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L'Homme à la caméra

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Mise en abîme de la pratique du cinéma au sens large : Le film s'ouvre sur une salle de cinéma qui se remplit progressivement. Au delà de ça, tout au long du film, on voit l'opérateur se promener avec sa caméra, on le voit filmer le spectacle de la rue puis filmer les réactions, les visages. Deux niveaux de réactions : celle des gens dans la rue et celle des spectateurs de la salle de cinéma face à eux même.

Fantasme de simultanéité : Dziga Vertov semble filmer tout ce qui peut se jouer en un instant "t" dans la ville d'Odessa. On y voit passer le train, des dames en calèches, un mendiant, des nourrissons, des sauteurs en hauteurs et autres athlètes, des mineurs, des emballeurs de cigarettes, des badauds, une sépulture, une naissance, des danseuses, des ouvriers, des footballeurs, le tramway, les voitures, la foule.

Et l'opérateur surplombe la ville, se mêle à la foule. La caméra prend le pouls de toute cette agitation. Le cinéma prend la mesure du paysage urbain et retranscrit le dynamisme pluriel des lieux et des habitants qui les peuplent.

Pour finir, la caméra se libère de l'opérateur et semble regarder seule ce petit monde. Elle est dotée d'un oeil autonome, qui, lorsqu'il se referme, clôt le film.

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