la malédiction tabou. La philogénéalogie ou transmission familial des traumas, expliquée aux enfants.


    Avec ça, une satire de la célébrité pertinente par les temps qui courent, à travers une figure de père mariachi/rockstar à affronter, de ceux qui sont prêt à tout pour l'obtenir même le pire du pire. Et une parabole colorée sur le pouvoir de l'art, ou comment l'amour transcende le temps grâce à la musique. En somme ici, Interstellar meets Grim Fandango.
    A noter aussi en clin d'oeil une bonne scène de poilade avec Frida Khalo, où l'artiste iconique est gentiment tournée en dérision. Et...une chialade finale comme pas possible - façon intro de Up. Oui ils l'ont encore fait.

    Dans Magnolia, le mélo Altmanien de PTA, Danny récite bourré une phrase qui devient le motif du film, un aphorisme qui pourrait s'appliquer au dernier bijou Pixar:
    'Nous en avons fini avec le passé, mais le passé n'en a pas fini avec nous'

  • 10
    Bande-annonce

    Thelma (2017)

    1 h 56 min. Sortie : . Romance, science-fiction et thriller.

    Film de Joachim Trier avec Eili Harboe, Okay Kaya, Ellen Dorrit Petersen

    Immoralité miraculeuse

    Un film sur le déni du désir et ses conséquences mortelles.
    Cette parabole du passage à l'âge adulte, mystérieuse et maladroite, raconte les difficultés d'une adolescente très pieuse à s'autoriser ses pulsions. En tentant de les maîtriser, ou plutot de les censurer, elle déclenchera des phénomènes paranormaux qui feront courir un danger mortel à son encourage.

    Inégal et parfois hésitant dans son propos, le film offre plusieurs fulgurances visuelles lorqu'il bascule dans le fantastique. On aurait aimé un peu plus de séquences transgressives et charnelles dans ce conte norvégien un peu trop conscient de lui même, caution intello oblige afin d'être taillé pour la sélection officielle très select du Festival de Cannes. Plus de folie comme ses cousins danois Windng Refn et VonTrier aurait rendu le film moins plat. Mais sa noirceur froide et dérangeante illumine le dernier tiers du film, qui cristalise comme rarement certaines peurs parentales de façon inattendues et terrifiantes. S'enfonçant lentement vers une résolution oedipienne violente surnaturelle, ce conte saphique parlera à ceux qui n'y chercheront pas une interprétation en béton. Apprendre à accepter le mystère.
    Plus Jung que Freud, Joaquim Trier n'atteint pas les precedents sommets de Oslo 31 Aout et Louder than Bombs, mais réussi à ensorceler grâce à ses jeunes deux actrices, ses sublimes séquences cauchemardesques et une superbe photographie.

    La suite de cette liste ici : https://www.senscritique.com/liste/Toptop_FQFV_2017/1975577