Illustration Cinéphile (2018)

Les meilleurs films de 2018 selon Didon Elyssa

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par Didon Elyssa est une réponse au sondage Les meilleurs films de 2018
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    Bande-annonce

    La Ballade de Buster Scruggs (2018)

    The Ballad of Buster Scruggs

    2 h 12 min. Sortie : . Western, comédie et sketches.

    Film de Joel Coen et Ethan Coen avec Tim Blake Nelson, James Franco, Liam Neeson

    Au gré de six récits tour à tour burlesque, contemplatif, pathétique, épique, fantastique voire métaphysique, se joue malicieusement une abstruse quête de sens, malmenée par les caprices d’un destin moquant tout principe de certitude. Hantés par l’inquiétant memento mori qui sourd au sein de ces diverses vanités, les personnages de "La Ballade de Buster Scruggs" s’échinent ainsi à trouver une voie d’existence honorable au sein de l’Ouest sauvage, avec plus ou moins de succès.
  • 2
    Bande-annonce

    The House That Jack Built (2018)

    2 h 35 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Lars von Trier avec Matt Dillon, Uma Thurman, Siobhan Fallon Hogan

    Séances de cinéma (1 salle)
    Du rire sardonique à l’horreur pure, le réalisateur danois dresse en somme, comme en atteste explicitement une multitude d’autocitations en fin de long-métrage, un terrible et sublime état des lieux de sa manière capricante. Aux confins du chef-d'oeuvre, cette ambitieuse confession artistique, relativement sincère dans sa démarche, sans compromission et sans flagornerie excessive eu égard à l’importance de puissants détracteurs, se montre malheureusement parfois bavarde et démonstrative dans son déroulement – comme si effrayé de n’être pas ultimement compris par l’image, Lars von Trier livrait un mode d’emploi à la sagacité du spectateur. Chat échaudé…
  • 3
    Bande-annonce

    Roma (2018)

    2 h 15 min. Sortie : . Drame.

    Film de Alfonso Cuarón avec Yalitza Aparicio, Marina de Tavira, Diego Cortina Autrey

    "Roma" est assurément réalisé, photographié et monté magistralement par Alfonso Cuarón, dans un somptueux noir et blanc artistique, selon de vertigineux travellings, plans d’ensemble, compositions au cordeau et autres fresques fourmillant de détails, qui terrassent sans coup férir l’ordinaire des productions proposées jusqu’alors à la télévision.

    Cependant, eu égard en définitive à la ténuité du récit proposé et des enjeux narratifs et thématiques proposés par l'odyssée intime de la servante indigène Cléo, cette indéniable maîtrise plastique semble parfois froide, gratuite et pompière, comme si de grandes séquences ou de jolis plans avaient été semés avant tout pour l’œil.
  • 4
    Bande-annonce

    Une affaire de famille (2018)

    Manbiki Kazoku

    2 h 01 min. Sortie : . Drame.

    Film de Hirokazu Kore-eda avec Lily Franky, Sakura Andô, Mayu Matsuoka

    Hirokazu Kore-eda poursuit sa patiente autopsie des structures familiales nippones ainsi que son exploration amoureuse des marginaux du Japon de l’endroit. Selon un brouillage constant savamment orchestré, l’amoralisme du clan Shibata revêt des allures de paradis perdu au regard d’un système social et médiatique offensif. Quitte à préférer, et c’est toute la moralité malicieuse interrogée par "Une affaire de famille", des proches d’élection plutôt que les liens du sang.
  • 5
    Bande-annonce

    3 Billboards, les panneaux de la vengeance (2018)

    Three Billboards Outside Ebbing, Missouri

    1 h 56 min. Sortie : . Comédie, policier et drame.

