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Les Saveurs du palais

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La cuisine a toujours eu un rôle important au cinéma. Sans parler de scènes mythiques se déroulant dans des restaurants, de nombreux films sont consacrés aux arts de la table. De La Grande Bouffe à Tempête de Boulettes Géantes en passant par Vatel ou Ratatouille, de nombreux films apportent une sensation rare devant un écran : celle d’avoir faim. C’est aussi l’impression que donne le très joli Les Saveurs du Palais une fois les lumières de la salle se rallumant : celle de se précipiter dans un restaurant, ou mieux encore, dans une cuisine pour se mettre aux fourneaux.

Le nouveau film de Christian Vincent, réalisateur de Quatre Etoiles avec Isabelle Carré en 2006, nous plonge dans les coulisses de l’Elysée par la porte des cuisines. Basée sur l’histoire vraie d’une cuisinière ayant travaillé pour François Miterrand, l’histoire nous fait suivre les aventures d’Hortense Laborie recrutée à la campagne pour préparer les repas privés du Président et parce que celui-ci souhaite profiter d’une cuisine autentique, “bien de chez nous” comme on dit.

Catherine Frot, taillée pour le rôle, nous fait donc découvrir un personnage au caractère bien trempé et à la fois suffisamment en retenue pour ne pas verser dans la caricature, qui va devoir trouver sa place dans l’univers très masculin des cuisines générales du Palais, où les employés ont bien du mal à accepter cette concurrence “privée”. Elle va devoir faire également avec les aléas de la vie élyséenne et la bureaucratie française qu’on peut imaginer, même là-bas.
Mais Hortense Laborie sera également l’occasion pour le spectateur de saliver devant de la cuisine du terroir, car le personnage aime les produits de nos régions, la cuisine à la fois simple et raffinée, ou comment de vrais bons produits peuvent à eux seuls faire de l’excellente cuisine sans artifice ni vaine tentative de modernité.

On va découvrir également le Président, incarné par Jean d’Ormesson qui semble tout à fait à sa place dans ce rôle de monarque un peu au dessus des autres. En effet, contrairement à d’autres représentations de la vie politique où l’on cherche à nous montrer un personnage très humain, celui-ci semble se complaire dans les fastes de la vie présidentielle. Comme on peut s’en douter, c’est à travers l’héroïne du film et sa cuisine que l’on découvrira l’humanité du Président. L’Académicien prend dans tous les cas son rôle très au sérieux et, si par moment il s’inspire de Miterrand, est parfait pour le rôle.

Pour contraster avec le protocole et montrer la cuisine sous un autre jour, le film commence et se termine sur une base française au sud de l’Océan Pacifique, nous permettant de découvrir que l’on peut bien manger où que l’on soit mais aussi que la bonne cuisine ne rime pas forcément qu’avec luxe et richesse mais aussi avec passion et franche camaraderie.

Ce tourbillon de saveurs n’est pas sans un léger défaut : celui d’être gentillet. Conflits, concurrence, rivalité. Si tout est bien présent dans le film, ce n’est pas l’essentiel et peut-être aurait-on mérité de s’y attarder un peu plus. Le personnage de Brice Fournier, le Kadok de Kaamelott également restaurateur dans la vie, est ainsi sous employé. Peut-être est-ce une volonté de ne pas ternir l’image des cuisines républicaines ou d’être sympathique avec des personnages ayant sans doute existé puisque l’histoire est basée sur des faits réels.

Mais à la limite peu importe, tout cela est suffisamment sympathique, les images de cuisine sont suffisamment belles et on se laisse tellement porter par l’ensemble que ce n’est pas bien grave. Au final, Les Saveurs du Palais donnent surtout envie d’une tranche de pain de campagne, un morceau de foie gras du Sud-Ouest, d’un morceau de beau jambon cru voir de quelques lamelles de truffes arrosées d’huile d’olives. Un régal.

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