Batman à la hauteur de sa légende (SPOILER)

Avis sur The Dark Knight Rises

Avatar Guistrom_R
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-> ATTENTION : À ne lire que si vous avez déjà vu le film !

Il est difficile pour moi de faire une critique d'un film que j'attendais autant. Je l'avoue, la peur du manque d'objectivité est grande, mais en même temps compensée par mon exigence personnelle sur l'univers de ce personnage que j'aime tant. Mais me voilà aujourd'hui, 4 jours après mon premier visionnage (en VO, je précise), décidé a en découdre avec celui-ci. Voici donc une critique analytique. Celle-ci est tout de même susceptible d’évoluer (légèrement), après au moins un second visionnage.

Introduction & contexte

Nous voici donc plongés 8 ans après la fin de Batman The Dark Knight, qui avait crevé les écrans, et était devenu, de par notamment la performance du défunt Heath Ledger, LA référence en la matière. Ainsi, cette suite et fin de la trilogie s'exposait logiquement à la comparaison des précédents volets, mais surtout du second aux yeux du grand public. Après une scène d’intro spectaculaire, mettant en scène Bane, sur lequel nous reviendrons plus tard, on retrouve le Bruce, très vieux garçon, cloitré au fond de son manoir. Car cette fois-ci, et contrairement au volet précédent, le Batman est porté disparu. En effet, après son sacrifice à la fin du second film, celui-ci a décidé de ranger sa cape dans son tiroir, et de se terrer chez lui, loin de tout le monde. Pourtant, le bougre va devoir sortir de son terrier, après avoir été le témoin d’un larcin dont il fut la victime. Si le bien qui lui a été volé l'interesse grandement (le collier de sa mère Martha) , ce sont surtout ses empreintes que l’on a pris soin de récupérer sur son coffre qui l'intrigue. En effet, la belle Selina Kyle semblait tout aussi attirée par les perles que par les traces de doigts laissés par le milliardaire sur son beau coffre-fort. Afin de savoir à qui il a à faire, Wayne se replonge, l‘espace d’un instant, dans sa grotte, sous le manoir Wayne pour retrouver la trace de sa voleuse. C’est le début de la fin.

Un casting brillant, et des personnages convaincants (?)

Pour conclure sa trilogie, Nolan s’est appuyée évidemment sur les piliers qui ont fait le succès des deux premiers volets. De Gary Oldman à Morgan Freeman, en passant par Michael Caine, et bien évidemment Christian Bale, les acteurs concluent leur travail en beauté. Mention spéciale à Christian Bale, qui donne a Wayne encore plus de profondeur et de torture, ainsi qu’a Monsieur Michael Caine, qui même s’il reste toujours discret, comme lors des deux premiers films, offre une partition sans fausse note, et parvient a nous émouvoir encore un peu plus.

