Illustration Cinéphile (2019)

Les meilleurs films de 2019 selon Mayeul TheLink

Avatar Mayeul TheLink Cette liste de 52

films

par Mayeul TheLink est une réponse au sondage Les meilleurs films de 2019

Avec le succès de l'hommage de Joker et les adieux de The Irishman, l'idée du Nouvel Hollywood passe définitivement le cap de l'iconisation, et dans le même temps s'avoue mort et enterré. Sa poursuite de l'authenticité que l'on a cherchée sans trop savoir où regarder durant cette décennie passe sans doute désormais par autre chose : Ad Astra et Once Upon a Time... In Hollywood assument leurs défauts sans abandonner une ambition démesurée, au point d'en saboter la lecture premier degré de l'oeuvre parfois, mais avant tout pour affirmer une humanité qui s'épanouit dans ses failles plus que dans ses coups de génie. L'inverse des deux films qui, je pense, sont plus à même de nous donner une idée d'à quoi ressembleront les prochaines années cinématographiques : Parasite et Midsommar, tout en maîtrise de chaque détail pour un résultat passionnant mais figé, sans aucune prise sur le réel, entièrement théoriques.

Note à moi-même : 47 séances en 2019, soit 4,31 € la séance.

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    Bande-annonce

    Une vie cachée (2019)

    A Hidden Life

    2 h 54 min. Sortie : . Biopic, drame, romance et guerre.

    Film de Terrence Malick avec August Diehl, Valerie Pachner, Maria Simon

    Voir critique
  • 2
    Bande-annonce

    Parasite (2019)

    Gisaengchoong

    2 h 12 min. Sortie : . Drame, thriller et comédie.

    Film de Bong Joon-Ho avec Song Kang-Ho, Lee Sun-Kyun, Cho Yeo-Jeong

    Le monde de Parasite est avant tout un monde figé, ou aucun mouvement social n'est possible. Les causes de ça : la technologie et sa manière de rendre le réel invisible, la mondialisation faisant écho à la présence américaine en Corée (la famille Park et son obsession pour tout ce qui est américain), bref tout ce qui pousse à l'unité globale plutôt qu'à l'affirmation de son individualité. Au-dessus de tout ça, Bong se permet de parler art, avec la maison que l'on décrit comme une oeuvre d'art, mais qui depuis l'arrivée des Park n'est plus qu'une "aire de jeu" (dixit la gouvernante, celle qui comprend la beauté du geste de l'architecte). Une fin de film comme une volonté de donner une ligne directrice pour réaliser un art "moral", autrement dit non basé sur des fantasmes mais sur l'empathie, tout en affirmant qu'il ne peut s'agir que d'une ligne directrice, et que cette entreprise n'a aucune assurance de réussir. Bref, tout le trouble de la création vient se poser sur les problématiques sociales ici, c'est tout de même bien puissant.
    Si vraiment je devais faire le chieur (et parce qu'être unilatéralement dithyrambique sur un film n'est jamais une bonne chose), je dirais que Parasite est presque trop maîtrisé. On sent que chaque cut est parfaitement voulu, chaque intention d'acteur, chaque éclairage, tout s'imbrique parfaitement. Du coup on perd un peu la fascination que l'on avait dans Memories of Murder, où la modernité fait prendre conscience de sa capacité au mal. Parasite n'est pas fascinant, il est passionnant. C'est moins mon truc, mais vu la perfection du film, on va quand même pas bouder son plaisir.
    Voir critique pour la place de la technologie dans Parasite.
  • 3
    Bande-annonce

    Dragons 3 : Le Monde caché (2019)

    How to Train Your Dragon: The Hidden World

    1 h 44 min. Sortie : . Animation, action, aventure, fantasy et jeunesse.

    Long-métrage d'animation de Dean Deblois avec Jay Baruchel, America Ferrera, Gerard Butler

    Voir critique
  • 4
    Bande-annonce

    An Elephant Sitting Still (2019)

    Da xiang xi di er zuo

    3 h 50 min. Sortie : . Drame.

