Activité sur L'origine qu'est-ce que ça change ?
François Ansermet · 2023
Résumé · L’origine change tout, mais elle n’est pas tout, il y a ce que l’on en fait. L’origine se déplie, s’éclaire, mais son noyau reste à jamais opaque : pourquoi suis-je moi et pas un autre ? L’origine est celle d’un sujet en particulier et le fait étranger à lui-même en ce qu’elle ouvre à l’Autre et à l’infini. François Ansermet nous montre que ce triple paradoxe fait de l’origine une question plutôt qu’un déterminisme ou une cause. Si la question de l’origine est une question impossible, sans réponse dernière, elle implique néanmoins une réponse du sujet, choix forcé, réponse bricolée, incomplète, dont nous ne pouvons que nous faire responsable. « Par-delà son origine, le sujet advient par les réponses qu’il invente », écrit F. Ansermet, faute de quoi il « se perd, pris par l’énigme de savoir qui il est ». L’auteur convoque les mythes grecs, Montaigne, Mary Shelley, Maurice Blanchot, Georges Perec et le cinéma de Joseph Losey et Spielberg pour nous faire saisir le caractère atemporel de la question que pose l’origine, mais aussi, et surtout, les différentes teintes que peut prendre le malentendu sur lequel elle ouvre. Les réponses varient selon les sujets et les époques. F. Ansermet montre ainsi comment l’on pourrait considérer que la génétique prédictive moderne a pris la place de l’oracle, en proposant le recours aux statistiques là où l’oracle répondait par l’énigme et l’équivoque. L’auteur distingue également l’origine de l’identité, distinction cruciale alors que le discours courant tend aujourd’hui à les confondre. L’identité se présente alors comme une défense, un symptôme, réponse à l’énigme de l’origine. Enfin, F. Ansermet met en exergue l’importance du désir de ceux qui nous ont engendrés, adoptés, éduqués ou simplement accueillis. L’origine, pour la psychanalyse, n’est pas celle des gamètes, elle relève bien plutôt de l’insondable du désir.



