|

Melting-pot

Avis sur The 2nd Law

Avatar Koopah
Critique publiée par le

Après la déception qu'a été The Resistance, les attentes étaient grandes au sujet de The 2nd Law, et on attendait le groupe au tournant. Les titres dévoilés avant la sortie "officielle" n'ont fait qu'aggraver la situation et ont installé une certaine peur parmi les fans des anglais : le grandiloquent Survival, l'étrange Unsustainable et l'inattendu Madness ont fait couler beaucoup d'encre, je ne m'étendrai pas sur le sujet...

Une fois l'album lancé, toutes nos incertitudes, craintes et hésitations sont littéralement pulvérisées par la bombe qu'est "Supremacy", du Muse dans toute sa splendeur, rugissant de puissance. L'erreur est justement là : la barre est placée beaucoup trop haut dès le premier titre. On se dit tout de suite que l'album va être excellent malgré les quelques titres assez plats révélés ces derniers mois... et c'est justement "Madness" qui suit, étrange mais relativement bon morceau, mais qui impose un contraste d'énergie écrasant entre lui et "Supremacy".

Toute la motivation est donc écrasée d'un seul coup, mais revient de plus belle avec le troisième titre, "Panic Station", tout aussi étonnant que délicieux, je vous laisse découvrir.

L'arrivée de "Survival" et son prélude désormais connus continue de nous faire penser que cet album est finalement très bon, mais cette idée est directement anéantie par le titre suivant, "Follow Me", un message d'un père (Bellamy) à son futur fils sous forme de tube électro resplendissant de niaiserie...

La suite, "Animals", rehausse un peu le niveau avec une structure qui m'a personnellement fait penser à "Invincible". Un très bon morceau, mais qui est malheureusement suivi de "Explorers", une ballade rock qu'on aura tôt fait d'oublier, et "Big Freeze", un pop-song assez agréable à écouter mais qui ne se démarque pas assez à mon goût.

Et c'est là que les choses s'emballent : Matthew décide de se casser et laisse le micro à Chris, qui est aussi lamentable au chant qu'excellent à la basse. Il vient donc pleurnicher à propos de ses anciens problèmes d'alcool sur "Save Me" et se la joue ensuite à la Sum 41 sur "Liquid State", un morceau au potentiel énorme (on retrouve l'énergie bien connue de Muse dans l'instrumental), mais malheureusement gâché par le chant et la durée. Mettez-y un Bellamy au top de sa forme au micro et on aurait eu là un des meilleurs moments de l'album... Dommage.

"The 2nd Law" se clôture sur les deux instrumentales prévues, la Dubstepienne "Unsustainable" et l'excellente (bien que courte et pas assez osée selon moi) "Isolated System".

Après l'écoute de l'album, on est pas trop sûr d'avoir écouté du Muse en fait. L'agencement des morceaux est tellement décousu et inégal qu'on a surtout l'impression d'avoir entendu un melting-pot bourré de références aux grands groupes de ces 40 dernières années.
Mais il faut aussi avouer que nos anglais ont osé innover, en se cherchant justement dans un maximum de genres et en abordant des sujets assez intimes, et c'est là-dessus que je qualifierais l'album "The 2nd Law" comme un des plus personnels du groupe.

Résultat assez mitigé pour ma part donc, on retrouve la puissance du Muse qu'on adore tant à certaines reprises, mais ils nous proposent en même temps autre chose, ils nous montrent qu'ils ont grandi et que leurs goûts musicaux ont grandi avec eux. Cela se ressentait déjà sur "The Resistance", et c'est "The 2nd Law" qui nous le confirme.
Il ne faudra donc plus attendre d'eux des "albums-bombes" comme "Origin of Symmetry" ou "Absolution" l'ont été, car leur style musical est justement en train de se transformer. C'était à prévoir en écoutant "The Resistance", c'est désormais confirmé avec "The 2nd Law".

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 337 fois
4 apprécient

Autres actions de Koopah The 2nd Law