    Film de Martin McDonagh avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell

    Figurant les trois dernières stations sur le chemin de croix d’un shérif messianique, les panneaux de Mildred convient à un road trip aussi mystique que statique dans la bourgade d’Ebbing. Et parce que le temps a été pris, parce que les portraits sont nuancés, parce que le message apaisé évacue toute hystérie, l’émotion point franchement lorsque Amy Annelle entonne "Buckskin Stallion Blues" dans une splendide séquence finale, ne délivrant aucune réponse figée : "Are you sure about this ?... Not really. I guess we can decide along the way." Comme quoi, les voies de la foi sont multiples et impénétrables…
  • 6
    Bande-annonce

    Jusqu'à la garde (2018)

    1 h 33 min. Sortie : . Drame.

    Film de Xavier Legrand avec Léa Drucker, Denis Ménochet, Thomas Gioria

    Pour son premier long-métrage, Xavier Legrand réalise l’incroyable tour de force de révolutionner les assises mêmes du mélodrame familial français, en laissant une atmosphère d’angoisse pure infiltrer et imprégner la trivialité du quotidien. S’inscrivant dans la lignée des encourageantes expérimentations tricolores dans le cinéma de genre, les intégrant et les dépassant en somme, "Jusqu’à la garde" mérite amplement son Lion d’Argent et son César du meilleur film.
  • 7
    Bande-annonce

    Dogman (2018)

    1 h 39 min. Sortie : . Drame et policier.

    Film de Matteo Garrone avec Marcello Fonte, Edoardo Pesce, Alida Baldari Calabria

    Dans le purgatoire angoissant d’une cité balnéaire italienne dépeuplée, un Pierrot lunaire baguenaude sa gentillesse inutile en bandoulière. C’est tout le drame de l’Italie contemporaine qui se joue dans ce microcosme en vase clos, au gré d’une fable opposant un naïf toiletteur pour chiens à la violence démesurée et absurde d’un malfrat invincible. Matteo Garrone n’offre aucune échappatoire dans une réalisation resserrée et maîtrisée, entre réalisme social cru, conte de fées pour adultes et chemin de croix mystique.
  • 8
    Bande-annonce

    Au poste ! (2018)

    1 h 13 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Quentin Dupieux (Mr. Oizo) avec Benoît Poelvoorde, Grégoire Ludig, Marc Fraize

    Sous couvert d’une pochade légèrement absurde, l’ubuesque Quentin Dupieux offre avec "Au poste !" un bréviaire efficacement troussé d’illusion cinématographique. Sur le rythme millimétré exigé par une comédie en huis-clos, le réalisateur français brode avec doigté un brouillamini de strates langagières, narratives, visuelles et sonores déroutant à dessein le spectateur de chausse-trappes en trompe-l’œil, l’extirpant de son confort réceptif dans un inattendu constant.
  • 9
    Bande-annonce

    The Rider (2018)

    1 h 44 min. Sortie : . Drame.

    Film de Chloé Zhao avec Brady Jandreau, Tim Jandreau, Lilly Jandreau

    Au sein des badlands du Dakota du Sud, photographiés avec une grâce singulièrement nouvelle, Chloé Zhao sonne le chant du cygne d’un western conquérant. Des êtres blessés, mis au ban de l’intensité des rodéos échevelés et vivant de manière précaire, doivent réapprendre leur être au monde en écoutant autrement leur nature et la Nature. Bien éloigné des outrances formalistes et maniérées d’un Terrence Malick, "The Rider" prend le temps, tout en retenue et pudeur, de voir et d’écouter les grands espaces américains.
  • 10
    Bande-annonce

    Ghostland (2018)

    Incident in a Ghost Land

    1 h 31 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Film de Pascal Laugier avec Crystal Reed, Emilia Jones, Taylor Hickson

    À l’art de la suggestion et de l’apparition, Laugier ajoute ici une mélopée poétique, qui chante nostalgiquement la perte de la mère et le refus de grandir, loin de ce cocon protecteur, dans un monde barbare. La surprise créée par "Grave" l’année précédente ne serait donc pas isolée : un véritable cinéma de genre français commence à émerger, sans prétention, sans boursouflures, dans le plus digne héritage qui soit.
  • 11
    Bande-annonce

    Avengers : Infinity War (2018)

    2 h 29 min. Sortie : . Action, aventure, fantasy et science-fiction.

