C'est fini entre nous

Avis sur The 2nd Law

Avatar Pseek
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Muse, c'était mon groupe favori durant mon adolescence emo-boy, à l'époque où c'était encore vraiment bien (les deux premiers albums quoi). Et le trio britannique est resté un peu mon groupe de la honte, que je suivais contre vents et marées hipsters, allant faire des giga concerts dans des stades, appréciant presque les paroles à l'eau de rose. Un groupe de la honte qui a confirmé son statut avec les premiers extraits de The 2nd Law. Pourtant, cet album était fait pour me plaire : la pochette est un cerveau vu en tenseur de diffusion, un truc que j'avais vu en cours de neuro ! Bref, hormis le caractère à nouveau pompeux de ce début d'album, j'avais surtout peur.

- Supremacy commence, un riff qui tâche, ça fait penser à Kashmir, un peu trop même. Mais le titre reste efficace et a moyen d'envoyer en live. Tout est là, les petites envolées lyriques. C'est pas mal du tout mais c'est déjà entendu 20 fois chez Muse.
- Madness, c'est de la grosse merde. Je me souviens avoir tant détesté Undisclosed Desires de l'album précedént. Mettre ce titre après Supremacy, ça gâche définitivement ma demi-molle.
- Panic Station ou la tentative de funk de Muse. Muse et du funk ? Non mais sérieusement ? Nice try.
- Prelude qui amène Survival forment au final pour moi la chanson la plus aboutie de l'album. Quitte à faire du pompeux, autant y aller franchement en prenant comme cadre le sport et les JO de Londres. L'influence de Queen frappe bien évidemment encore, tout comme dans United States of Eurasia de The Resistance. Une chanson de stade.
- Après un début d'album manichéen, on arrive dans le ventre mou de The 2nd Law. Le début de Follow Me commence bien et laisse suggérer un titre un peu sombre, presque Radioheadesque. Mais non, le refrain commence ensuite avec un fond de dubstep.
- Allez, c'est un album de reprises en fait. Donc avec un titre comme Animals, je m'attendais presque à du Pink Floyd. Dans cette chanson, j'ai l'impression que Bellamy ne sait plus chanter, ou je me lasse je sais pas. Mais tenir ses notes aussi longtemps, c'est usant à force. On dirait qu'il ne dit que trois mots dans le titre. Animals reste pas trop mal d'un point de vue musical cependant, ce qui est difficile à trouver en considérant tout l'album, le petit riff qui amène l'espèce de refrain est entraînant.
- Explorers. Bellamy a voulu écrire une berceuse pour son nouveau-né. On lui pardonne.
- Au début de Big Freeze, je pensais m'être perdu sur un mauvais album de U2 avec un miss click.
- Save Me ou le premier titre ou le bassiste est le lead singer ! Ses premières paroles sont "Save Me". On comprend pourquoi.
- Wah un deuxième titre avec le bassiste et ce Liquid State. Mais cette fois il est tout énervé et montre toute la non-étendue de sa puissance vocale. Il faut noter qu'avec un chanteur plus traditionnel, Save Me et Liquid State restent assez entêtantes, la faute sûrement à la structure traditionnelle des deux titres. Quand on pense que le titre va démarrer, il s'arrête.
- J'avais un bon souvenir du planant triptyque Exogenesis du dernier opus. J'attendais forcément avec impatience ce diptyque final intitulé sobrement The 2nd Law. The 2nd Law : Unsustainable commence bien avant le robot dubstep, ce qui suit se transforme irrémédiablement en guimauve musicale. On souhaite que ce soit "unsustainable".
- Le morceau final The 2nd Law : Isolated System est le titre le plus sage de l'album, permettant de se soulager après les montagnes russes de cet album écouté. C'est un morceau qui rend presque nostalgique quand on pense à ce que Muse est devenu. Enfin, c'est la sensation que j'ai eu.

J'aime observer une certaine cohérence dans les albums, une ambiance, une couleur, même en abordant des styles différents. Cette ambiance, je l'avais par exemple avec Origin of Symmetry, voire The Resistance. Avec un pot-pourri tel que The 2nd Law, difficile de trouver une cohérence tant le groupe aborde des styles étonnants pour eux comme le funk ou la dubstep. Le chant de Bellamy est de plus en plus pompeux, ses riffs ne se renouvellent pas, il manque une petite touche de technique, un morceau de piano, une ligne de basse à la Hysteria, un riff à la New Born. Aucun morceau ne se détache vraiment de l'album, tous sont taillés pour la radio, à peine pour le live. Quand on ré-écoute un Stockholm Syndrom, un Hysteria, un Feeling Good et d'autres, on a du mal à croire que ce soit le même groupe. Je comprends que Muse veuille changer, mais ils ne vont pas dans le bon sens. Tant pis.

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