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Avant j'étais aigrie, mais ça, c'était avant. Mais toujours un peu quand même.

Avis sur Black City Parade

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Plaçons le contexte: fan depuis quelques années déjà, je considère que l'âge d'or était l'époque Alice&June, tant pour le concept de l'album, que pour la qualité des concerts, et tout ce qu'il y avait autour (y compris la mentalité des fans, mais ceci est une autre histoire).
Mon amour pour cette période n'a d'égal que ma déception à l'arrivée de LRDM, que j'estime être le pire album de leur carrière et le début du déclin.

J'attendais donc BCP au tournant et mon éloignement de la sphère Indo ne jouait, d'office, pas en sa faveur, puisque plus prompte à la critique.
Ma première écoute a été fort laborieuse. Les sonorités ne ressemblaient pas à ce que j'avais l'habitude d'entendre chez eux, ce qui n'est pas forcément un point négatif mais nécessite un temps d'adaptation. En revanche, à la première écoute comme à la centième, difficile de fermer les yeux sur la pauvreté des textes. Les mêmes rimes en -a, les toi/moi qui reviendra et se souviendra et blabla. Il y a un moment où il va falloir que ça cesse. Les thématiques récurrentes chez Indochine sont une des raisons pour lesquelles je les aime, ce n'est pas ce dont je me plains, je me plains surtout du déclin de la plume Sirkisienne. Bien sûr qu'il n'a jamais été un grand poète, mais il avait cette touche particulière, qui faisait que même quelques niaiseries littéraires comme certains textes d'Alice&June étaient touchantes et idéalement conçues pour y caler ses propres images, ses propres souvenirs, son moi.

Je criais déjà beware sur LRDM, ici je dis stop. Quand on passe de More, rappel:
"Une confession dans sa pudeur
Et la passion devient belle comme la peur
Mais j'ai mal, de la beauté finale"
Ou encore, une phrase comme dans Une maison perdue, tellement simple mais tellement juste:
"Et même quand tu es là, même quand tu es avec moi, j'ai envie de te voir"
A ceci, dans Anyway:
"Tu ne m'aimes plus, tu ne m'aimes pas, tu ne veux plus de moi"
Ou à Memoria qui est un gros 3615mylife chanté, je pense qu'il faut se remettre en question.

En dehors de cette pauvreté textuelle, BCP est réellement un bon album dans leur discographie, même si inégal. Je vais faire comme sur l'indoforum (coucou les copaing, et les autres): un morceau par morceau.

- Black City Parade m'a rebutée directement à la première écoute, contrairement à beaucoup de fans. Cependant, elle a le mérite de donner le ton de l'album d'entrée. Avec le temps, elle a rejoint mon top 5. Comme la plupart de mes chansons préférées sur cet album, c'est un passage particulier et pas forcément la globalité qui me fait les aimer. Ici c'est pour les "Alors je sens ta peau [...]" que je trouve sublimes.
- College Boy, le futur single, m'a plu tout de suite. Gros bémol pour "le droit d'ouvrir tes jambes" quand le même groupe a pondu 3eme sexe il y a trente ans de ça: Nicola a perdu toute subtilité en même temps que son inspiration. Mais c'est un très bon morceau, lourd, chaud, vénéneux, top 5 également.
- Memoria. A sa sortie en single je me suis écriée "MAIS QUELLE DAUBE OMG". Ca reste pour moi le plus mauvais de leurs lead singles, la mélodie est sans grand intérêt et les paroles d'une niaiserie affligeante. Mais la sortie de l'album m'a fait relativiser, elle est largement en dessous des meilleurs morceaux mais meilleure que d'autres. Je m'y suis faite, en fait, elle s'intègre bien dans l'album. Et les "alors on se souviendra [...]" me tuent bien comme j'aime. Je pense toujours quand même qu'il aurait aussi bien pu chanter qu'il se lève et qu'il s'est brossé les dents mais qu'il y avait plus de dentifrice alors c'était un peu la merde.
- Le fond de l'air est rouge, la meilleure selon les fans. Je suis un poil moins enthousiaste, mais pas de beaucoup. Tout est réussi dans ce morceau mais elle n'égale pas les classiques de leur discographie. Top 5 évidemment, en espérant qu'ils la jouent en live, ce qui est mal barré pour l'instant.
- Wuppertal. Le chef-d'oeuvre de l'album, voire de leur carrière, selon les médias. Mon dieu qu'elle me plombe. On dirait une très longue intro qui ne décolle jamais, les textes sont dans la même veine que le reste donc rien de remarquable... Next.
- Le Messie, je n'en vois pas l'intérêt. Si c'était pour verser dans le comique (y'en a toujours une quelque part dans leurs albums) c'est raté comme un mauvais troll. Si non, ben.. C'est pire.
- Belfast. Je sais qu'elle divise, moi je me range dans les fans. C'est sûrement mon côté Guetta refoulée. Même si les paroles sont affligeantes, je la trouve énorme. Top 5.
- Traffic Girl, je ne partage pas le certain engouement qu'il y a autour de cette chanson. Pas mauvaise en soi, mais vite oubliée.
- Thea Sonata, sûrement celle que j'aime le moins de cet album. J'ai l'impression d'avoir un nouveau Bye Bye Valentine, que je ne pouvais déjà pas blairer. Je me fous de la vie privée de Nicola et ses albums ne sont pas le lieu où faire des déclarations à sa fille. Quoi qu'on en dise ("on est pas obligés de le voir comme ça"), il l'a quand même intitulée THEA Sonata, donc je continuerai de la prendre dans son sens originel, et ça me plaît pas du tout.
- Anyway, j'ai du mal à la détester mais je ne vois pas ce qu'on peut objectivement lui trouver, les paroles sont pourries et la mélodie fort louche. Ne parlons pas des choeurs façon Pocahontas.
- Nous demain, entraînante à souhait, taillée pour la live, gros fail sur le refrain qui gâche tout (c'est souvent les paroles qui gâchent tout sur cet album).
- Kill Nico, j'adore. Mais je peux pas le dire partout puisque c'est généralement la moins appréciée de tout le monde. Elle est super efficace et ce refrain est fantastique. Voilà. Je suis une mauvaise fan.
- Europane m'a prodigieusement indifférée à l'écoute, mais elle s'est insinuée dans mon crâne, la deuxième moitié de la chanson en fait. Les graves des "Vous et moi, le bal..." et "Et puis des fraises et puis du sang [...]" restent en tête. Finalement je l'adore. Top 5.

En conclusion, si cet album ne détrône pas la trilogie Dancetaria/Paradize/Alice et June, il reste un bon album d'Indochine, bien meilleur que le précédent. Je suis contente qu'ils ne soient pas restés sur la pente glissante de la daube (excepté textuellement), et j'attends de voir ce qu'ils vont en faire en live. Je mets un 7 parce que la première moitié de l'album est globalement meilleure que la seconde.

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