    Film de Hu Bo avec Zhāng Yǔ, Peng Yuchang, Wáng Yù-Wén

    Voir critique
    Et parce que ce plan est sublime, je note ce moment où le grand-père erre dans les couloirs d'une maison de retraite pour voir dans des chambres cellules les fantômes d'une société qui n'a plus besoin d'eux.
  • 5
    Bande-annonce

    The Lighthouse (2019)

    1 h 49 min. Sortie : . Drame, fantastique et Épouvante-horreur.

    Film de Robert Eggers avec Willem Dafoe, Robert Pattinson et Valeriia Karaman

    Voir critique
  • 6
    Bande-annonce

    The Irishman (2019)

    3 h 29 min. Sortie : . Drame, gangster, policier et biopic.

    Film de Martin Scorsese avec Robert De Niro, Al Pacino, Joe Pesci

    Voir critique
  • 7
    Bande-annonce

    Portrait de la jeune fille en feu (2019)

    1 h 59 min. Sortie : . Drame, historique et romance.

    Film de Céline Sciamma avec Noémie Merlant, Adèle Haenel, Luàna Bajrami

    Un film que je reverrais bien, tellement toute l'émotion se cache dans les non-dits, les regards, et une mise en scène sobre tout en sachant s'exprimer. Le rapport de l'artiste à son sujet, qui déborde sur l'amour en général : la volonté de domination en refusant l'aspect réel de l'autre, en le gardant comme un souvenir inaltérable, avant de se rendre compte que l'autre est dans la même position, tout le rapport de force que cela implique, sans pour autant que ça en empoisonne l'amour. Plutôt, ça le fait grandir, et les personnages avec lui. Un vrai film sensible.
  • 8
    Bande-annonce

    Midsommar (2019)

    2 h 27 min. Sortie : . Drame, Épouvante-horreur et thriller.

    Film de Ari Aster avec Florence Pugh, Jack Reynor, Vilhelm Blomgren

    Ce que je sais, c'est que je me suis ennuyé durant le film, et qu'après la séance le film s'est peu à peu imposé comme un objet de fascination dans mon esprit. Ce ne serait pas la première fois qu'une proposition trop déroutante me laisse sur le carreau à la première approche. Nouveau visionnage nécessaire, donc.
    Pour exprimer tout de même pourquoi je me suis ennuyé, j'ai l'impression qu'on a dans le cinéma d'horreur récent une tendance à l'hyper-intellectuel, un cinéma cultivé et qui bourre ses oeuvres de double lectures (Us, Suspiria, The House that Jack Built, Mother!, Get Out, It Comes at Night, The Witch...) au point souvent où la lecture premier degré/émotionnelle du film en devient compliquée. C'est ce que je vais reprocher à ce Midsommar qui multiplie les pistes que l'on devine principalement thématique car elles ne jouent qu'un rôle ténu, voire inutile, dans le déroulement du film (un exemple : le personnage handicapé, et notamment ce plan en fondu enchaîné sur lui pendant l'accouplement qui continue de me perturber dans sa signification nébuleuse). Trop de pistes, trop d'éléments, trop long pour être apprécié à sa juste valeur.
    Tout ça partait pourtant d'une idée simple, originale, et qui en elle-même aurait été efficace : parler du traumatisme, et de la peur de le voir ressurgir en pleine lumière dans ce culte cathartique où le jour ne faiblit jamais. Peut être que le film m'a aussi perturbé à ce niveau : ce n'est pas un film d'horreur dans le sens où les événements du film ne sont pas fondamentalement négatifs pour la personnage principale, mais font juste partie du processus qui lui permettra de soigner sa peine, voire même sa peur de la mort (Dani faisant de plus en plus partie de la nature l'entourant). Un processus effrayant, mais là où l'étrangeté de l'autre dans l'horreur sert un sentiment glaçant, ici cette étrangeté a sans doute plus à voir avec le refoulement et le refus de reconnaître ses blessures, et donc de laisser les autres les soigner.
    Bref, sans aucun doute, un autre visionnage s'impose.
    ___________________________
    Après revisionnage, ok c'est super (suite en commentaire de ma note, et puis encore un peu plus dans la critique)
  • 9
    Bande-annonce

    Ad Astra (2019)

    2 h 05 min. Sortie : . Science-fiction, aventure, drame et thriller.

