Beauté.

Avis sur Blade Runner

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Critique publiée par le (modifiée le )

Le mois dernier, j'ai discuté avec cette fille avec qui je travaillais, qui m'a demandé quel était mon film préféré. Instinctivement, j'ai répondu Blade Runner.

Elle n'avait pas l'air d'en avoir déjà entendu parler et m'a demandé : "de quoi ça parle ?"

De quoi ça parle... Je me suis mis à réfléchir un moment, bien embêté que j'étais de ne pouvoir répondre simplement à cette question.

De quoi parle Blade Runner ? Basiquement, c'est l'histoire d'un mec qui bute des androïdes dans le futur, pas super enthousiasmant pour le non-initié.

Une réponse m'est venue à l'esprit, c'était quelque chose de ce genre : "Ce dont parle Blade Runner n'est pas important, l'essentiel, c'est sa façon de le raconter, Blade Runner est beau. Parfaitement beau. Je pourrai imprimer chaque seconde du film pour en faire des posters pour que mon appartement soit le plus beau de tous les appartements, tant chaque vue, chaque couleur, chaque ombre, chaque lumière, chaque posture est parfaite. Harrison Ford en Rick Deckard fragile, résigné, déterminé et implacable est beau. C'est volontiers l'homme avec qui je le ferait si je devais le faire avec un homme -juste après Steve Buscemi-. Sa façon de faire l'amour à une femme est parfaite, son regard enivrant. Joanna Cassidy en Zhora et Sean Young en Rachel sont dans ce film les plus belles femmes jamais vues et Darryl Annah en Pris me donne des frissons à chacune de ses apparitions tant elle est parfaite. Je suis fasciné par la fumée depuis que j'ai vu une voiture voler dans Blade Runner, obsédé par les automates depuis que j'ai vu les créations de Sebastian, passionné par les yeux depuis ceux de Tyrell, envoûté par les moustaches depuis Hannibal Chow, ébloui par les averses. L'esthétique de Blade Runner est aussi sonore, où chaque bruitage, chaque réplique, chaque note jouée par Vangelis, est encore une fois, parfaite. Blade Runner, ça parle de l'amour, de la mort, du doute, de la délivrance, de l'identité, de l’esthétisme, de l'éthique, de la volonté, des idéaux, des valeurs, de l'acceptation, de l'inéluctable, de la fatalité, des rêves et des réalités.

Tout dans Blade Runner n'est que question de beauté et de perfection."

Et puis je l'ai fixée, j'ai remarqué sa triple couche de fond de teint qui séparait son visage du reste de son corps, ses cheveux bien trop lisses, ses talons-échasses et son pantalon taille basse qui la rapprochait plus d'un cheval que d'une femme, et je me suis mis à repenser au début de notre conversation, ce moment où elle me dit que son film préféré c'est PS I Love You et qu'elle m'annonce à quel point je suis étrange quand je lui raconte que Amoureux Solitaires est une sublime chanson d'amour. J'ai pensé au temps qu'elle avait mis ce matin là dans sa salle de bain pour s'enlaidir, j'ai pensé à ce moment où elle s'était arrêtée dans un magasin pour acheter Cosmopolitain, son RDV lecture mensuel.

Et puis je me suis dis que parfois certaines choses ne méritent pas d'être gaspillées, alors je lui ai simplement dit : "J'aime les jolies choses, et Blade Runner est la plus jolie de toutes les choses."

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