    Film de Anthony Russo et Joe Russo avec Robert Downey Jr., Chris Hemsworth, Chris Evans

    "Avengers : Infinity War" déroule une ouverture poussive d’environ une heure, exhibant au tambour battant des retrouvailles une galerie pléthorique de superhéros aux mines impavides, avant d’associer ceux-ci en groupes faussement rivaux au gré de petites saynètes isolées et raccordées à la vanvole, le tout ponctué d’un humour potache faussement pince-sans-rire et très premier degré qui plaît tant aux Américains - ce premier constat pourrait s’étendre au Marvel Comic Universe dans son ensemble.

    Cependant, ce dix-neuvième épisode (déjà !) fourmille de bonnes idées et balbutie un peu de cinéma : un véritable villain, Thanos, aux intentions moins manichéennes que nous pourrions le croire (un malthusianisme pour le moins radical, à l’échelle de l’univers, pour lutter contre la surpopulation et les désastres écologiques) ; un space opera ludique, genre dont les vertus avaient été retrouvées dans le premier "Gardiens de la Galaxie", très présents ici ; un finale crépusculaire après la bataille épique du Wakanda, les êtres de papier se dissolvant en poussière sous la faux du hasard – une jolie trouvaille visuelle beaucoup trop rare dans la franchise.

    Un souvenir et presque une émotion persistent ainsi après la projection de ce Marvel, et non comme à l’ordinaire une accumulation de poncifs cinématographiques invitant à l’amnésie.
  • 12
    Bande-annonce

    Amanda (2018)

    1 h 47 min. Sortie : . Drame.

    Film de Mikhaël Hers avec Vincent Lacoste, Isaure Multrier, Stacy Martin

    "Amanda", troisième long-métrage du réalisateur français Mikhaël Hers, se distingue par son tact poétique, son sens quasi constant de la nuance et de la retenue, recouvrant d’un voile résolument pudique les blessures du deuil.
  • 13
    Bande-annonce

    Ready Player One (2018)

    2 h 20 min. Sortie : . Action, aventure et science-fiction.

    Film de Steven Spielberg avec Tye Sheridan, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn

    La myriade de références à la pop culture constitue moins le geste superfétatoire des films de Tarantino, nappage dispensable de la narration, que la matrice dynamique même du long-métrage. Ce procédé assez malin, qui guide par ailleurs la diffusion de l’excellente bande originale, a néanmoins son revers de médaille. Car à vouloir faire participer la planète entière au moyen de règles élémentaires, la partie entamée par le film "Ready Player One" dessine une quête caricaturalement simpliste, digne d’un paresseux rôliste auquel on aurait confié le scénario un lendemain de cuite : une quête, trois clefs à récupérer, des opposants carrément méchants et des adjuvants indécrottablement sympathiques.
  • 14
    Bande-annonce

    Mission : Impossible - Fallout (2018)

    2 h 27 min. Sortie : . Action, aventure et thriller.

    Film de Christopher McQuarrie avec Tom Cruise, Henry Cavill, Rebecca Ferguson

    À l’instar de ses deux têtes d’affiche, "Mission Impossible : Fallout" expose un monolithe de certitude, bien campé, bien monté, bien fiché dans le genre, mais sans oser la moindre expérimentation qui déraillerait du rythme de croisière lucratif adopté. Au prochain épisode d’oser un renouvellement pour éviter l’essoufflement qui eut naguère presque raison de la franchise "James Bond", après la courte expérience Timothy Dalton.
  • 15
    Bande-annonce

    Sans un bruit (2018)

    A Quiet Place

    1 h 30 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et thriller.

    Film de John Krasinski avec Emily Blunt, John Krasinski, Millicent Simmonds

    Séances de cinéma (189 salles)
    "Sans un bruit" se fonde sur une excellente trouvaille cinématographique et horrifique : faire du son le moteur de l’angoisse - ce procédé invitant parfois les acteurs à retrouver les vertus du cinéma muet, notamment avec un personnage malentendant.

    Quelque part entre "Blow Out" et "La Guerre des mondes", une atmosphère singulière et réellement fantastique se dégage de ce huis-clos survivaliste, dans lequel le cocon familial WASP se trouve assiégé par de craquetant insectes sanguinaires à l’ouïe démesurée – métaphore, quand tu nous tiens !