    Film de James Gray avec Brad Pitt, Tommy Lee Jones, Ruth Negga

    Un film bourré de défauts, qui se repose sans doute trop sur la suspension d'incrédulité de son spectateur. Mais en se laissant emporter par le parcours de Roy, en sort une expérience tout de même touchante, dont l'ambition thématique n'atteint pas les ambitions esthétiques, et à ce titre en frustrera plus d'un, mais là se situe bien le film : "we're all we've got". Du James Gray pur jus, mais avec de l'espoir.
  • 10
    Bande-annonce

    J'accuse (2019)

    2 h 12 min. Sortie : . Drame, historique, thriller et biopic.

    Film de Roman Polanski avec Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner

    Polanski continue dans sa lignée avec le mal insidieux qui s'infiltre dans les plus hautes sphères, pour finalement voir le personnage devenir seul contre tous. Un classicisme dans la mise en scène qui sied parfaitement à cette reconstitution, aux décors d'intérieurs grandioses et figés dans une idée de la France dans ce qu'elle a de plus noble, mais aussi de plus inébranlable et donc de plus vulnérable à la corruption. Outre les scènes les plus spectaculaires (l'introduction, le procès de Zola), un moment marque par sa simplicité : alors que l'appartement de Picquart est sens dessus dessous, le seul refuge face à la disparition de toute intimité devient l'art. Pour quelques secondes tout du moins.
    La fin ne se complaît pas non plus dans une posture de victime : Picquart n'arrive plus à faire la différence entre ce qui est juste et ce qui le fascine, il devient tragiquement celui qu'il a combattu, la barrière entre lui et Dreyfus est toujours aussi présente, et ce qui paraît juste pour Dreyfus reste hors de portée, malgré sa victoire morale.
  • 11
    Bande-annonce

    El Reino (2018)

    2 h 11 min. Sortie : . Thriller.

    Film de Rodrigo Sorogoyen avec Antonio de la Torre, Monica Lopez, Josep Maria Pou

    Voir critique
  • 12
    Bande-annonce

    Edmond (2019)

    1 h 50 min. Sortie : . Comédie dramatique et historique.

    Film de Alexis Michalik avec Thomas Soliveres, Olivier Gourmet, Mathilde Seigner

    On retrouve le goût de Michalik pour les histoires qui dépassent la fiction, et ça se voit dans tous les éléments du film. Les décors montrent un Paris fantasmé, et tout le film propose un ton théâtral qui suspend l’incrédulité du spectateur efficacement. D'une évidence redoutable dans la manière d'assumer le fantasme des figures historiques pour en tirer un enseignement. Enseignement d'une limpidité émotionnelle (plus difficile à exprimer par des mots, c'est fort) qui démontre tout le talent d'écriture de Michalik. Et on découvre avec plaisir ses talents de mise en scène, forcément très portée sur les dialogues, mais sans que ça gêne, la filiation avec le théâtre étant évidente et bien gérée par la caméra qui confirme le goût pour le mouvement de l'auteur (elle se ballade souvent en plan-séquence, comme l'oeil du spectateur de la scène de théâtre qui se ballade de personnage en personnage).
  • 13
    Bande-annonce

    Joker (2019)

    2 h 02 min. Sortie : . Policier, drame et thriller.

    Film de Todd Phillips avec Joaquin Phoenix, Robert De Niro, Zazie Beetz

    Ce joker, c'est un peu l'anti-joker de Nolan : lui était purement allégorique, né du chaos lui même et absolument sans identité, cette nouvelle version prend le contre-pied en jouant à fond la carte psychologique. Ce qui représentait déjà un sacré pari. En donnant des raisons d'être à un personnage perçu comme la folie la plus insondable, Philips propose un constat, sans aucun jugement de valeur, sans réponse, sans possibilité de sortie de cette boucle infernale, avec la lutte des classes comme représentation du tourment du personnage, torturé par une divinité prenant le nom de Wayne sensé l'amener vers une vie meilleure mais surtout prompt à le rappeler à sa condition de vermine de la société (rappelant par là le rôle de Phoenix dans The Immigrant). Un constat terrible donc, partagé par le joker, dont la victoire finale du chaos sur l'ordre ne semble pas vraiment le ravir. Plutôt un homme qui s'enfonce dans ces couloirs à sens unique, pas vraiment heureux de le faire mais seule manière pour lui de s'affirmer en tant qu'individu. D'ailleurs ce joker, même une fois sa transformation actée, n'est jamais charismatique, toujours hésitant et pathétique. Et puis un certain plaisir de voir une salle bondée, et les gens échanger en sortant de la salle pour ce genre de film.