Mais pour sa conclusion, Nolan a étoffé son casting, avec l’arrivée de nouveaux personnages. Et, justement, elle fait partie des nouveaux dans ce casting, et elle va très vite percer l’écran. Pour certains, Anne Hathaway (Catwoman) n’est pas assez présente dans l’opus. La faute au montage ? Sans doute ! En effet, le film de Nolan aurait dépassé les 3h15 après le premier montage, mais la Warner aurait fait son possible pour le raccourcir. On est donc en droit d’espérer une version longue. Mais revenons à nos moutons. Dans le rôle de Selina Kyle, Alias Catwoman dans l’univers du chevalier noir, Hathaway réussit parfaitement à relever le défi, en proposant un personnage assez convaincant, et qui parvient à répondre à la prestation de Michelle Pfeiffer dans ce même rôle, bien des années plus tôt, sous le commandement de Tim Burton. Ainsi, la jeune femme a la silhouette féline donne la réplique avec l’aisance et la suffisance propre a son personnage. Son personnage qui d’ailleurs est encore une fois très proche de celui des comics, et autres références de Batman, et ce, notamment, dans sa relation avec Batman. Dans un genre tout autre, Tom Hardy fait lui aussi son apparition a l’affiche, avec le rôle du grand méchant Bane. Si l’on reviendra plus tard sur le personnage en question, et les vives critiques qu’il soulève, on peu tout de même noter que la performance de Hardy dans le rôle est bonne, et qu’il parvient a donner à Bane toute la noirceur que celui-ci incarne. Pas grand-chose à dire donc sur sa performance. Autre nouvel recrue, et pas des moindres, Joseph Gordon Levitt. C’était l’une des interrogations qui tournait autour de ce dernier opus de Batman. En effet, le nom du personnage ne se rattachait à aucun de l’univers original, et le doute planait donc autour de celui-ci. Qui était donc ce «Blake» ? Très vite celui-ci se pose comme un bon flic, motivé, et porté par sa conviction de faire régner la justice. Il salue d’ailleurs sans honte le travail du Batman, dont on comprend vite qu’il en connait la véritable identité. C’est sans doute d’ailleurs l’un des pans les plus bancals du film tel qu’il est actuellement. Mais la réelle question autour de ce nouveau personnage était bien sûr : Est-ce Robin, l’allié de Batman ? Au vu de son âge cela semblait impossible, pour les Fans dont je suis. D’autant que le personnage a souvent été décrié, surtout après avoir été massacré par Chris O'Donnell dans le tristement célèbre «Batman et Robin». Mais Nolan a pourtant su faire tourner les choses à son avantage. En ne prenant pas le risque de le faire apparaitre dans sa tenue moulante, et grâce à une habile révélation, il fera de ce personnage ce que tout le monde finalement attendait. Les très très grands amateurs de l’univers regretteront cependant que Nolan ait fait un «écart» avec le comics, dans le choix du nom qui révèle la future identité héroïque de celui-ci, à savoir Robin en l'occurrence, alors qu’il aurait dû être Richard (Dick Grayson), Jason (Todd) ou Tim (Drake). Mais il a fait ce choix afin que l’ensemble du grand public comprenne. Peu importe, le message est passé, et on pardonne au réalisateur cette petite liberté.

Le cas Cotillard

Vous l’aurez noté, je n’ai pas encore abordé tout le monde. En effet, il reste encore la dernière «grande» tête d’affiche du casting, à savoir Marion Cotillard. Celle-ci méritait un paragraphe particulier. En effet, elle a énormément fait parlé après la sortie du film, déchaînant les critiques les plus violentes, et allant même jusqu'à ce faire huer lors de l’avant-première du 21 Juillet dernier au Grand Rex, à l’apparition de son nom au générique. Alors pourquoi tant de haine envers elle ? La raison est simple. Son personnage, présenté comme Miranda Tate, et qui s’avère finalement différente, puisqu’elle n’est autre que la fille de Ra’s Al Ghul, Talia, qui nous offre encore une fois un vrai respect de l’univers Batman, notamment dans sa relation avec la chauve-souris, nous gratifie d’une sortie totalement loupée. À point tel que, après avoir vu la scène, on se demande vraiment comment Nolan a pu dire «Ok». Mais si l’on passe outre cette mort, certes digne d’un enfant de 5 ans, la performance générale de Cotillard dans le film en lui-même ne mérite pas tout ce déferlement médiatique qui l’entoure. Le reste de sa performance est juste, et assez crédible, que l’on aime ou non l’actrice qu’elle est. Dommage donc d'être, pour beaucoup, tombé dans la facilité et d’avoir autant frappé sur la tête d’une actrice qui n’en méritait pas tant.