    Retrouvant l’art de la suggestion et de l’apparition inhérent à la J-horror (la scène d’accouchement ou celle de la noyade dans le silo s’avèrent génialement épouvantables et oppressantes), John Krasinski joue néanmoins en parallèle une partition mélodramatique moins réussie, sur fond de perte, de sacrifice et de crise adolescente – avec davantage de nuances ici, et partant sans les nombreux dialogues et la musique aussi sirupeuse que surligneuse de Marco Beltrami, le long-métrage confinait au chef-d’œuvre.
  • 16
    Bande-annonce

    Solo : A Star Wars Story (2018)

    2 h 15 min. Sortie : . Action, aventure et science-fiction.

    Film de Ron Howard avec Alden Ehrenreich, Woody Harrelson, Emilia Clarke

    "Solo : A Star Wars Story" se goûte comme une gentille sucrerie sans grande conséquence dans un régime cinématographique, n’en déplaise aux pruderies geeks. Après la bouffée d’air frais proposée par "Rogue One" en 2016, il est permis de préférer amplement ces échappées belles hors d’un arc narratif pesant, pataugeant dans une mythologie de pacotille, rapiéçant méticuleusement un costume d’Arlequin que seule une poignée de fidèles continue à admirer après le viol prolongé entamé par "La Menace fantôme".
  • 17
    Bande-annonce

    Shéhérazade (2018)

    1 h 52 min. Sortie : . Drame.

    Film de Jean-Bernard Marlin avec Dylan Robert, Kenza Fortas, Idir Azougli

    Séances de cinéma (1 salle)
    Avec beaucoup moins de balourdise et de didactisme que Kechiche dans "L’Esquive", Jean-Bernard Marlin montre à quel point le langage détermine une classe sociale et bouche tous les horizons.

    Cependant, sous le couvert d’une fierté des rues marginales, se déploie ici une histoire d’amour vraisemblable, en ménageant une échappatoire visuelle et onirique à déceler au-delà des mots et du milieu.
  • 18
    Bande-annonce

    Le monde est à toi (2018)

    1 h 41 min. Sortie : . Comédie et gangster.

    Film de Romain Gavras avec Karim Leklou, Isabelle Adjani, Vincent Cassel

    François (Karim Leklou), un petit dealer parisien, désire se ranger des voitures et devenir le distributeur officiel de Mr. Freeze au Maghreb. Il découvre cependant que sa mère (Isabelle Adjani), chef d’un gang de femmes pickpockets, a dépensé toutes ses économies. Il décide alors de se refaire en s’associant avec Poutine (Sofian Khammes), le caïd de la cité, dans une combine en Espagne. Accompagné de son ex beau-père disert et aboulique (Vincent Cassel), d’une michetonne dont il est énamouré (Oulaya Amamra), des deux Mohamed, sbires de Poutine, puis aidé de sa mère possessive, de son avocat (Philippe Katerine) et d’un ami de son beau-père (François Damiens), François se retrouve plongé au cœur d’un conflit contre Bruce l’Écossais (Sam Spruell), et contraint malgré lui de mener un kidnapping…

    Cette pochade loufoque revêt dans son commencement certaines allures de mauvais aloi, résonnant comme une parodie parisienne pseudo-banlieusarde un peu lourdingue, notamment avec le personnage du lunatique Poutine. Cependant, une fois la joyeuse troupe transportée dans le cadre surréaliste d’une station balnéaire espagnol, "Le Monde est à toi" prend son rythme de croisière décalé, avec de charmantes trouvailles, comme la marotte du beau-père sur les Illuminati, le personnage réussi de la petite fille de Bruce l’Écossais (Gabby Rose) ou chacune des apparitions d’une Isabelle Adjani en grande forme.