    Second visionnage avec interprétation de la fin en commentaire de ma note.
  • 14
    Bande-annonce

    Green Book - Sur les routes du sud (2018)

    Green Book

    2 h 10 min. Sortie : . Drame, biopic et road movie.

    Film de Peter Farrelly avec Viggo Mortensen, Mahershala Ali, Linda Cardellini

    Voir critique
    À noter également, le thème de l'illusion confortable, les blancs du sud assistant aux concerts afin de se conforter dans leur culture du non-racisme, les discriminations étant pourtant évidentes dans cette culture sudiste mais invisible pour ceux qui vivent dedans. Tony est également présenté en début de film comme le gardien de cette illusion dans la Copa, de là son parcours d'inconscient à conscient du problème se fait tout seul, notamment par la prise de conscience de sa propre émotivité avec le jeu des lettres, qu'il finira par écrire lui-même.
  • 15
    Bande-annonce

    So Long, My Son (2019)

    Di jiu tian chang

    3 h 05 min. Sortie : . Drame.

    Film de Wang Xiaoshuai avec Wang Jingchun, Yong Mei, Ailiya

    Fresque mélodramatique familiale parlant autant du destin de ses personnages que de celui de la Chine, à croire que les seuls films chinois nous parvenant sont ceux faisant un état des lieux de leur pays.
    Wang Xiaoshuai a un sens de l'esthétique certain, au point où il nous fait peur parfois : face à certains dispositifs de mise en scène sur des moments tragiques pour les personnages, on se prend à se demander qui le film est sensé servir, les personnages ou l'ego du réalisateur. Ces reproches sont assez vite balayés par la maîtrise formelle finalement assez plaisante et sachant garder un minimum de pudeur dans ses ambitions esthétiques.
    So Long My Son est aussi l'histoire d'une famille dont le gouvernement leur a retiré la possibilité d'une seconde chance dans une peur paralysante de se voir perdre le contrôle sur sa population. Avec ce gouvernement absent, c'est un contrôle interne qui empêche les individus de s'affirmer, et donnant au pays aujourd'hui une culpabilité dont elle aura du mal à se débarrasser. Le film entretient un doute constant sur différents éléments scénaristiques, comme pour affirmer le caractère allégorique de la famille qu'il dépeint, sans que cette famille ne soit jamais esclaves du propos. Pas mal de scènes atteignent une honnêteté touchante, c'est là qu'on attend les mélodrames, ici bien aidé par les performances du duo d'acteurs principaux.
  • 16
    Bande-annonce

    Le Mans 66 (2019)

    Ford v Ferrari

    2 h 32 min. Sortie : . Biopic, drame et sport.

    Film de James Mangold avec Matt Damon, Christian Bale, Caitriona Balfe

    Mangold parle cinéma en le transposant au monde de la voiture et en revisitant le mythe d'Icare. Des freins en feu en lieu et place des ailes, la satisfaction d'une victoire finale comme soleil inatteignable, et plutôt que de se restreindre à une altitude raisonnable, recommencer, remplacer, refaire... À n'en plus finir, comme on enchaîne les tours de piste dans une perpétuelle recherche de chrono parfait. Avec des archétypes bien connus (le fordisme déshumanisant, le pape Ferrari qui se croit au-delà du monde matériel) mais efficaces. Une mise en scène, sans que je n'y trouve une inventivité folle, assez réussie pour qu'on prenne son pied durant les scènes de course, et une alchimie entre les acteurs permettant de ne pas s'ennuyer une seconde durant les 2h30 du métrage.
  • 17
    Bande-annonce

    Le Roi (2019)

    The King

    2 h 20 min. Sortie : . Biopic, drame et historique.

