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Critique : Expendables 2 (par Cineshow)

Avis sur Expendables 2 : Unité Spéciale

Avatar Mathieu  CRUCQ
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Lorsque le projet Expendables 1 avait été annoncé il y a maintenant plusieurs années grâce à l’impulsion de Sly, la testostérone de tous les afficionados de films d’action des années 80 avait commencé à mousser sévère. Autant d’action heros réunis autour d’un même titre, ce n’était même plus un rêve, mais clairement un fantasme qui allait prendre vie sous nos yeux. Stallone qui sortait de deux réalisations très convaincantes (Rocky Balboa et John Rambo) prenait alors les reines de ce que chacun espérait comme un immense clin d’œil à toute une génération. Mais la douche fut froide pour ne pas dire glacée au moment de découvrir cette réunion de papys tant attendue, un sentiment d’inachevé prédominant l’ensemble du long-métrage.

Dans ces conditions, la mise en marche d’un Expendables 2 semblait clairement inopportune. C’était sans compter la capacité de Sly à mettre son égo de côté et à laisser un autre s’occuper de la caméra. Un choix des plus judicieux puisque ce second épisode, à la surprise générale, se situe à un niveau que l’on n’attendait pas vraiment. C’est assez simple, avec Simon West à la réalisation (on lui doit Tomb Raider ou Le Flingueur notamment) et Sly au scénario, cette suite des aventures de la bande à Barney Ross ressemble à une véritable orgie de violence, d’humour et de clins d’œil nostalgiques, une surenchère totale et salvatrice qui marque enfin le retour triomphant des gros bras d’antan. Ce n’était pas trop tôt !

Il suffit d’une minute à toute cette joyeuse bande pour prouver aux spectateurs que le film n’aura pas grand-chose à voir avec le précédent. Des jeeps et hummers de combat déboulent d’une colline, explosent tout, Statham se place derrière la sulfateuse et c’est parti. The Expendables 2 atomise en une scène son prédécesseur dans un prologue absolument fou, tonitruant, assourdissant, une séquence d’action qui n’a que faire de la cohérence ou de la logique pour tout dévaster sur son passage. Pendant près de 15 minutes, notre équipe décime une garnison entière de vilains Népalais, enchainant à un rythme effréné explosions, fusillades et destructions en tout genre sur tout type de véhicules (voitures, camions, hydroglisseurs, jets ski, avions etc…) tout en commençant à placer les nombreux clins d’œil et références qui donneront au film tout son sel (n’oubliez pas de lire les inscriptions sur les véhicules, si vous connaissez vos classiques, vous devriez apprécier).

La tonalité globale à l’ensemble est donnée. Ca va défoncer dans tous les sens du terme, ça va être fun, décomplexé et ça va caviarder tous les acteurs pour qu’ils placent les répliques que tout le monde attend. Un brossage dans le sens du poil en règle qui construit son histoire beaucoup plus autour de son cahier des charges et des stars présentes qu’autour d’un vrai scénario. Car pour être honnête, le scénario est d’une abyssale connerie, une vague histoire de vengeance pour justifier qu’ils aillent tous se mettre sur la tête. C’est le niveau 1 du pitch du film d’action et cela autorise tout et n’importe quoi en scènes aberrantes comme tirer au bazooka sur un camion rempli de plutonium mais peu importe, l’intérêt n’est pas là. L’intérêt, c’est l’action, l’action, l’action, l’humour, la nostalgie et encore l’action. Et sur cette base, le film de Simon West se place comme un véritable Everest qui ne trouve aucun équivalent récent, un film comme à la bonne vielle époque où un gars arrivait seul face à 100 mecs et s’en sortait sans une égratignure.

On n’aurait pourtant pas parié 10€ sur Simon West, yes man à Hollywood, mais il faut reconnaître que le bonhomme à faire le job consciencieusement. On pourra toujours regretter voire s’indigner sur les scènes foireuses, cadrées et montées n’importe comment, trouver risible de nombreux dialogues dignes d’un comptoir de bar en fin de journée mais le miracle est pourtant là. Et lorsque film se doit d’être bon, lorsqu’il doit être le spectacle et la promesse annoncés, il répond presque toujours présent. Avec pas moins de quatre grosses séquences d’actions, toutes très généreuses, différentes et bien longues, Expendables 2 se renouvelle à de nombreuses reprises pour toujours surprendre les spectateurs et repousser le spectacle encore plus loin. Objectif avoué, amener progressivement vers le final monstrueux qui ne s’impose aucune barrière, un feu d’artifice visuel et verbal jouissif de bout en bout, qui s’offre en plus un regard empreint de lucidité sur la condition de ces héros dans le regard de ceux qui les ont toujours aimé.

Au-delà du chaos ambiant, cette suite à l’intelligence de ne pas faire croire que nos stars aient retrouvé leur jeunesse. Si des films comme Commando devenaient des films comiques un peu sans le vouloir, Expendables 2 assume son côté comédie d’action sans rougir ou baisser la tête. Ils ne sont plus très jeunes, voire pour certains même vieux (et ça me rend triste de le dire mais Schwarzi tout comme Sly tapent quand même les 65 ans) et pourtant, ils sont là, et c’est bien là l’essentiel. Les gags n’en finissent plus (et font souvent références aux carrières et aux vies de chacun d’entre eux), l’apothéose semble être éternelle et pourtant, à chaque scène, le film semble en avoir encore sous la pédale, à l’instar de l’arrivée incroyable de Chuck Norris. Une entrée improbable et savoureuse sur l’air mémorable de « le bon, la brute et le truand » pour l’acteur de Walker Texas Ranger qui se paiera même le luxe de nous sortir lui-même une Chuck Norris Facts. Arnold Schwarzenegger qui signe ici son grand retour devant la caméra écope cette fois d’un vrai rôle même si l’on aurait aimé le voir encore davantage. Cela dit, chacune de ces scènes provoque un tel bonheur que l’on ne peut que savourer tous les « I’m back » qu’il sort dès que l’occasion lui est donnée.

Expendables 2 n’est pas ce que l’on pourrait appeler un film mainstream, et encore moins commercial (même si l’avalanche de stars a cet intérêt aussi). Ceux qui n’ont pas grandi avec ces héros ne comprendront probablement pas ce qui leur arrive pendant 1h45 tant le grand n’importe quoi et la surenchère se révèlent être les maîtres mots. En revanche, pour ceux qui ont été élevés devant les Commando, Predator, Rambo, Last Action Hero, Die Hard et autres, Expendables 2 est le rendez-vous ultime que l’on attendait déjà dans le premier film. Ça n’a aucun sens, c’est totalement surréaliste, il y a des morceaux entiers à jeter notamment en terme de mise en scène mais voilà, le plaisir coupable est clairement au rendez-vous, la générosité déborde tellement de tous les côtés qu’il est bien difficile de faire la fine bouche ou de regretter quoi que ce soit. On partait de suffisamment loin pour que l’on puisse considérer cette suite comme une véritable bénédiction d’action. Yipikaï mother fucker !

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