Résidu Débile

Avis sur Resident Evil 6 sur Xbox 360

Avatar Jerem Mass
Test publié par le (modifiée le )
Version Xbox 360

Salut à tous, ceci est une critique évolutive ! Ca veut dire que je modifierai la note au fur et à mesure de ma progression dans le jeu, au fil des différentes campagnes.

Ah, Resident Evil ! La saga phare du Survival Horror, ce jeu que j'ai tant regardé chez des amis plus âgés, comme s'il s'agissait d'un film auquel je n'aurais jamais cru oser toucher, cette expérience vidéoludique sans nom quand quelques années plus tard j'ai enfin pu y gouter, pad Playstation en main, en découvrant dans le désordre Resident Evil Nemesis, Resident Evil et Resident Evil 2, l'extase totale devant Resident Evil Rebirth et le mythique 4ème opus, l'exemple même de la relance (pas reboot, relance) d'une série en beauté. A mon grand regret, je n'ai jamais eu l'occasion de faire les opus Zero et Code : Veronica, mais je compte bien y remédier l'un de ces quatre. Je pense aussi faire partie d'une infime poignée de joueurs à avoir apprécié le 5ème épisode, qui s'il n'atteind pas l'excellence de son grand frère et modèle RE4, est également à cent lieues d'atteindre ce sentiment de dégout et de frustration que je ressens actuellement avec Resident Evil 6 !

Et pourtant, la démo aurait du me mettre la puce à l'oreille, me sauver la vie et m'empêcher de commettre l'irréparable; mais il n'en fut rien, à peine ais-je vu le jeu en rayon, 4 jours avant la fameuse date de sortie, je me suis jeté dessus en bon fanboy de la licence. M'est avis que j'aurais mieux fait d'attendre une occase à bas prix, surtout que je ne serais pas étonné qu'elles arrivent très très vite...

Allez, on rentre dans le vif du sujet, j'ai choisi de commencer l'aventure par la campagne de Chris Redfield. Dans la démo, sa partie m'avait dérangée de par son coté très Call of Dutesque, escouade de militaires contre des zombies soviétiques armés de kalash, fusils de snipe et autres bazooka (sic) mais capables de se transformer à la manière des plagas des deux opus précédents (ouf), la mission de démo oscillait entre le très mauvais (on se la joue Battlefield et consorts, tous derrière le blindé pour progresser sur la map !) et le plutôt sympathique (affrontement contre un gros boss mutant) pour un résultat qui pouvait être sympa si l'atmosphère de Resident Evil parvenait à se dégager de l'ensemble. Et bien non, epic fail ! Ce n'est pas forcément la faute au gameplay, qui malgré quelques approximations (le système de couverture honteux pour un jeu de 2012) essaie d'emmener la série de Capcom vers des cimes plus modernes (on peut enfin avancer, viser et tirer en même temps !) , mais plutôt celle de l'ambiance générale, qui flirte allègrement entre le parodique avec ses J'avos ridicules au possible (les plagas avaient au moins la décence d'inspirer la peur plus que la gêne face à un chara-design douteux quand ils se transformaient en hybrides humanomonstres) et le "militaro réalisme-trop sérieux-non mais lâche une caisse ça décoince" qui personnellement me dérange à outrance, on a vraiment l'impression de jouer à un vulgaire shooter lancé pour surfer sur la vague de la série phare d'Activision auquel on a essayé de coller des bouts de Resident Evil dans le scénario pour surfer sur un autre succès, celui de la série de survival autrefois dirigée avec bien plus de génie par Shinji Mikami. Moralité, on s'embête, et malgré un ou deux passages qui feront sourire le fan de la série, on a l'impression de jouer à tout sauf à un Resident. Mention spéciale toutefois à deux séquences qui m'ont fait stresser et prendre du plaisir à jouer, mais il est vraiment dommage qu'il m'ait fallu atteindre le milieu du chapitre 4 pour enfin ne plus se faire chier et se sentir obligé de jouer. Quand à la fin, elle est diablement prévisible et flirte avec les films de série B. Moralité, la campagne de Chris Redfield est une vaste blague dont seul le dernier quart parvient à plus ou moins relever le niveau, mais pas suffisemment que pour balayer cet arrière gout amer qui reste en bouche.