    Film de David Michôd avec Timothée Chalamet, Joel Edgerton, Robert Pattinson

    La figure du roi au Moyen-Âge est assez fascinante, n'ayant aucun besoin de rationaliser ses actes, ces derniers étant en eux-même une vérité déjà divine. Ou en tout cas, l'ivresse de ce pouvoir amène fatalement à cet abandon de tout pragmatisme. Henri V n'y étant pas encore, il tente tant bien que mal de faire la part des choses entre cette terre salissante et ce ciel grandiose (cette lumière aveuglante qui pénètre ces intérieurs de châteaux obscurs, superbe), et par là présente un conflit émotionnel tout à fait universel.
    Pour les réserves, le film ne semble pas avoir le talent nécessaire pour aller au bout de ses ambitions contemplatives, et est trop décousu dans ses péripéties pour que l'on puisse simplement se reposer sur l'arc narratif du personnage principal. Mais tout se tient assez solidement.
    Par contre la scène de bataille sur le champ mouillé, je veux bien comprendre que aucune idée ne sort de nulle part et qu'on est toujours influencé à un degré ou à un autre, mais là j'ai juste eu l'impression de revoir plan par plan la bataille des bastards de Game of Thrones. Avec un souci de réalisme médiéval en plus pas désagréable. Le reste de la mise en scène m'a paru sobre bien comme il faut.
  • 18
    Bande-annonce

    Michel-Ange (2019)

    Il peccato

    2 h 09 min. Sortie : . Biopic, drame et historique.

    Film de Andreï Kontchalovski avec Alberto Testone, Jakob Diehl, Francesco Gaudiello

    Un Andrei Roublev où la folie du monde (qui ici contamine chaque plan avec un sens du détail dans le reconstitution qui fait mouche) ne vient plus seulement semer le doute dans l'esprit artistique mais l'empoisonne directement. Une belle claque esthétique qui n'a cependant pas le sens du rythme ou de la poésie de Tarkovski. De belles images tout de même : chercher Dieu dans une montagne de marbre, vouloir en faire descendre un monstre blanc en le ligotant, le travail et les sacrifices nécessaires pour cette tâche sisyphéenne, et puis la libération du pouvoir créateur qui descend sur le génie comme de lui même en fin de film.
  • 19
    Bande-annonce

    Once Upon a Time... in Hollywood (2019)

    2 h 41 min. Sortie : . Drame et comédie.

    Film de Quentin Tarantino avec Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie

    Regarder les transitions du passé pour montrer que celle d'aujourd'hui n'est que suite logique. En ce sens, Tarantino est assez touchant dans sa manière d'imposer le cinéma comme quelque chose d'immortel, capable de survivre à toutes les révolutions, et ce principalement grâce aux oubliés de son histoire, les passionnés qui le font vivre. Reste aussi tout le discours sur le rapport à l'image, autant Sharon Tate qui se projette à elle même une image parfaite, que tous les autres personnages qui gravitent autour de cette image avec chacun son rapport différent (Cliff Booth qui fout une raclée à Bruce Lee dans ses fantasmes comme une acceptation qu'il est trop réaliste pour ce monde basé sur le fantasme, Rick Dalton qui regarde cette image avec admiration dans le but d'en faire partie mais qui finit par accepter cette impossibilité, la Manson family qui, à défaut d'en faire partie, souhaite la détruire...).
    Mais le film n'a pas le potentiel jouissif de Pulp Fiction. En tant que scénariste, j'aime Tarantino sur ce film, mais en tant que metteur en scène, meh... Et puis sa représentation de la violence me gonfle de plus en plus, et ici on croit carrément voir un passage obligé, forcé. Des bons moments mais sans grand génie pour ma part.
  • 20
    Bande-annonce

    La Belle Époque (2019)

    1 h 55 min. Sortie : . Comédie et drame.

