The colors will arise, keep it deep inside

Avis sur Here Comes the Indian

Avatar Lucid
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La semaine dernière je me suis remis à réécouter cet album, et je me suis dit que ça pourrait être l’image d’un trip d’une drogue quelconque, enfin selon quelques expériences et quelques rêves.

Native Belle serait la montée, et la première partie d’Hey Light, la grande explosion, la joie suprême. Mais la deuxième partie, ça serait le début de la descente, gentille avant le début de la fin avec Infant Dressic Table et un bad trip un peu triste, pour enfin arriver dans Panic avec une accumalation de tensions trop étranges qui vous force à aller vers un sommeil, un semblant sommeil caractérisé par Two Sails on Sound, où tout est trouble, où il faut forcément reprendre quelque chose pour ravoir un semblant de joie (Slippi) avant de finalement se rendre compte que c’est sympa mais que c’est un peu triste cette obligation (Too Soon).

M’enfin en dehors ça, reste ce Here Comes the Indian, premier album officiel d’Animal Collective. Et c’est l’album qui colle le plus à ce nom grâce à une sorte d’animalité assez forte. Panda et Avey n’ont jamais été aussi déchaînés que pendant les premières minutes d’Hey Light, avec leurs cris peu humains, et la rage sur les percussions. Et aussi grâce à un côté ‘naturel’, plongé dans des racines un peu tribales, ou des racines tout court. Hey Light (encore une fois) le montre très bien, avec sa deuxième partie un peu étrange, et les murmures qui se répètent sur de simples claps, comme une douce brise qui se faufile entre quelques branches. Et tout ça sur le même morceau.
Un peu psychotique, comme je vous le disais, et même disons le complètement perturbé. Car oui, Animal Collective a toujours eu cette sorte de climax entre grands moments de folie et grands moments de tranquillité, de temps à autres un peu tristes.

Mais là, c’est un peu un autre stade, c’est la Panic : pendant presque trente minutes, de la deuxième partie d’Hey Light jusqu’à Two Sails on Sound, aucune réelle explosion, aucun réel brin de soleil, juste un son très anxiogène mais aussi un peu doux, les quelques paroles sont mâchés, dites à voix basses, les morceaux s’étendent dans un mouvement de répétition perpétuel. Rien ne va plus. Même dans les morceaux joyeux, on sent que quelque chose est un peu brisé. Prenez Native Belle, qui a pourtant les grandes caractéristiques d’un morceau fou d’AnCo (première période), à savoir, répétition exacerbée de deux lignes de paroles, les cris hauts perchés en chœurs, percus tribales endiablés, se finit en une minute de descente un peu étrange.
On dirait même des morceaux pour enfants repris par des gens désabusés, et un peu drogués. C’est beau.

En fait, c’est totalement le jumeau diabolique de Feels.

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