Le visage de la honte

Avis sur The 2nd Law

Avatar Lucid
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Bienvenue dans un monde prétentieux, un monde où les limites du mauvais goût n’ont aucunes frontières, un monde où Muse règne sur la scène du rock mondial. Ce qui est assez triste quand on écoute leur deux derniers albums, pompeux jusqu’à la moelle, mais bon faut faire avec. Et paf, la nouvelle galette du trio anglais voit le jour. Où l’on nous promettait encore plus de grandiloquence, de talent, d’originalité, bref, un gros coup de vent.
Alors oui forcement j’ai jamais apprécié le groupe (même quand j’étais ado, c’est pour dire), on va me traiter de connard prétentieux, mais merde à un moment faut ouvrir les yeux, c’est catastrophique de bout en bout. Un rapide tour de la monstruosité pour constater l’ampleur des dégâts :

Supremacy: où l’on se croit intelligent et fin d’esprit parce qu’on mélange arrangement classique avec des grosses guitares, alors qu’on sonne comme un mauvais groupe de hard rock symphonique.
Madness: où l’on remarque que Bellamy aime toujours autant pomper le plus mauvais Queen mais avec des pointes de Radiohead pour être original.
Panic Station: où l’on essaye de se la jouer funky, mais où l’on sonne encore plus ringardement que dans les années 1980.
Prelude: où l’on se la joue musique classique pour impressionner la masse.
Survival: où l’on continue à pomper Queen allégrement, mais avec cette touche musienne (sur les solos de guitares, insupportables).
Follow Me: où l’on utilise un synthé que New Order n’aurait même pas osé utiliser, avec du bon gros drop à la Skrillex et sa brostep immonde.
Animals: où l’on fait un classique de hard rock de fillette des années 1990 : ballade aux airs pseudo-romantiques avec du solo qui tâche.
Explorers: où l’on a entièrement le temps de se délecter des abus de la voix de Bellamy pendant une ballade au piano particulièrement sans charme.
Big Freeze: où l’on en a un peu marre de Queen, merde, c’est sympa de varier les plaisirs, donc où l’on se retrouve avec du U2 sans saveur (alors que le groupe de base n’en a pas beaucoup, il faut reconnaitre un certain génie)
Save Me: où l’on trouve ça marrant de faire chanter le bassiste (ça permet d’oublier un tant soit peu Bellamy ce n’est pas trop mal) et de traiter la voix comme du Radiohead tout en sonnant comme du Coldplay (l’originalité était pourtant au programme, c’est triste).
Liquid State: où l’on continue avec le bassiste qui a décidément une voix bien banale. On constatera que les paroles écrites par celui-ci ne sont pas d’une grande profondeur.
The 2nd Law: Unsustainable: où l’on atteint les bas-fonds musicaux, en continuant à faire de la brostep insipide (ô le joli pléonasme), digne d’un mauvais DJ qui voudrait copier du Skrillex.
The 2nd Law: Isolated System: où l’on est heureux d’arriver à la fin du disque, mais où l’on subit pendant cinq minutes un piano qui tourne en boucle avec une montée de beats sans utilité. Une bien belle façon de conclure.

Voilà. Ce fut surement l’épreuve musicale de l’année la plus rude de l’année (The Seer c’était un tour de poney à coté de ça), j’en sors presque souiller, et malpropre. Muse est définitivement le plus grand groupe d’escroc de cette décennie (et surement de celle qui commence).

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