On embraie sur la campagne de Leon, qui était la partie de la démo qui m'avait le plus plu; je pense pouvoir m'avancer sans trop de risque en disant qu'il en est de même pour le jeu complet. Un premier chapitre relativement dense et prenant se paie même le luxe de rassurer le joueur en le mettant face à des zombies, des purs, des vrais, des tatoués (mais ça ne se voit pas avec la peau en lambeaux), et même si de par leur nombre et la vélocité de certains d'entre eux Resident Evil 6 confirme sa vocation 100% action, on parvient tout de même à stresser, comme quand au détour d'une voie de métro on réalise que l'on file droit vers une horde de morts vivants prêts à se faire un petit déjeuner 5 étoiles des héros du jeu. Si je cite cette scène en particulier, c'est parce qu'elle me permet d'embrayer sur un autre atout de cette campagne, les scripts, qui viennent eux aussi faire monter la tension d'un cran, quand en tentant de fuir la dite horde de zombies un metro déboule justement en fonçant à toute allure, ne laissant au joueur qu'une infime seconde pour parvenir à s'écarter et réduit en chair à saucisse première qualité la foule d'ennemis. Et ce genre de scènes, justement joliment mises en scène, agrémentent assez bien les chapitres de la campagne. Soulignons aussi, vers la fin du jeu, la séquence contemplative en 4*4 dans des rues nimbées de brouillard et envahies de zombies, où Leon, spectateur plutôt qu'acteur (à l'instar du joueur), découvre le désastre lancé par Neo Umbrella sans pouvoir être maître de son destin. Tout n'est pas rose bien sur, ainsi le chapitre 4, en s'entrecroisant avec les campagnes de Jake et Chris, oblige à rejouer des séquences déjà vues dans les autres scénarios et vient quelque peu casser le rythme. Et comment ne pas citer également le gros vilain qui fait office de boss de fin ! Si sa première transformation peut être acceptable, ce "Transformer" en version gore plonge dans le WTF le plus complet quand il se transforme en tyranosaure mutant (un clien d'oeil plus que maladroit à Dino Crisis 3 ?) ou encore en mouche géante, rejoignant les J'avos dans le parfait guide des choses à éviter quand on veut réussir un chara-design. Mais malgré ces quelques maladresses, la campagne de Leon, si elle ne sauve pas le dernier Biohazard, parvient néanmoins à redonner le sourire au joueur et lui rappeler qu'il joue quand même à un jeu qui par le passé collait les miquettes à son public.

Bon bah normalement je devrais rédiger un compte rendu de la campagne de Jake, mais rien à faire, je n'y arrive pas ! Je viens de finir 3 chapitres, et je ne trouve plus le courage nécessaire pour avancer et terminer les deux restants, surtout quand en plus je sais déjà que dans les grandes lignes, je rejouerai des séquences des campagnes de Chris et Leon, et dieu sait que je n'ai pas envie de revivre le shoot d'hélico / combat contre des hommes sauterelles, ni l'affrontement épique-fail contre un boss récurent façon Nemesis où à part bouriner et vider à 100% toutes ses réserves de munition, on ne fait pas grand chose. Game over donc, j'abandonne, j'y reviendrai peut être un jour, mais là vraiment je n'en peux plus de me forcer à jouer pour pas grand chose. Ca ne m'empêche pas de faire un compte rendu des trois chapitres joués, vous vous en douterez plutôt mitigé d'ailleurs, vu que j'abandonne purement et simplement ce RE6 ! Après s'être pris pour le rejeton consanguin de Gears of War et Call of Duty avec Chris Redfield et nous avoir donné de faux espoirs et de faux frissons avec Leon S. Kennedy, Resident Evil 6 s'attaque maladroitement à Nate Drake avec une campagne qui sent bon le Uncharted du pauvre ! Les séquences hyper scriptées faussement impressionantes pastichant sans trop de talent le travail de Naughty Dogs sont légion lors des deux premiers chapitres se déroulant non loin du chapitre Battlefield de Chris, couplées à des combats aussi passionnants que ceux de Chris justement (je ne le dirai jamais assez, quelle horreur ces J'avos !) et ponctués par une excellente idée sur le papier, la présence d'un ennemi récurrent, quasi invincible et inlassablement à vos trousses, à l'instar du mythique Nemesis de RE3 ! Malheureusement, si la première séquence de fuite (qui, avec sa caméra de face, rappelle l'autre grande saga de Naughty Dogs, Crash Bandicoot, à se demander si c'est une coïncidence ou si Capcom espérait vraiment faire de Jake un "Chien Fou") apporte au joueur sa dose d'adrénaline, on décroche très rapidement quand le concept est exploité jusqu'à la moëlle, quand Nemesis lui se payait le luxe de distiller de ci de là ses passages, l'Ustanak préfère lui vous poursuivre jusqu'à plus soif, et même là continuera d'en remettre une couche, en proposant par ailleurs l'un des affrontements les plus ridicules du jeu dans une séquence de rail shooting sur hélicos avec une créature apparemment hyper lourde et massive, mais qui sautera d'hélicoptères en hélicoptères avec une telle aisance, aussi bien pour la créature que pour les véhicules, que toute la crédibilité de la mise en scène se fera la male en un minuscule instant ! Citons vite fait une séquence dite d'infiltration qui elle aussi aurait pu être sympa sur le papier, mais se montre particulièrement redondante et a achevé de me saper le moral. Merci Capcom, vous m'avez offert ni plus ni moins que ma déception vidéoludique de l'année !

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