    Film de Nicolas Bedos avec Daniel Auteuil, Guillaume Canet, Doria Tillier

    Sacré tourbillon émotionnel, ne proposant pas spécialement quelque chose de fondamentalement neuf, mais qui nous emmène dans son monde sans problème grâce à un bel équilibre entre toutes les composantes du film (les acteurs d'abord, lumière, la mise en abyme, les dialogues un peu lourdingues mais efficaces...). Big up au couple d'une soixantaine d'année à côté de moi dans la salle qui s'est embrassé comme au premier jour après le film.
  • 21
    Bande-annonce

    À couteaux tirés (2019)

    Knives Out

    2 h 10 min. Sortie : . Comédie, policier, drame et thriller.

    Film de Rian Johnson avec Daniel Craig, Chris Evans, Ana de Armas

    Très fun.
  • 22
    Bande-annonce

    Les Misérables (2019)

    1 h 44 min. Sortie : . Drame.

    Film de Ladj Ly avec Damien Bonnard, Alexis Manenti, Djebril Zonga

    Film choral pour un microcosme où, après l'illusion du mélange permis par la victoire de la Coupe du Monde enterrée, les différentes valeurs ne peuvent que s'entrechoquer exponentiellement jusqu'à l'explosion.
    Là où Les Misérables se différencie de la concurrence lorsqu'il s'agit de représenter la banlieue, c'est qu'il ne cherche pas à valoriser une "culture banlieue" dans le but de montrer un certain mérite artistique au mode de vie des habitants de ces zones. Une démarche que certains pourraient considérer comme condescendante, mais totalement absente ici. À la place, une sensation de réel, et des personnages qui semblent résignés à cette sensation, ayant abandonné l'idée de se mettre en valeur auprès de la France. Une mythologie s'installe tout de même, avec ses différents clans et hommes de pouvoir, mais toujours dans le but d'instaurer une certaine ambiguïté sur l'utilité de ces pouvoirs en place, autant internes à Montfermeil qu'externes : gardiens de l'ordre ou exploitants d'une situation ? Un constat/dilemme qui finira le film et son champ/contrechamp final.
    Un peu déçu concernant la mise en forme du film. Si le scénario me paraît plutôt bien écrit et équilibré, les climax ont manqué chez moi d'impact. Plus l'impression de voir un passage obligé parfois qu'un réel conflit arrivant à son paroxysme mais présent tout du long. Sur la mise en scène, la caméra suit les ambitions de retranscription de la réalité de son réalisateur, mais les scènes d'action restent bien lisibles à défaut de générer une véritable tension par elle-même.
  • 23
    Bande-annonce

    La Favorite (2018)

    The Favourite

    1 h 59 min. Sortie : . Historique, drame, comédie, biopic et thriller.

    Film de Yórgos Lánthimos avec Olivia Colman, Emma Stone, Rachel Weisz

    Les conséquences de la douleur et les différentes tentatives de vivre avec. Le film réussit parfaitement ce qu'il tente d'accomplir, autant sur le plan thématique que sur la mise en forme d'une laideur jubilatoire donnant à voir cette absurdité dans les motivations des humains d'un point de vue quasi-omniscient, nous plongeant dans une incompréhension de ces personnages que l'on observe comme on observerait des rats de laboratoire dans un labyrinthe.
    Reste que Lanthimos est toujours aussi discursif dans le déroulé de ses films, les rendant d'une pauvreté émotionnelle parfois virulente (Mise à mort du cerf sacré), ou comme ici juste assez gênante pour ne pas prendre entièrement son pied. On aura beaucoup comparé ce film à Barry Lyndon, et il est vrai qu'on ne peut s'empêcher de trouver dans "La Favorite" une tentative de se mettre à la hauteur du chef d'oeuvre de Kubrick, sans jamais en atteindre les sommets. Il y manque la pudeur de ce point de vue omniscient sur ce qu'il regarde, ici on sent une sorte de cruauté, même si la fin se veut tragique et donc empathique envers des personnages impuissants.
    Cependant le film reste passionnant, et assez immersif pour qui saura ne pas être dérangé par le nombrilisme de son réalisateur. Il peut dire merci à son trio d'actrices exceptionnelles, sans quoi le film aurait sans doute bien trop souffert de sa cage auteurisante pour être aussi bien reçu.
  • 24
    Bande-annonce

    Us (2019)

    1 h 56 min. Sortie : . Thriller et Épouvante-horreur.