Bane et les comparaisons injustes

Pour Tom Hardy, le défi était de taille lorsqu’il a accepté le rôle. Passer après Heath Ledger (Le Joker dans The Dark Knight), dans la peau du principal méchant d’un Batman allait forcément l’exposer a d'inévitables comparaisons. Mais celles-ci sont-elles pour autant justifiées? Je suis catégorique, la réponse est : NON ! On peut lire un peu partout que Bane manque de charisme, de profondeur, qu’il n’est rien comparé au Joker de Heath Ledger. À ceci, la seule réponse a donné est simple : le Joker a toujours été LE méchant de Batman, le plus charismatique et le plus psychédélique. Bane lui, a toujours été un méchant, méchant par excellence. On ne peut pas attendre autant de Bane sur le plan du charisme et la psychologie que le Joker quand on connait un tant soit peu l’univers de Batman. C’est vraiment méprendre les personnages. Son arrivée, orchestrée par Roland Daggett est une vraie trouvaille, là encore, de Nolan. Pour le reste, Bane suit à la lettre dans son comportement celui des comics, et c’est tout ce qu’on lui demande. On ne pourra faire à Nolan qu’un éventuel reproche, celui d’avoir changé le design du personnage, et lui retirant son célèbre masque de Catcheur pour un appareil qui lui couvre une partie du visage. La raison est peut-être, encore une fois, «Batman et Robin», que Nolan a voulu éviter de rappeler en reprenant un design similaire à celui utiliser dans ce même film. Mais encore une fois, il donne une explication, une cohérence a ce choix, et le justifie totalement. Le seul point litigieux véritablement reste la voix du mercenaire, qui est parfois quasi inaudible (en VO).

Musicalement vôtre

Pour conclure sa saga, déjà épique, Nolan a une nouvelle fois appel à Hans Zimmer. Et cette fois, il travaillera seul, sans l’aide de James Newton Howard. Un mal pour un bien finalement, puisque sur ce point, Zimmer est égal a lui même, nous offrant une BO certes parfois proche des deux premiers opus, mais sachant aussi s’en séparer quand il le faut. Une réussite encore une fois. Nolan lui aura réussi un bon coup, en laissant sans musique aucune l’une des scènes clés du film, opposant pour la première fois Bane et Batman. La souffrance de celle-ci n’en est que plus intense. Du sans-faute !

Une fin chaotique

Nolan l’avait annoncé, il y a déjà plus d’un an, et avait continué jusqu’à la sortie, avec des teasers, Bandes-Annonces, affiches et autres infos et rumeurs qui ont couru sur la toile : Batman The Dark Knight Rises allait être chaotique ! Sur ce point, il ne nous a pas déçus. Si, c’est vrai, la première demi-heure, après la formidable intro, parait, sur l’ensemble du film, un peu longue, le film prend ensuite un rythme crescendo, jusqu’à atteindre un point extraordinaire. Dans cet ultime volet, si les critiques sur le manque de charisme du méchant ont notamment fusé, c’est aussi parce que bon nombre de spectateurs n’ont pas vu qui il était vraiment. Bane ne tient que le rôle du méchant d’apparence, mais au fond, le véritable ennemi de Batman est sans nul doute Bruce Wayne lui-même. C’est là qu’est la clé de toute la psychologie de ce film. Nolan a fait de Bruce Wayne et de Batman un seul et même être plus torturé qu’il ne l’avait jamais été. C’est grâce à cela que le film prend tant d’ampleur, de noirceur, de violence psychologique. Ce héros que tout le monde attend, et que lui même ne sait plus qui il est. Ce renoncement, ce refus de la peur de mourir. L’essence de ce film et sa force résident dans ces mots. Nolan voulait boucler la boucle, et il a réussi. Il a fait le tour de cet univers, en faisant traverser toutes les épreuves et tous les stades qu’il voulait au chevalier noir. Restait à savoir s’il allait oser le tuer. Beaucoup l’espéraient, comme moi, mais en même temps le craignaient. Comment le faire disparaitre ? Bane sera donc le plus fort ? Il terminera sur un échec ? C’est finalement de par son génie que Nolan a su répondre à ses questions, et donner à Batman toute la splendeur qu’il mérite.

Une question de regard

Pour beaucoup ce film n’est pas à la hauteur des attentes et de la campagne qu’il a menée avant sa sortie. Pour l’apprécier à sa juste valeur, il fallait avoir une certaine connaissance du personnage de Batman et de la vision qu’en a Nolan. Mais il fallait aussi, quelque part, une âme d’enfant prête à resurgir. Nolan m’a fait redevenir, l’espace de 2h45 un enfant, et m’a redonné un héros. On pleure quand nos héros meurent, mais on en est aussi fier. Nolan m’a donné ses deux sentiments avec ce troisième et dernier film, qui s’avère pour moi, le meilleur de la saga.



Bravo, et merci, d’avoir rendu à Batman la légende qu’il mérite.

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