(500) days of Gwen Stacy

Avis sur The Amazing Spider-Man

Avatar kwyxz
Critique publiée par le

Sam Raimi ayant claqué la porte, les execs de Sony Columbia étaient bien emmerdés. Les modalités de leur contrat avec Marvel stipulant qu'il était indispensable pour eux de sortir un nouveau film Spider-Man sous peine d'en perdre les droits, une décision fut prise : il s'agira d'un reboot. Dix ans à peine après le premier épisode. Aux commandes de la machine de guerre, Marc Webb, arrivé là on ne sait trop comment après le gentillet (500) Days of Summer. Autant dire que la chose était mal embarquée dès le départ.

(ici ça spoile, vous pouvez passer direct au paragraphe suivant si vous n'avez pas vu le film et ne voulez pas rire)

C'est donc parti pour re-raconter les origines d'un personnage que personne n'a eu le temps d'oublier. Et le pire c'est qu'on va le faire en prenant son temps, et en enchaînant les débilités. Si vous aviez aimé Denise Richards docteur en physique thermonucléaire dans James Bond, vous adorerez Gwen Stacy stagiaire du labo de recherche en biologie moléculaire high-tech. Il faut croire qu'être première de la classe devant Peter Parker, le nerd cool qui fait du skateboard, permet d'obtenir des accès complets à l'ensemble des matériels du labo, même les plus sophistiqués et confidentiels. Ce brave Peter Parker dont l'oncle Ben se fait flinguer comme le veut la tradition, ce qui le rend très triste, mais pas trop longtemps parce que dix minutes après le drame, terminé on a d'autres chats à fouetter : un lézard géant débarque, après s'être construit un labo dans les égouts. Il avait peut-être perdu son badge d'accès à son labo high-tech, celui qui était désert parce que tout le monde avait été envoyé en vacances par le Dr Connors. Oui c'est lui le Lézard, on le découvre lors d'une scène aux SFX ratés où son bras estropié repousse, comme Piccolo dans Dragonball, mais en moins marrant. Il aurait dû essayer de récupérer le badge de Gwen du coup ! Mais non on est tellement mieux dans un égout, pépère, on peut se filmer et détruire la caméra après, comme ça, because we can. Le lézard comprend vite qui est Spider-Man, il faut dire que ce dernier se balade avec un téléphone portable et un appareil photo et dans sa combinaison en spandex il ne doit pas y avoir de poches pour les ranger. Donc comme il est prévoyant il a collé en gros "Property of Peter Parker" sur l'appareil photo, des fois qu'on ne le reconnaisse pas tout de suite à chaque fois qu'il enlève son masque sans raison comme lors de cette baston avec le Lézard dans le lycée. Le Lézard y casse tout d'ailleurs, enfin, tout ce que Peter n'avait pas déjà cassé avant comme cette fois où il explose un panneau de basket après un bond de dix mètres de long et de trois mètres de haut. Ou cette fois où il a tordu un poteau de football avec un ballon. Ah ah ah ! Tout le monde avait bien ri, personne n'avait trouvé ça anormal. Pas même Flash la grosse brute caricaturale de l'école qui se fait soulever de vingt centimètres par le maigrichon du coin. Heureusement que le lycée dispose des pouvoirs de régénération du Lézard parce qu'une fois tous ces ennuis terminés Peter revient en classe et tout a été réparé ! Voilà qui tombe quand même rudement bien.

Mais je m'égare.

Comme le script du film en fait.

Si des gens ayant détesté Prometheus à cause de ses problèmes de scénario ont aimé ce Spider-Man, j'aimerais vraiment qu'ils prennent le temps de m'expliquer ce qui leur a plu là-dedans. Prometheus avait pour lui une esthétique, des décors, un background, un univers plutôt réussis. Dans The Amazing Spider-Man, il n'y a rien. Rien qu'un New York en carton-pâte qui sonne terriblement faux, les plans larges sur Manhattan occultant curieusement Central Park, l'Empire State Building, la Chrysler Tower... à croire que très peu de scènes ont réellement été tournées dans la Big Apple.

Alors ouais, Andrew Garfield fait ce qu'il peut mais son Peter Parker a moins de gueule que celui de Maguire. Emma Stone est très mignonne mais sa Gwen Stacy qui crie à son père "j'ai dix-sept ans !" a fait rire toute la salle tellement il est évident qu'elle en a cinq de plus. Martin Sheen a deux répliques marrantes, aurait pu être un formidable Oncle Ben mais il est réduit au service minimum. Et Denis Leary est affreusement mauvais. On se demande comment il a réussi à décrocher un rôle dans un film au budget pareil.

Les SFX tiennent globalement la route mis à part donc la fameuse "naissance" du Lézard. Mais doux Jésus que ce film manque d'âme, qu'il manque de profondeur. Là où les deux premiers opus de Raimi étaient de vraies analyses intelligentes des rites et codes de l'adolescence, ici rien ne tourne rond. Le scénario n'a ni queue ni tête, l'histoire d'amour n'est pas crédible une seconde, les motivations des personnages et surtout celle du super-vilain encore moins. Et le score de James Horner, quelle catastrophe dégoulinante et pompeuse. Ah si, un truc est très, très réussi : l'apparition de Stan Lee. C'est bien maigre.

Au vu de la colossale campagne marketing ayant précédé la sortie du film (25 minutes d'images éparpillées en teasers, trailers et autre promo, c'est assez parlant), il semble que même Sony avait du mal à trop y croire. On comprend pourquoi.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 3215 fois
134 apprécient · 9 n'apprécient pas

Autres actions de kwyxz The Amazing Spider-Man