    Décalé, bancal, inégal ce long-métrage évoquant la première manière de Guy Ritchie ("Snatch : Tu braques ou tu raques"), aux effets clipesques, s’avère en définitive correctement écrit, propice à certains morceaux de bravoure comique lorsque les interprètes peuvent les soutenir, mais aussi à certains pétards mouillés çà et là – comme le bastonnage gratuit d’un Anglais par les deux Mohamed.
  • 19
    Bande-annonce

    Black Panther (2018)

    2 h 14 min. Sortie : . Action, aventure et science-fiction.

    Film de Ryan Coogler avec Chadwick Boseman, Michael B. Jordan, Lupita Nyong'o

    En affinant certaines thématiques et quelques traits psychologiques, "Black Panther" disposait de tous les ingrédients pour proposer une confrontation avec de réels enjeux, tant les revendications du super villain N’Jadaka pouvaient semer le trouble dans le paisible Wakanda.

    Las ! l’hésitation très contemporaine entre protectionnisme et interventionnisme se traite au bulldozer du grand public et d’un manichéisme opportuniste, achoppant sur un message fade et bienpensant d’ouverture mesurée aux réfugiés. Moins que la charge sociale d’un certain cinéma militant des années 1990, en terre étrangère dans l’univers cinématographique Marvel, Ryan Coogler retient davantage le kitch réjouissant de la blaxploitation des années 70.

    Sous fond de tragédie de palais, la querelle dynastique se peint au gros pinceau d’une mièvre saga familiale, les fils ayant maille à partir avec les errements paternels, au gré de vignettes et de flashbacks très "Roi Lion" dans une Afrique américanisée de pacotille.

    Cette origin story moins habitée d’un dessein supérieur, sans grande conséquence sur l’arc narratif majeur dépeint dans les "Avengers", roule néanmoins un rythme de croisière naïvement divertissant et pas nécessairement déplaisant.
  • 20
    Bande-annonce

    First Man, le premier homme sur la Lune (2018)

    First Man

    2 h 22 min. Sortie : . Biopic et drame.

    Film de Damien Chazelle avec Ryan Gosling, Claire Foy, Kyle Chandler

    Séances de cinéma (1 salle)
    Sans doute sous l’impulsion du producteur exécutif Steven Spielberg, roué vétéran du procédé, "First Man" transforme une incroyable épopée spatiale en pathétique mélodrame - quitte à subvertir le morceau de bravoure tant attendu. Quel est donc l’intérêt de repousser les limites du connu pour nouer des drames qui se joueraient tout aussi bien en huis-clos ? Écueil fréquent du film dans l’espace, sur lequel Damien Chazelle achoppe bien rudement.
  • 21
    Bande-annonce

    BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan (2018)

    BlacKkKlansman

    2 h 16 min. Sortie : . Comédie, policier et biopic.

    Film de Spike Lee avec John David Washington, Adam Driver, Laura Harrier

    Revenant avec de gros sabots dans le game du cinéma social pro-black fleurissant ces dernières annés (une certaine forme de suprémacisme dans le subtil "Get Out" de Jordan Peele, ici producteur ; un panafricanisme cahin-caha dans le "Black Panther" de Ryan Coogler, avec son vilain black yankee et son gentil black du Wakanda), Spike Lee gâche un film de genre relativement maîtrisé et parfois drôle, obnubilé par un message qu’il martèle alors que l’enquête narrée offrait d’elle-même une myriade d’interprétations plus nuancées – Take It Easy, Spike…
  • 22
    Bande-annonce

    Mary et la Fleur de la sorcière (2018)

    Meari to majo no hana

    1 h 42 min. Sortie : . Animation et aventure.

    Long-métrage d'animation de Hiromasa Yonebayashi avec Hana Sugisaki, Ryûnosuke Kamiki, Yûki Amami