    Film de Jordan Peele avec Lupita Nyong'o, Winston Duke, Elisabeth Moss

    Voir critique
  • 25
    Bande-annonce

    Toy Story 4 (2019)

    1 h 40 min. Sortie : . Animation, comédie et aventure.

    Long-métrage d'animation de Josh Cooley avec Tom Hanks, Tim Allen, Annie Potts

    Toy Story est tellement ancré dans l'ADN de mon enfance qu'il serait difficile de nier le plaisir que j'ai pris à visionner ce nouvel épisode. Sans surprise, il poursuit la fable existentielle avec réussite. On atteint également des sommets en terme de qualité d'animation, entre Dragons 3 et maintenant ce Toy Story 4, sublime à tous les niveaux.
    Reste qu'au niveau de l'écriture, on est loin de la réussite des trois premiers : beaucoup trop de personnages et de lieux sont introduits pour qu'aucun ait un réel poids. La crise existentielle de Forky est balayée en quelques répliques, les scènes d'action sont écrites avec les pieds (ensuite, et ensuite, et ensuite...), on essaie de nous faire avaler les plus grosses ficelles avec une dose d'humour... Tout ça se ressent sur le rythme effréné, particulièrement en milieu de métrage, me laissant avec une indigestion m'empêchant de pleinement profiter du reste.
    Pas vraiment une déception cependant, car si on savait que la magie en terme d'investissement émotionnel ne serait pas au niveau des trois premiers, la magie pixarienne, elle, est bien présente.
  • 26
    Bande-annonce

    The Dead Don't Die (2019)

    1 h 43 min. Sortie : . Comédie et Épouvante-horreur.

    Film de Jim Jarmusch avec Bill Murray, Adam Driver, Tilda Swinton

    Quel plaisir de voir un film avec une vraie proposition, peu importe la pertinence ou la qualité de cette dernière. Ici l'étrange repose autant sur les indices intradiégétiques que les protagonistes passent leur temps à remarquer en trouvant ça bizarre, que sur la mise en scène qui passe son temps à dédramatiser tout ce qu'elle entreprend : c'est les indices beaucoup trop visibles pour être pris au sérieux (Bill Murray un pied dans la tombe, la Lune aux rayonnements violets dégueulasses, les fauteuils en forme de pierre tombale...), des effets de mise en scène reprenant des clichés et sans mise en valeur aucune (les ralentis sur Swinton tout en gardant une distance entre le personnage et la caméra, les policiers qui jettent un oeil sur les dégâts causés par des zombies pour avoir trois fois la même réflexion...). En gros, dans un monde de l'information immédiate, la fin du monde n'est même plus horrifiante mais blasante, et pour un public qui connait tous les codes inhérents au genre, même pour le spectateur le plus lambda, tout ça ne peut que tomber à plat : le nerd qu'on appelle Frodon (autrement dit l'élu) et charmé par la jolie fille ne sera pas sauvé par sa culture sujet au mépris, la fille étrange avec un sabre retourne avec ses amis extra-terrestres sans que ça n'ait aucune valeur émotionnelle, le groupe de pré-ado en détention juvénile ne s'échappera pas de leur prison pour sauver le monde... Bref, dans un monde où il n'existe plus aucune valeur, il reste une vague impression d'ironie qui fonctionne assez bien (merci au duo Bill Murray/Adam Driver qui fonctionne parfaitement dans ce registre). What a fucking world !
  • 27
    Bande-annonce

    Le Lac aux oies sauvages (2019)

    Nanfang chezhan de juhuì

    1 h 53 min. Sortie : . Thriller, drame et film noir.