    Première production des studios Ponoc, fondés par d’anciens membres du studio Ghibli, "Mary et la fleur de la sorcière" envoie un joli faire-part de naissance bien convenu. Le scénario et l’animation reprennent et balisent le bien-joué de "Kiki", du "Château dans le ciel" ou du "Château ambulant", s’autorisant ça et là de timides expérimentations. Nous pouvons dès lors éprouver une certaine gêne à découvrir un cahier des charges dans le monde de l’animation japonaise, la magie, la fantaisie, une certaine forme de naïf absurde semblant décidées a priori, opportunément, au détriment du développement thématique. La nuance psychologique et l’absence de manichéisme, la toile de fond shintoïste, la magie et la bizarrerie de l’enfance, sur lesquels le sensei Miyazaki tissait une réflexion philosophique et mystique à l’évidente puissance évocatrice, sont à peine esquissés dans l’œuvre de Hiromasa Yonebayashi.
  • 23
    Bande-annonce

    Miraï, ma petite soeur (2018)

    Mirai no Mirai

    1 h 38 min. Sortie : . Animation, drame et fantastique.

    Long-métrage d'animation de Mamoru Hosoda avec Moka Kamishiraishi, Haru Kuroki, Gen Hoshino

    Quand Miyazaki retrouvait le regard de l’enfance dans un purgatoire absurde nourri de shintoïsme, intimement dans "Mon Voisin Totoro", superbement dans "Le Voyage de Chihiro", Mamoru Hosoda plaque son regard d’adulte sur les rêveries enfantines sans jamais vraiment faire mouche. Longuet, forcé, maniéré, Miraï, ma petite sœur, court ainsi après une aisance stylistique et cinématographique dont nous constatons l’effort – en dehors.
  • 24
    Bande-annonce

    La Forme de l'eau (2018)

    The Shape of Water

    2 h 03 min. Sortie : . Drame, fantastique et romance.

    Film de Guillermo del Toro avec Sally Hawkins, Michael Shannon, Richard Jenkins

    Intention ne vaut pas émotion : en visionnant cette fable de plus de deux heures, lourde de bien-pensance, nous sommes en droit d’éprouver ennui voire consternation, et de serrer les fesses pour l’attribution du prochain Oscar du meilleur film.
  • 25
    Bande-annonce

    Fleuve noir (2018)

    1 h 54 min. Sortie : . Policier.

    Film de Erick Zonca avec Vincent Cassel, Romain Duris, Sandrine Kiberlain

    Le commandant François Visconti (Vincent Cassel), dépressif, alcoolique, baguenaudant sous les néons une dégaine de clochard céleste, enquête sur la disparition d’un adolescent. Adaptant un roman israélien de Dror Mishani, Érik Zonca expose tout au long du film un encombrant hareng rouge, en la personne d’un professeur de français particulier, pervers et frustré (Romain Duris), avant de résoudre le tout in extremis par une sordide histoire de viol sur trisomique.

    D’autres fausses pistes et trompe-l’œil, tous aussi gênants les uns que les autres, sont proposés à la sagacité du spectateur : une sous-intrigue avec le fils dealer de Constantini, un amour déçu avec une Latino, une aventure dans les bras d’une prostituée et l’humiliation d’une quarantenaire dans un bar, sous couvert de brosser la complexe psychologie du commandant… Il en va de même avec une équipe bancale de policiers perdus dans les services, où on se demande bien qui est chargé de quoi. Et enfin, pour pimenter le tout, quelques virées homosexuelles dans des bois interlopes, histoire de forcer un peu le trait !

    Le réalisateur se distingue particulièrement par une piètre direction d’acteurs : Vincent Cassel, au fond du trou, est en complète roue libre ; Romain Duris joue en demi-teinte, dans un registre mesuré, qui lui sied mal ; Sandrine Kiberlain semble constamment gênée aux entournures, subissant l’intrigue ; Élodie Bouchez sonne particulièrement faux.

    Dans ces méandres bourbeux, coule péniblement le fleuve noir. Ah ! Il y a une atmosphère, c’est sûr…
  • 26
    Bande-annonce

    Aquaman (2018)

    2 h 23 min. Sortie : . Action, aventure, fantastique et science-fiction.