    Film de Diao Yi'nan avec Hú Gē, Liao Fan, Gwei Lun-mei

    Plutôt très enthousiasmé par le film pendant son visionnage, 24 heures plus tard il ne m'en reste déjà plus grand chose. C'est sans doute ce que le film cherche quelque part : l'immersion par le souvenir, l'onirisme... Mais là où ce genre de film peut avoir tendance à m'obséder après le visionnage, ici il n'en est rien.
    Reste que le film est une belle réussite, sorte de Bi Gan sans la lourdeur (certains diront prétention). Dans ce rapport aux détails/objets (paquet de cigarette et briquet, les flingues, les chapeaux des baigneuses... et de manière plus abstraite le rapport à l'eau/la mer, les déplacements nocturnes, en scooter ou à pied) qui amène cet onirisme valorisant les rapports entre personnages, peu prompts à communiquer malgré leur soif d'ailleurs, que cela passe par une femme, un départ, un paquet de fric... Ou tout ça à la fois.
    On pense également à Entre le Ciel et l'Enfer dans cette chasse à l'homme amenant différents groupes à s'affronter à distance, notamment dans leur mentalité (l'ordre et le respect des policiers, tout en avançant à visage couvert, tandis que les truands se dissimulent dans leurs desseins avant de se révéler dans une sorte d'egotrip amenant le groupe au chaos, cf l’impressionnante scène d'introduction des souvenirs où le groupe, d'abord organisé, finit dans une baston générale).
  • 28
    Bande-annonce

    Sorry We Missed You (2019)

    1 h 41 min. Sortie : . Drame.

    Film de Ken Loach avec Kris Hitchen, Debbie Honeywood, Rhys Stone

    Quel dommage que Loach veuille à ce point enfoncer le clou. Comme le remarque justement le sergent dans sa critique, faire passer l'injustice sociale dans le fait divers... Et refuser à ce point de donner du répit à ses personnages.
    Mais toute la première partie est particulièrement prenante et efficace dans l'exposition des engrenages de l'uberisation. On commence par dire au personnage qu'en étant son propre patron, il aura le choix, puis un cut sur un plan éloigné du même personnage, perdu au milieu de dizaines de camionnettes blanches, toutes pareilles, pour révéler la véritable nature de ce "choix". Un salariat déguisé, le système économique qui doit continuer d'avancer coûte que coûte comme grand patron, et la dignité qui se fait la malle petit à petit de tous les côtés. Un peu plus d'équilibre dans l'écriture aurait été bienvenue.
  • 29
    Bande-annonce

    Douleur et Gloire (2019)

    Dolor y Gloria

    1 h 53 min. Sortie : . Drame.

    Film de Pedro Almodovar avec Antonio Banderas, Penélope Cruz, Asier Etxeandia

    Le film, par son aspect autobiographique et film somme d'un cinéaste que je ne connais quasiment pas, me faisait un peu peur. C'est pourtant par là qu'il se fait le plus touchant, dans cette honnêteté face à une vieillesse qui se fait de plus en plus écrasante, au point d'en perdre cette verve créatrice (ou plutôt, de croire que l'on ne peut y donner suite). Le plan final a d'ailleurs une façon de brouiller les limites entre fiction et réalité qui submerge. Je découvre également Banderas, et ce regard à la fois malicieux et désespéré... S'il est difficile pour moi par l'écart de génération de m'identifier pleinement au film, empêchant d'y voir tout ce qui y a été mis, il me donne en tout cas l'envie d'en découvrir plus d'Almodovar.
  • 30
    Bande-annonce

    J'ai perdu mon corps (2019)

    1 h 21 min. Sortie : . Drame, fantastique et romance.

    Long-métrage d'animation de Jérémy Clapin avec Hakim Faris, Victoire Du Bois, Patrick d'Assumçao

    Un beau film qui se repose sur des thématiques bien connues : la dépression, l'errance existentielle, le rapport au monde... Si le film sait être touchant, il ne propose rien de vraiment neuf en terme d'émotion dans ses parties plus classiques. Il faudra donc aller du côté des segments de la main pour trouver une représentation un peu plus originale de ces thèmes : la main comme lien au monde à retrouver, une envie de complétude à assouvir sans jamais pouvoir réellement y parvenir, le but que l'on se donne avec la peur d'être prisonnier de cette envie... La mise en scène y est dynamique, palpitante, et la faible durée du film permet de ne pas s'en lasser.
    Le long montage alterné que représente le film trouve une résolution réussie vers la fin, où tout s'imbrique d'une belle manière.
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