    Film de James Wan avec Jason Momoa, Amber Heard, Willem Dafoe

    Sixième œuvre de la franchise DC Extended Universe, "Aquaman" oscille sans cesse entre deux eaux, du pastiche à la "King Fury" au franc foutage de gueule, en passant par des velléités plus sérieuses rapidement avortées. L'ensemble s'apparente dès lors à un énorme gadget cher et rutilant, hyperbolique, grotesque et cartoonesque, que le spectateur ne sait plus très bien par quel bout saisir.
  • 27
    Bande-annonce

    Annihilation (2018)

    1 h 55 min. Sortie : . Épouvante-Horreur, drame, science-fiction et thriller.

    Film de Alex Garland avec Natalie Portman, Tessa Thompson, Jennifer Jason Leigh

    Après l’ingénieux "Ex Machina", le réalisateur Alex Garland persévère dans le domaine de la science-fiction. Fort de son budget et de son casting, il craque néanmoins complètement son slip, et brûle les étapes sur le sentier, pavé de navets, du cinéma expérimental.
  • 28
    Bande-annonce

    Dans la brume (2018)

    1 h 29 min. Sortie : . Science-fiction.

    Film de Daniel Roby avec Romain Duris, Olga Kurylenko, Fantine Harduin

    Après l’annonce d’une catastrophe écologique survenue en Scandinavie, un tremblement de terre ébranle Paris et une brume toxique sort des bouches de métro, décimant la population. Mathieu (Romain Duris) et Anna (Olga Kurylenko) parviennent à se réfugier au cinquième étage d’un établissement haussmannien, chez leurs vieux voisins Lucien (Michel Robin) et Colette (Anna Gaylor), tandis que leur fille (Fantine Harduin), atteinte de la maladie du poisson rouge, demeure dans sa bulle de verre quelques étages en-dessous…

    Cette tentative de film catastrophe à la française fonctionne et intrigue vingt courtes minutes, jouant ingénieusement de sa relative économie de moyens. Le choix d’un huis-clos survivaliste en intérieur bourgeois du troisième âge, meublé de confortables fauteuils et tapissé de livres, une nappe de brume au balcon d’où émergent la butte Montmartre et la Tour Eiffel, pose ainsi tranquillement son originalité visuelle.

    Las ! À partir du moment où le couple, animé par l’idée saugrenue d’une fuite dans le Morvan, décide de fourrer son nez dans la brume, le long-métrage sombre franchement dans le grand-guignol : c’est un chien férocement immunisé qui attaque sans raison, c’est une explosion qui se produit opportunément dans un laboratoire, c’est un méchant flic tué à la vanvole, c’est un retour par les toits sans GPS, ce sont pleurnicheries sur Dieu, la mort, l’amour avant les pertes et fracas de circonstance, c’est en bouquet final un twist délivré à bout de souffle et à court d’idées.

    Il n’y a pas à tergiverser, pour peupler la brume et gagner en intensité, voire pour faire jouer les violons, Roland Emmerich et Frank Darabont nous mettent encore quelques longueurs d’avance…
  • 29
    Bande-annonce

    Pupille (2018)

    1 h 47 min. Sortie : . Drame.

    Film de Jeanne Herry avec Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche, Elodie Bouchez

    Difficile de fustiger aveuglément "Pupille", tant il est vrai que l’interprétation s’avère le plus souvent juste et mesurée. Cependant, l’ampleur documentaire visible à tout instant, présidant au parcours exhaustif d’un enfant né sous X (de la synthèse, que diable !), les logorrhées démonstratives et moralisantes sur les responsabilités inhérentes à l’adoption, le dithyrambe constant des travailleurs sociaux en petits héros du quotidien, s’avèrent pour le moins pesants à la longue - et très peu cinématographiques.
  • 30
    Bande-annonce

    Jurassic World : Fallen Kingdom (2018)

    2 h 08 min. Sortie : . Action, aventure et science-fiction.

    Film de Juan Antonio Bayona avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Rafe Spall

    Laissons les années s’écouler : ce plat à la sauce antispéciste a tous les ingrédients nécessaires pour s’affadir (pardon, se bonifier) avec le temps et constituer un désopilant passage obligé dans les contrées du mauvais film sympathique. Mais pour le moment, nul besoin d’aller chercher midi à quatorze heures : "Jurassic World : Fallen Kingdom" s’avère aussi coupablement distrayant que complètement con.